Fin des festivités (et bonne année !)

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Il était temps que cela se termine. Noël, les fêtes, tout ça. Déjà le 15 du mois de décembre, je n’en pouvais plus… A la moindre clochette, j’avais comme une envie de bouffer du renne même s’il était en plastoc. Ma chambre était illuminée par les décorations des voisins comme à la foire expo de la guirlande électrique. Résultat, je dormais en clignotant des yeux. Même sur Facebook, c’était la cata. Enfin, la cata plus que d’habitude, parce que sur Facebook, y’a toujours un truc cata. Des chats en Père-Noël, des chats destructeurs de sapin (la grosse problématique de ma timeline si j’en crois le nombre de statut qui lui ont été dédiée), des chats qui miaulent Jingle Bells,… Je veux mourir.

Puis le 25, toujours la même chose. Ma mère qui ne quitte pas son chapon au four des yeux. Mon père qui dit qu’il va se déguiser en chapon pour que ma mère le regarde de nouveau. Ma mère qui rétorque que s’il n’est pas content, la prochaine fois, il n’aura qu’à le faire cuire LUI, le chapon. Mon père qui dit qu’il en est tout à fait capable, oui Madame. Ma mère qui ricane bien fort ; son cynisme est à son comble. Mon père qui s’excite devant le four en argumentant que « Oui Madame (bis repetita), j’ai quand même fait cuire un sanglier un jour ». Ma mère lui dit qu’on n’est pas chez Obélix même s’ils ont quelques ressemblances physiques. Mon père rentre le ventre et bougonne qu’il ne voit pas du tout le rapport. Ma mère qui dit qu’elle le voit très bien, elle, le rapport. Lui dit que non. Elle redit si. Et lui non. Et moi qui regarde la scène, obligée de m’alcooliser aux Mon Chéri parce qu’évidemment, on n’a pas le droit de boire une goutte de rhum avant de passer à table et d’avoir rendu grâce au Petit Jésus qui va naître et à ma mère dont le chapon sent si bon. Ce qui est absolument ridicule vu que le rhum se boit sans soif et à toute heure, petit Jésus ou pas. Enfin, c’est mon avis.

Arrive l’heure d’ouvrir les cadeaux. Quand j’avais 5 ans, c’était cool. J’avais exactement les mêmes jouets que ceux que j’avais soigneusement découpés dans le catalogue Leclerc. Quand j’avais 15 ans, c’était cool aussi. Mes parents ne me comprennaient pas alors, ils me filaient un billet. Un joli avec lequel je pouvais acheter un super album d’Ysa Ferrer. Depuis 5 ans, c’est plus cool du tout, mes cadeaux sont toujours tout plats. Pour cause. Je suis l’objet d’un mauvais sortilège : la malédiction des chèques/bons/cartes-cadeaux.
Je les reçois avec un petit mot et un sourire qui disent « Offre-toi ce qui te fera plaisir. Joyeux Noël !» Il va falloir qu’un jour on m’explique ce qui peut vraiment me faire plaisir chez Jardiland alors que dès que je regarde une plante, elle st prise de soubresauts et meurt. Je dois avoir un effet malsain sur la chlorophylle ou un truc dans l’esprit.
Il faut aussi que l’on me précise comment je dois réagir quand la carte-cadeau est un forfait épilation. Dois-je m’exclamer « Wahou ! Ca tombe super bien, je commençais à boulocher au niveau des mollets » ? Ce genre de cadeau, même sur leboncoin.fr, ça ne se revend pas. Les gens t’appellent juste pour te faire part de leur compassion. Je sais de quoi je parle, j’ai essayé.
Sans oublier qu’avec le coup des cartes-cadeaux, j’ai toujours la désagréable sensation que les personnes qui soi-disant sont mes plus proches se sont dit « Tiens, j’ai oublié le cadeau de Brittany. Je vais lui prendre un chèque-cadeau chez Confo », genre on va pas se creuser la tête, on a d’autres choses à faire. Bah si, j’ai envie que les gens réfléchissent à comment me faire plaisir. Juste pour me montrer que je compte à leurs yeux ou en tout cas plus que la carte dont les 15 euros me permettront à peine d’acheter un paillasson pour piétiner ma peine. Tristesse #1. Parce qu’il est là le côté pervers du chèque-cadeau, il y a le montant écrit en toute lettre – ou que l’on découvre publiquement au passage en caisse – que tu rapportes forcément à la valeur estimée de l’amour que l’on te porte. J’en ai pour des années de psychothérapie avec ces conneries, moi.

Je vais évidemment passer sur l’épisode « Réveillon de la St Sylvestre » où au mieux il ne se passe rien, au pire frôle le désastre. C’est pour tout le monde pareil, personne n’y échappe.

Tout ça pour en arriver là : la bonne année, bonne santé, à toi, les tiens, ton chat, ton chien, plein de bonheur, la bonne santé encore, des supers projets et la bonne santé surtout, que tes envies se réalisent, la prospérité, les amours aussi, la santé ou en tout cas pas un cancer, ou un cancer gentil parce que de nos jours tout le monde a un cancer (ou pas loin), la réussite, et meilleurs vœux ! Comprenez, ça me lourde d’entendre des choses que personne ne pense pas vraiment. Surtout qu’aujourd’hui, après la mode des SMS envoyés dès 23h30 avant que le réseau ne sature où parfois on était obligé de répondre « mer6, mais T ki ? », c’est le mailing qui prend le pas. Révélation : nous faisons tous partie d’une mailing list de vœux standardisés envoyé à 150 contacts comprenant père, mère, famille, charcutier, ami pas revu depuis 200 ans, livreur de pizza… A comparer, quand ASOS ou Chloé de MonShowroom me souhaitent une bonne année, je ressens presque plus de sincérité. Tristesse #2.

Malgré tout, peut-être parce que j’ai été élevée sous le régime des conventions sociales, je vous souhaite, chers lecteurs, une très bonne années, pleine de projets, de réussite, à vous, vos proches, votre chat, votre chien, vos poils, du bonheur à tout rompre,… et la santé. Surtout la santé ! Parce qu’un lecteur mort, c’est un lecteur de moins et c’est pas bon pour mes stats. Bisous.

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