Haïti4ever

Le temps de quelques semaines, j’ai tout lâché : le boulot, les copines, ma relation virtuelle sur Twitter avec le CM de Doctissimo (il est gentil, il me rassure quand je lui raconte mon histoire d’ongle incarné), le chat, les chaussures à talon, ce blog, mon verre d’Havana Club pour un de Barbancourt (là, j’ai gagné au change)… Oui, j’ai tout lâché pour me rendre sur ce petit bout de terre dont la beauté se cache derrière une honteuse misère.

D’Haïti, je n’aime ni les pierres saillantes de ses paysages décharnés, ni la poussière omniprésente qui colore même les hommes de gris, ni ces regards noirs qui parfois accusent ma blancheur de toutes les horreurs colonialistes, ni ces balles venues de nulle part sifflant jusqu’à se loger dans un corps au hasard. Haïti n’est pas un pays comme un autre. Quand dans la nuit, j’entends les chants et les cris des vaudouisants qui fêtent rara (une cérémonie vaudou qui clôture la période de Carnaval), quand je vois les sourires des enfants au milieu des décombres, quand j’aperçois dans la foule ces hommes et ces femmes à la droite et élégante posture comme pour faire barrage à la détresse, quand les peintures s’étalant sur les murs de ciment hurlent leurs couleurs, quand les mains des femmes caressent mes cheveux blonds et fins avec étonnement et tendresse, quand ces « au revoir » ne se détachent jamais d’un « si Dieu veut », je prends conscience de la valeur d’Haïti, de son courage, de sa précieuse particularité, de l’amour et de l’espoir qui la nourrit.

Haïti fait aujourd’hui partie de ma vie. Elle m’a emportée au point où le non retour est désormais en question.

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Petit Marché – Coeur du village

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Sur la route entre Haïti et la République Domicaine. Bizarrement (ou pas), une des rares routes goudronnées…

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Deux filleuls de l’association AFEJ qui vient en aide aux enfants les plus défavorisés d’Haïti.

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Deux élèves de l’école de Lamardelle. Cette école accueille les enfants les plus défavorisés de la communauté rurale.

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Parce qu’il faut bien un peu de réconfort made in Haïti

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Ce n’est pas le Rallye des Gazelles, mais pire ! Tous les jours, quand on monte cette petite pente où les roues n’arrivent pas à accrocher la poussière, je retiens ma respiration. Et quand on sait que je suis nulle en apnée, on comprend que je souffre. Si, si !

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Devant la clinique de la Fondation Enfant Jésus, la route effondrée est toujours dans le même état de délabrment depuis le passage de l’ouragan Sandy. Un des projets de l’association des AFEJ : construire un mur de soutien pour éviter que le bâtiment ne subisse un nouveau glissement de terrain qui le mettrait en péril.

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Dans un orphelinat…

Toujours à l'orphelinat…

Toujours à l’orphelinat…

Encore et toujours à l'orphelinat.

Encore et toujours à l’orphelinat.

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Le long des routes, les haïtiens crament les déchets pour éviter qu’ils ne s’entassent. Un geste vain quand on voit les détritus qui jonchent Haïti jusque dans ses moindres recoins.

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Tap-Tap tip-top. Je vous laisse apprécier l’état de la route qui est pour la petite histoire un axe principal de circulation (Carrefour, proximité Port Au Prince)

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Vue sur la baie de Port au Prince depuis le Fort Jacques

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Ce week-end, j’ai appris qu’à nouveau les pluies se sont déchaînées sur Haïti, faisant 8 000 sinistrés et tuant six personnes dont deux enfants.

Une raison de plus pour s’engager pour Haïti. Je vous invite donc à visiter le blog de l’association AFEJ et à voter pour elle aux Trophées des Associations EDF (c’est gratuit et ça prend à peine deux minutes).

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