Black (cat) day

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Il y a des moments où l’on se dit que l’heure est grave, qu’on ne peut pas continuer sa vie comme ça, qu’il faut sortir de là, ne plus s’enfoncer… Car voyez-vous, je crois que j’ai un problème avec mon chat. Pas que mon chat ait lui-même un problème même si on peut supposer que pas trouver de solution pour remédier à la chute des poils dans la gamme de produit Oenobiol peut constituer en soi un souci pour quiconque à quatre pattes, une queue et un caractère de merde, juste que notre relation vire la Catmance – mélange de Cat et de Romance -, vous voyez l’affaire ?

Au début, ça avait avancé doucement, le chaton était cool comme n’importe quel chaton. Et comme il avait été mal sevré, j’ai commencé à lui parler comme si j’étais sa mère, par pure compassion animale : « Et alors Belzébuth, on a été à la litière ?  On n’a pas eu la diarrhée ? Il veut des croquettes, le chachou à sa maman. C’est bien mon bébé ». Remarquez l’utilisation abusive du « on » qui, pour n’importe quel psychiatre, représente un signe annonciateur de démence maternelle. Puis la cadence s’est rapidement accélérée. J’ai mis sa photo en fond d’écran de mon Mac, de mon iPod, de mon iPad, de mon iPhone et je la regardais à chaque fois que je me sentais un peu down.

J’ai commencé à refusé des soirées au motif que Belzébuth était assez fragile émotionnellement en ce moment et qu’il avait besoin de sa maman. Ben ouais, il avait raté deux mises à mort de lézards coup sur coup et semblait au fond du seau. Bon ça c’était la raison officielle. Officieusement, je commençais à développer une grosse culpabilité d’aller me bourrer la gueule avec des amis, pendant que lui maudissait le lait caillé resté dans sa gamelle. C’est à ce moment-là que j’ai vraiment senti avoir atteint un point de non retour. J’ai écrit des articles sur pourquoi préférer un animal à un gosse et pourquoi il vaut mieux avoir un chat qu’un mec. C’est même paru dans Biba. Quand ma rédac’ chef m’a confiée cet article, elle m’a dit en rigolant que j’étais la mieux placée pour le rédiger. Sur le moment, je l’avais un peu mal pris.

Maintenant, et bien, rien n’a changé. Sauf que c’est peut-être un peu plus grave. Je ne m’habille plus en fonction de la mode, mais en fonction du poil de Belzébut ce qui n’est pas simple vu qu’il est tigré dans des tons qui ne se marient pas du tout bien ensemble. Résultat : je ressemble à Lagaf’ qui va à un enterrement. C’est vestimentairement de quoi donner des envies de suicide à Karl Lagerfeld en se coupant la couette.Et quand Belzébuth a mal à la patte ou a des vers, j’ai la sensation que moi aussi, j’ai mal à la patte la jambe et le derrière me gratte atrocement (alors que je me suis vermifugé avec de l’herbe). J’ai entrepris de parler sérieusement de ce problème… à mon chat. Il semble me comprendre. Je crois.

Cependant, je prends conscience de la gravité de la situation. Belzébuth s’est trouvé un chéri (Belzébuth est gay ; j’ai toujours su que j’aurais dû l’appeler Croquette) et moi, je n’ai personne. Je veux bien être seule et assumer ce statut avec tous les clichés sur les célib’ à chat que cela comporte. Mais être délaissée pour un truc pouilleux avec des poils, alors que je m’évertue à m’épiler les jambes pour ne pas que la truffe lui gratte quand il se prélasse dessus, ça non ! Ou alors, ce chat se fout de ma gueule. C’est peut-être ça…

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