Je suis une adulte maintenant

anniversaire enfant

Anniversaire.
Anniversaire.
Anniversaire.

Tant de différences dans ce simple mot selon si l’on est un enfant ou un adulte, parce que tout a changé. Trop vite.

Un an de plus. Plus un an. Plus un an…

  • Quand on est enfant, on hurle à qui veut bien l’entendre (les parents, la boulangère, le facteur,…) que c’est son anniversaire dans le secret espoir qu’ils participent à la cagnotte du cadeau espéré : la montgolfière magique Mon Petit Poney qui coûte trop cher (environ 125 francs). Mais surtout, on sait qu’anniversaire après anniversaire, on se rapproche des 18 ans, âge où nous serons juridiquement adulte et où il est légalement possible de fumer des cigarettes, boire de l’alcool, dépenser notre argent dans des machines à sous et faire des tatouages sans le consentement des parents. En bref : le rêve absolu !
  • Quand tu es à l’âge adulte, on n’a plus rien à attendre de concret. On arrive à un point où chaque anniversaire nous rapproche de plus en plus de la vieillesse et de son acolyte la décrépitude, jusqu’au baiser final de la mort. On dit comment déjà ? Ah oui, « JOYEUX anniversaire »…

Les personnes qui te souhaitent ton anniversaire.

  • Quand on est enfant, la première personne qui vient nous réveiller tout en douceur avec un « Joyeux anniversaire » dans le creux de l’oreille est notre maman d’amour (sauf si on est dans un foyer de la DDASS pour délinquants juvéniles).
  • Quand on est adulte, c’est Adriana de Spartoo qui est la première à nous envoyer un emailing de « Bon anniversaire » avec en cadeau spécial des frais de port offerts si on commande pour 60 euros minimum de pompes. Merci ?

La fête d’anniversaire

  • Quand on est enfant, tout est simple. On distribue des cartons d’invitation à la cour de récré et notre mère organise tout : les achats de victuailles, la déco à base de ballons et de chapeaux en papier crépon, l’accueil des mères des autres, le clown,… Puis, quand la party est finie, elle range tout. Normal quoi.
  • Quand on est adulte, notre mère n’est plus à nos côtés ; elle est partie en croisière pour fêter les 24 ans (ou un truc dans le genre) de son épisiotomie. On ne peut donc compter que sur soi pour faire tout ce que notre mère s’évertuait à mettre en place. C’est très fatigant et très cher.
    Surtout que la dernière fois, j’ai loué un « party bus » avec des lumières disco et une barre de strip-tease insuffisamment dimensionnée pour des personnes de plus de 1m60 et de 45 kilos. Mes amis ont consciencieusement englouti tout l’alcool que j’avais acheté et se sont publiquement humiliés en mon honneur. Le tout pour un montant total de 5 000 euros. A la fin de la fête, le chauffeur du bus m’a prié de bien vouloir nettoyer les fluides corporels en tout genre de mes invités. Je crois que ma mère aurait été plus efficace que moi.

Les photos

  • Quand on est enfant, sur toutes les photos, il nous manque une dent de lait, nos traits s’affinent, on devient de plus en plus beau (de 0 à 11 ans), puis de plus en plus laid (de 13 à 18 ans), mais on a toujours le plus merveilleux sourire de la Terre.
  • Quand on est adulte, on a l’air (on est ?) complètement déchiré et, plus la soirée avance, plus on a la bouche de travers sur chaque cliché. A partir d’un certain stade, on peut même compter le nombre d’années atteintes à la manière de la méthode des arbres : à défaut de compter les anneaux des troncs, on énumère le nombre de pattes d’oie et on évalue la profondeur de la ride du lion. Finalement, on veut bien revenir à la période boutons sous fond de teint qui croûte sur le dessus pour soi-disant les masquer. Certains maux en valent mieux que d’autres.

Les pleurs

  • Quand on est enfant, on rigole à chaque instant. Eventuellement, on pleure si on a pris un confetti dans l’œil ou que Valentine nous a griffé l’avant-bras. Et comme c’est notre anniversaire, on lui a rendu la pareille en lui mordant l’épaule.
  • Quand on est adulte, on pleure à chaque seconde. Pour un oui, pour un non, pour l’amour que l’on reçoit en ce jour si spécial. Et on pleure aussi sur sa jeunesse.

Au fait, aujourd’hui, c’est mon anniversaire et j’ai la chance d’être encore en vie.

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