Ne me dites surtout pas…

no hearing

Il y a les choses que j’accepte que l’on me dise… et les autres. Liste non exhaustive.

« Tu devrais prendre des leçons de danse » (Une copine)
En fait, je ne comprends pas cette remarque. Si je n’ai pas toutes les qualités du monde – dont la hauteur de Gisele Bundchen , je ne suis qu’un format élagué – , quand je me regarde danser à 4 heures du mat’ dans les miroirs de la boîte de nuit, il me semble que j’ai un minimum de sens du rythme. D’ailleurs, mon dernier twerk m’a valu toutes les félicitations de la victime. De toute façon, cette remarque venant de la part de quelqu’un qui use ses Repetto sur le tapis avec « Just Dance 4 », n’a pas à mon sens pas une très grande valeur. Et puis chacun son style, merde !

« Je vous mets en première position pour le bloc parce qu’après j’ai une autopsie » (le chirurgien)
Je comprends qu’après Dieu, il y a les chirurgiens et qu’il ne faut pas forcément leur demander d’être empathiques en plus de leurs compétences. Je veux bien qu’ils me racontent comment ils vont sortir une partie de mon intestin de mon ventre ou clouter un de mes os avec une broche parce que c’est pour mon bien, mais je refuse de savoir que sur la base de l’inattention, être la personne autopsiée devient de l’ordre du possible.

«  Je te présente mon ex ? » (mon mec)
Ou pas.

« Mais si je vais te la présenter » (mon mec un peu lourd)
OK si c’est le truc là-bas qui gâche le paysage. Sinon, on reste sur ma première réponse.

« Mesdames et Messieurs, le train d’atterrissage  refusant de se débloquer, nous allons atterrir sur le cul. Merci de bien vouloir attacher fermement vos ceintures » (le commandant de bord)
Il y a des tas de situations qu’il serait inutiles de préciser ici où mon derrière m’a évité bien des déconvenues. Cependant, dans un avion, je ne conçois qu’une seule chose : atterrir selon les règles de l’art et non en ayant le derrière en feu (car c’est bien ce qui arrive quand le métal frotte trop fort le sol). Si on a mis un train d’atterrissage avec des petites roues, ce n’est pas pour faire du zèle sur les fesses.

« Oh mon Dieu, mais sa tête est énorme !… Et le reste aussi ! On ne va jamais réussir à le sortir de là ! » (la sage-femme)
Je ne suis ni enceinte, ni mère, mais je crois que si cela devait m’arriver un jour, je ne pourrais pas supporter entendre ce genre de choses parce qu’on sait comment cela va se finir : au mieux avec une épisiotomie, au pire avec une césarienne sur toute la largeur du bas-ventre. Y’a aussi la mort en couche, mais je préfère occulter cette hypothèse pour l’instant dans mon intérêt vital.

« T’es quand même vachement bien en photo » (un futur ancien pote)
Cette phrase est complètement dénuée de sens. Comment peut-on être bien en photo et pas en vrai (parce que c’est quand même ce qui est supposé) ? Est-ce que la photo a un filtre magique « Be a bombasse »  car si tel est la cas il faut me le dire et je le mets à chaque coup (de vodka). Afin de préserver et d’entretenir notre amitié, j’accepte cependant un « T’es vachement bien comme fille » (« bien » pouvant être remplacé par « bonne, je ne m’offusque pas dans ce contexte). Là, on sera d’accord.

« Il ne serait pas un peu pâteux ton rix » (des invités)
Si, mais j’aime autant croire que je suis une bonne cuisinière alors s’ils pouvaient jouer le jeu de l’illusion, j’apprécierais autant.

« Tu es le clone de ta mère » (une amie)
Où elle a vu que j’avais le sillon nasogénien hyper marqué ? D’où elle pense que je suis têtue comme une mule et que j’adore regarder le voisin recevant tous les mardis une dame à l’insu de son « officielle » (et cancaner sur le sujet) ? J’aime ma mère, mais je ne suis pas COMME ma mère, sinon, je me fais une auto-crise d’ado et je vais sacrément morfler avec tout ce que j’aurais à me reprocher de manière complètement injustifiée.

« J’espère que tu n’es pas féministe » (un mec au premier rencard)
Comment te dire mon gars… Si tu te pose la question c’est que tu dois avoir bien des choses à te reprocher. Peu importe que je sois féministe ou non, tu passeras la serpillière comme les autres parce qu’après ce genre de commentaire, tu n’es plus en mesure de demander à une fille de faire le ménage pour ton compte (même ta mère est dépitée !).

« Tu ne sais pas ce qui est bon pour toi » (un moralisateur dont je tairais le nom)
Parce que lui, il le sait ? Si oui, depuis quand ? Moi, j’ai toujours su par exemple qu’à 18 ans, ce qui était bon pour moi c’est d’avoir une voiture et pourtant, ma mère n’a rien fait pour m’aider à la financer à part me dire « Si c’est pour te donner une nouvelle raison de finir dans un commissariat… » alors que des raisons, les flics n’en avaient pas besoin en plus (ils les ont trouvées tout seuls). Enfin bon, ceci est un aparté.
Quoiqu’il en soit, quand on me sort ce genre de remarque, je sais que les deux seules choses bonnes pour moi à cet instant précis sont un bon verre de rhum et l’oubli. Pour le reste, je vis au feeling.

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