Faut-il tuer Taylor Swift ?

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La dernière fois qu’une chanson avait eu un effet dévastateur sur mon équilibre psychologique, c’était il y a trois ans avec l’insupportable mais succulent « Call me maybe ». Aujourd’hui encore, quand elle atterrit par hasard dans la playlist aléatoire de mon iTunes, je me surprends à remuer la tète de gauche à droite comme si je voulais me fouetter avec des couettes imaginaires. Depuis cette affaire et Carly aux oubliettes, j’ai seulement arpenté mon plancher à quatre pattes le derrière très relevé quand résonnait du Rihanna. Rien d’extraordinaire. Mon chat fait pareil. Un de mes derniers mecs aussi.

Et là, belote et re-belote, comme dirait ma grand-mère qui fréquente assidûment des cercles de jeux dans des tripots blindés de sextuagénaires (génération de pervers !). La coupable : Taylor Swift. La mélodie : Bad Blood qui sévit sur les ondes depuis le mois de mai.

Pourtant, je n’aurai pas misé un kebab sur la Swift. Je l’avais pas vu venir l’autre maigrichonne à qui on a envie de lui refiler des burgers par poche stomacale (et c’est une autre maigrichonne qui l’écrit). Avec son teint de torchon javellisé, sa gueule de gentillette, j’ai toujours eu envie de lui foutre des baffes. Et quand en plus, on sait que la demoiselle n’a jamais été surprise une touffe à l’air ou les narines fartées, que son seul acte révolutionnaire fut d’avoir délaissé la sacro-sainte american country pour de la pop même pas dévergondée, on culpabiliserait presque d’avoir chipé un Tubble Gum en 1994 à la buraliste d’à-côté de l’école primaire. Sentences au choix : mourir ou crever.

Mais alors, pourquoi Bad Blood m’obsède déraisonnablement alors qu’elle n’a même pas décollé dans le classement iTunes ? Car même si la chanson est sympathique, elle est loin d’être transcendantale. De la pop décidée aux rythmes quasi-militaires pour un côté « engagez-vous » (pour quoi, pour qui, on ne sait pas), des chœurs qui se prennent pour d’audacieuses Femen prêtes à refaire le coup de La Madeleine, une lichette de Kendrick Lamar pour la caution « quality bad » et le tour est joué. Nous voilà avec du sous « Run the World (girls) » (Beyoncé) dans les oreilles qui fait un petit effet, sans plus. Du presque inaperçu dans la production musicale actuelle, sauf que…

Sauf qu’il y a eu cette frénétique vidéo !

D’ailleurs, tout le monde en a parlé. La raison : Taylor a réuni toutes ses potes (Cara Delevingne, Selena Gomez, Karlie Kloss, Cindy Crawford, Lily Aldridge, Ellen Pompeo, Mariska Hargitay, Lena Dunham, Ellie Goulding et Jessica Alba, ces noms n’étant qu’un extrait) pour s’éclater dans un movies-mix-make – toi aussi, crées ton néologisme  – de Sin City/Cinquième élément/Hunger Games/Matrix et d’un scanner médical complet du squelette. Bon. Ou plutôt pas bon car depuis deux mois, je suis dans un état étrange. Constamment en mode warrior, prête à dégommer n’importe quel rat transgénique qui aurait voulu annexer Pau et grignoter François Bayrou comme si c’était un bon os de seiche (pardon, je fais dans la référence locale, mais je cherche à intégrer la rédaction de la République des Pyrénées pour faire plaisir à ma mémé).

J’ai même appelé mes amies – beaucoup moins célèbres que celles de Taylor – pour faire pareil. On se serait battues avec des sabres laser dans des combis en latex et on aurait toutes marché en rang vêtues de cuissardes. Ca aurait vraiment eu de la gueule, surtout que ma copine Mag’ en train de balancer une chaîne comme un sac à main, ça aurait fait vite incendiaire. Mais bon, entre celle qui avait compète de piscine et l’autre qui devait enterrer une troisième fois son grand-père, on a lâché l’affaire. Ou plutôt, elles ont lâché l’affaire. Moi, je suis toujours au taquet.

Je fume de gros cigares en me prenant pour une badass

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Je me vêts de bandes de papier-toilette blanc

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Je tue des oursons en peluche

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Je porte un casque de moto même dans l’appart et pas forcément parce que je me suis déjà pris trois fois l’angle de cette foutue étagère de la cuisine (connasse, connasse, connasse !).

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J’ai réfléchi à mon état devant le Master Chef de la semaine dernière pour mettre un nom sur ma pathologie, mais les seuls mots qui me sont apparus furent « gâteau de crêpes » et « ballottines de cabillaud » ce qui vous en conviendrez, n’a aucun rapport avec le sujet.

Du coup, je vais attendre que ça passe et je ne tuerai pas Taylor Swift. Heureusement, il paraît que le dernier clip de Rihanna, lui, est un véritable massacre. #CallMeDexter

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