Ne parle pas aux étrangers

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« Ne parle jamais aux étrangers ». Voilà le conseil que ma mère m’a donné depuis que je suis sortie de son utérus et qu’elle n’a cessé de me rabâcher jusqu’à mes 22 ans (après elle est morte)(Non, j’déconne ! Maman si tu me lis, je te fais un petit coucou).
Petite précision dans ce climat social et politique un peu nauséabond, quand je dis « étranger », je ne dis pas « Personne de couleur de peau et/ou de pays et/ou de culture différente », je dis « Personne que je ne connais pas. Inconnu ». Voilà, nous sommes au clair, donc je reprends.g

A cause de l’insistance de ma mère sur ce point, j’ai donc toujours eu peur des étrangers. A 5 ans, j’avais peur des étrangers parce qu’ils pouvaient m’enlever. A 14 ans, j’avais peur des étrangers parce qu’ils pouvaient m’enlever et me violer.  A19 ans j’avais un peu moins peur des étrangers mais peur quand même parce que je vivais au milieu d’eux à Miami et que la ville comptais déjà quelques dépeceurs. A 24 ans, j’avais peur des étrangers, pas parce qu’ils pouvaient m’enlever, me violer et me découper, mais parce que 80% d’entre eux ont essayé de me tuer émotionnellement et sentimentalement parlant.
Genre ce mec croisé dans un bar et pour qui mon ventre s’était transformé pour je ne sais quelle raison en filet à papillons. Alors que nous conversions  mes yeux dans ses yeux, les siens dans mes seins, il m’a textuellement dit : « Ca me fait du bien de pouvoir sortir avec une fille qui n’est pas ma femme ». Ou cet autre que j’ai refusé d’embrasser et qui m’a diagnostiqué en retour un problème avec le père, une phobie des hommes et des troubles mentaux. Ou encore celui-ci, qui après un débat animé sur la place de l’homme dans le foyer, m’a jetée dans un taxi à 3 heures du matin au motif qu’il détestait le féminisme.

C’est vrai que que quand on rencontre un inconnu, on ne sait jamais qui il est vraiment. Il pourrait aussi bien être un sociopathe, un serial killer ou un mec qui porte des chaussettes pour aller dormir. Au premier abord, on ignore tout de l’autre. Tout est possible. Le mec a peut-être eu des parents sur-protecteurs, une sœur qui était une véritable pétasse, il a peut-être été élevé dans une secte ou par une grand-mère blonde qui portait des dreadlocks qui ont fait qu’il est un peu dérangé. C’est le grand mystère. Et soyons honnêtes avec nous-mêmes, si on réfléchit bien, on a rencontré plus de mecs bizarres et de terroristes du coeur que de types sympas et stables.

Donc, je ne parle pas aux étrangers.

Et je suis toujours célib’.

Ceci expliquant peut-être cela.

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