J’ai testé : pécho un mec en faisant du sport

 

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La base est pour le moins attrayante. Pécho un sportif, c’est avoir la garantie de sortir avec un mec au corps pour le moins bien entretenu et respirant la santé. Pour l’esprit sain, je ne sais pas trop, il me semble que les pervers sont aussi en droit d’aimer se défouler sur un tatami ou exécuter des doubles lutz à la patinoire. Un brin de motivation, une volonté au taquet et les tablettes de chocolat en visu, je déclenche le compte à rebours : 3, 2 , 1… chopez !

Obkectif : pécho du gainé-pectoroïsé

Draguer le sportif nécessite un échauffement, voilà pourquoi j’attaque par le simple, pour ne pas dire le simplet (mauvaiiiiise, je suis !). Comme j’ai été biberonnée aux émissions de Véronique et Davina et que j’ai maté avec mon père quelques VHS de Cindy Crawford fait du fitness, je sais ce qui attire le mec des salles

Etape 1 : Un beau costume. Surtout ne pas faire dans la discrétion : plus c’est voyant, mieux c’est. Et là j’ai fait fort, on dirait une guirlande de foire électrique. Ceux qui me regardent en ouvrant et fermant très vite les paupières peuvent même me voir clignoter.

Etape 2 : Rendre la transpi glam’. Après 1 heure à me défoncer sur le rameur, je suis cuite juste ce qu’il faut. Je dégouline de partout (surtout sous les seins et les narines). C’est le moment propice pour se lever, s’essuyer le front avec le revers de la main dans un geste sensuel et secouer ses cheveux comme le faisait Cindy Crawford. Sauf que Cindy avait le cheveu léger, le mien est collé à mon crâne – mon dos – mes dents. Je suis le Cousin Machin qui se prend pour une femme fontaine. Très chic.

Etape 3 : Etre au max de la sexyness. Je prends alors une bouteille d’eau et la verse délicatement sur mon corps en fixant des yeux ma target qui…s’esclaffe de rire. A raison. C’était pas vraiment l’effet que je voulais provoquer, mais une femme qui fait rire, c’est séduisant aussi, non ?

Etape 4 : Regagner les vestiaires dans un roulement de bassin tout en invitant qui veut-bien des yeux. Ca c’est la théorie. En pratique, sachez qu’il ne faut jamais vider une bouteille d’eau sur du carrelage : ça glisse. Résultat, après avoir patiné pendant 5 interminables secondes sur la flaque – 5 secondes pendant lesquelles je nourrissais l’espoir de me rattraper plus ou moins artistiquement -, je finis par m’étaler comme une merde, il n’y a pas d’autre image. Et c’est donc, le genou tout écorché et en marchant comme Geoffrey de Peyrac que j’ai regagné les douches pour me lécher le sang comme quand j’avais 5 ans. Ce fut le seul point positif de cette expérience.

Objectif : pécho de la gazelle

C’est fou comment dès qu’un mec me tape dans l’œil, je suis prête raconter n’importe quoi pour qu’il me voit comme la septième merveille du monde. Alors pourquoi j’ai été dire à ce mec, bombasse parmi les bombasses de la soirée : « Ah ouais, tu cours ? C’est génial, moi aussi. Depuis que j’ai heu,…10 mois. Ouais, j’ai appris à courir avant de marcher. Ca te dirait qu’on « joggue » ensemble, genre demain ? » Rendez-vous fut pris.

C’est donc Stan Smith aux pieds (« haaaan, mais c’est pas pour le sport. C’est juste pour le swag » me souffle dans l’oreillette une blogueuse mode) et micro-short sur les fesses (« Sacré nom de Dieu, on dirait une prostituée ! » se lamente ma mère agitant frénétiquement un éventail qu’elle ne quitte plus depuis qu’elle a découvert qu’on avait des branchettes d’arbre généalogique communes avec Elisabeth II et toute sa clique de roastbeef), que la bombasse et moi sommes prêts pour un super footing. Après tout, j’avais fait une bonne performance au cross du collège en 6ème – juste avant d’avoir été dispensée -, donc je ne vois pas pourquoi aujourd’hui, cela devrait mal se passer. So go, baby !

Au bout de 100 mètres : je suis la brise, je suis aussi légère qu’une plume qui s’envole au vent, je suis la gracile gazelle qui s’ébat dans la savane. Je suis née pour courir. J’en profite pour sourire à Ronan (c’est le prénom du sportif, on peut difficilement faire plus coincé) de toutes mes dents. Qu’avoir insulter mon dentiste pour le douloureux détartrage qu’il m’a fait la veille serve à quelque chose et justifie mon état de béatitude. Il me sourit en retour et me dit qu’il ne pourrait jamais vivre sans courir, qu’il n’envisage sa vie qu’avec une femme comme lui qui aime le sport, le quinoa et tremper ses tempuras de crevette dans une sauce aux graines de chia. Je lui fais un petit clin d’œil complice.

Au bout de 800 mètres : je suis le buffle, je suis la femme qui va mettre bas une portée de veaux, je suis une hôte aspirante en fin de vie. Je suis née pour mourir. Malgré l’agonie sportive et le fait que je ne sente plus mon corps, je garde le sourire (à cause d’une grave sécheresse buccale, j’ai les lèvres collées aux dents). Ronan me regarde, embarrassé, et me dit : « T’as deux-trois moustiques collés sur les dents ». Ah, merci. Je suppose qu’on ne se revoit pas, hein ? OK, pas de souci.

Objectif : pécho du mérou

J’ai la chance d’avoir une séquence ADN plutôt bien programmée. Pas d’over-cellulite, un ventre plat, des cuisses aux muscles allongés, de jolis pieds et une magnifique chevelure. Que les envieux se rassurent, la Nature s’est vengée en plafonnant ma courbe de croissance à moins d’1m60. Voilà pourquoi, je n’ai aucune forme de réticence à aller draguer en maillot de bain.

Je repère la ligne des vrais nageurs. Et zou, je roule du derrière tranquillement jusqu’au plot qui se trouve bien entendu à l’autre bout d’où je me trouve. J’en profite pour secouer mes cheveux l’air de rien, mais l’air de dire « j’ai les cheveux de Gisèle Bündchen un jour de grand brushing ». Je continue à dandiner harmonieusement du bassin, les yeux au loin, droite et fière…

 – Ma p’tite dame, s’iou plaît!

Quoi ça ? Depuis quand on me dit p’tite dame – surtout dame, d’ailleurs -. Je cherche du regard le malotru.

– Youhou, c’est moi ! Là, le maître nageur. Vous voyez ma main qui s’agite.

– Ben oui, elle est à 10 centimètres de mon nez. Je vous jure que si vous me mettez un gnion avec…

– Pardon, mais vous aviez l’air bigleuse. C’est juste pour vous dire que le bonnet de bain est obligatoire.

– J’ai dû mal ouïr. Un bonnet de quoi ?

– Un bonnet de bain. Tenez, j’ai été en chercher un spécialement pour vous.

– C’est normal qu’il y ait écrit Capitaine Iglo ?

– C’est le sponsor de notre club : Les dorades attaquent. Ca vous va très bien.

– Ah…»

 

Super… Je repars en backstage, la frite entre les jambes. La prochaine fois, j’irai à la pêche, il me semble que je suis moins ridicule avec des cuissardes en caoutchouc qu’avec un bonnet de bain avec ou sans le logo des Dorades Attaquent.

 

Objectif : pécho du sportif des sables

Celui-là même qui sous 40° en plein soleil, torse nu et bronzé, joue du poignet en public. Nan, bande de lubriques, je ne parle pas d’un branleur sur serviette, bien qu’une fois figurez-vous que… (censuré). L’homo sapiens en question est beach-volleyeur et me fait régulièrement finir la tête dans la glacière pour une question d’abondance d’hormones incontrôlables même s’il met un torchon sur la tête pour se protéger du soleil. Ma grand-mère aussi met des torchons sur la tête et croyez-le ou non, elle n’a jamais fait d’insolation.

 

Pour les besoins de cette enquête, j’ai donc pris mon courage à deux mains et me suis portée volontaire pour intégrer une équipe de beachvolley. Je vais vous passer le déroulement du match et plus particulièrement les moments où j’ai bouffé trois tonnes de sable pour tenter des smashs (je suis aussi lestée qu’un pied de parasol), fini accrochée au filet (si, c’est possible) suppliant mes coéquipiers de bien vouloir m’aider à me détacher et ceux où je me suis grattée le derrière à cause du sable dans mon maillot (ça m’a valu une semaine d’Eosine pour faire sécher mes croûtes de fesses).

Et alors, me direz-vous, question pécho ? Comme le dirait mon cousin corse, si je n’en parle pas c’est qu’il n’y a rien à dire. De toute façon, comme j’ai fini sur la serviette des remplaçants, j’en ai profité pour regarder la mer, au loin. Y’avait des surfeurs.

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