Que dire quand on n’a rien à dire

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On a beau être cataloguée pipelette statut « limite pénible », il n’empêche que l’on se retrouve parfois coincée dans des situations et/ou avec des gens à qui l’on n’a pas grand-chose à dire et où le silence fait formule d’impolitesse. Alors, on dit quoi quand on n’a rien à dire comme quand…

#1. Vous arrivez chez vos beaux-parents et que votre mec (ce fourbe) s’en va visiter le jardin en vous laissant en plan avec belle-maman qui vous regarde l’œil un peu mauvais. 

De quoi on cause ?

  • De la déco : « C’est très joli votre tapisserie à grosses fleurs. On se croirait dans un film avec Belmondo jeune. Très très jeune Belmondo ».
  • De l’animal de compagnie : « Et vous le nourrissez à quoi votre Garfield pour qu’il ressemble à s’y méprendre à un ragondin ? Quoi, j’ai dit ragondin ?… Heu je voulais dire élégant félin »
  • De votre mec : « Vous l’avez vraiment réussi Jean-Kévin. Bravo ! »

On évite de parler de :

  • L’ambiance olfactive : « Ca sent un peu le vieux qui va crever chez vous… »
  • Drogue : « J’suis en plein bad trip. La came devait être mal coupée. Vous ne connaîtriez pas un bon dealer pour la prochaine fois par hasard ? »
  • Sexe : « Jean-Kévin adore la sodomie. Vous le saviez ? »

#2. Vous faites de l’auto-stop et que le seul automobiliste suffisamment sympa pour vous prendre conduit une minuscule Twingo et écoute RMC à fond les ballons.

De quoi on cause ?

  • De la voiture : « C’est sympa la Twingo. Ca me donnerait presque envie d’en acheter une, dites donc ! C’est bien balancé au niveau de la calandre et l’espace intérieur est plus grand qu’il n’y paraît ! »
  • Du trafic : « Ca roule bien, hein ? Voilà, voilà… voilà, voilà… Heureusement qu’il n’y a pas beaucoup de monde, au moins on peut rouler ! Voilà, voilà… voilà, voilà… »
  • De la vie du conducteur : « Vous êtes agent d’assurance ? Wow, ça m’impression grave ! »

On évite de parler de :

  • L’ambiance olfactive : « Mais vous avez tué un gars dans votre caisse pour que ça pue comme ça ? » (si ça se trouve, c’est le cas)
  • La manière de conduire du conducteur : « Mais qui s’est qui vous a appris à conduire comme une merde ? » surtout si dehors, il pleut.
  • Vous : « Oui, je suis sans défense et avec 10 000 euros dans mon sac ».

#3. Vous rendez visite à un malade qui, à l’appréciation de sa respiration saccadée et de son état quasi léthargique, doit déjà avoir des actions dans la construction de boîtes en sapin.

De quoi on cause :

  • De son état de santé : « D’après les médecins, tu vas beaucoup mieux sauf que ça ne se voit pas encore ». Un peu d’espoir n’a jamais tué personne, c’est le cancer qui s’en charge.
  • De son cadre de vie : « Avec toutes ses perfs, tu vas pouvoir faire un scoubidou avec les tubulures ». Un peu d’activités créatives n’a jamais tué personne non plus, une bulle d’air dans la tubulure oui.
  • Des infirmières : « Ils sont sympa dans ce service palliatif . J’aurais pas crû tu vois… »

On évite de parler :

  • De l’ambiance olfactive : « Mais tu t’es fait pipi dessus ou tu es en train de faire une descente d’organes ? »
  • Du véritable état de santé du malade : « Ben tu vois, on est tous là car a priori tu ne passeras pas les prochaines 24 heures »
  • De sa santé à soi : « Rololo, j’ai un herpès. Mais bon, c’est rien en comparaison de ton cancer généralisé »
  • Des prochaines vacances : « C’est super galère pour trouver une loc’ à Saint-Barth. Au moins, toi t’as pas ce problème »

#4. On n’avait pas forcément prédit que l’on devrait se taper 5 heures de train dans un minuscule compartiment avec Duboss quand on a accepté de venir faire la présentation de l’agence à ce client dans le Limousin…

De quoi on cause :

  • De la formidable ambiance dans la boîte : « C’est vrai que quand on vous voit arriver le matin avec votre énorme chapeau de chasse à plume, ça nous met du baume au cœur pour toute la journée »
  • Des enjeux stratégiques de la boîte : « Vous avez raison, le marché de la lentilles-carottes est sous-exploité »
  • De la présentation qui s’annonce : « Vous allez être épaté par mon PowerPoint. J’ai fait une animation avec apparition en damier aléatoire »

On évite de parler :

  • De l’ambiance olfactive : « C’est vous qui venez de péter ? »
  • De vos états d’âme : « Vous voyez, je suis complètement déprimée depuis qu’il m’a largué. J’arrive plus à bosser… D’ailleurs, je bosse pas… »
  • De ce que vous faites au bureau : « Ce que j’aime bien dans votre boîte, c’est que l’accès web n’est pas limité et qu’on peut appeler partout dans le monde. Ca occupe au moins »

#5. Coincée avec un petit four dans une main, une coupette dans l’autre, l’artiste dont vous êtes venue voir les toiles à ce vernissage, vous demande votre avis…

De quoi on cause :

  • Des lignes, des perspectives, des couleurs extraordinaires : « C’est FOR-MI-DA-BLE ! A-MA-ZING ! »
  • Des émotions que vous procurent l’œuvre : « C’est tout simple BOU-LE-VER-SANT ! A-MA-ZING ! »
  • Des références que cela vous évoquent… ou pas : « Il n’y a pas de pendant à votre travail, c’est tellement A-MA-ZING ! »

On évite de parler :

  • De votre propre travail artistique : « On fait finalement un peu la même chose ; je suis très régulièrement des ateliers pour la conception de potiches »
  • Du buffet : « Heureusement qu’il y a ça, parce que pour le reste… On est bien d’accord que c’est pas folichon »
  • De ce que fait l’artiste : « Et sinon, c’est quoi votre job ? »
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