Je déteste Ikea

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La première fois que je me suis rendue dans un Ikea, j’étais comme plongée dans un monde merveilleux. Ces appartements reconstitués comme un studio de cinéma, ces petits objets dont je n’avais jamais soupçonné l’existence et qui s’avéraient être fort astucieux (exemple : le truc en plastique où tu peux ranger tes sacs de supermarché), sa cafet’ à tout petit prix,… Et puis j’y suis retournée. Une fois. Puis encore une fois. Tout plein de fois. Et je peux aujourd’hui l’affirmer : je déteste Ikea.

  1. Le circuit du magasin

Au début, j’y vais confiante et je me dis qu’aller chez Ikea, c’est comme faire l’amour : y’a une porte d’entrée et de sortie, le reste devrait aller tout seul. Erreur. Une fois que l’on est dans le piège, c’est le labyrinthe de Pan. Impossible de savoir quelle heure du jour ou de la nuit il est, et plus j’avance, plus je suis désorientée. Un mauvais engagement à droite et je visite pour la cinquième fois le rayon dressing (ce n’est pas que je n’aime pas les dressings, mais dans 40 m2, il m’est difficile d’en placer 5 !) ; un mauvais tournant à gauche et l’espace Salle de Bains se transforme en la Chambre des secrets, autrement dit je ne le trouverait jamais,… Sauf si Harry Potter vient à mes rescousse. Ou un vendeur.

  1. Les vendeurs

Justement les vendeurs, parlons-en. Je sais qu’ils existent. Vraiment. Je me rappelle bien en avoir vu un ou deux il y a quelques temps. Ils portent une tenue bleue et un gilet jaune ou un truc dans le genre. Sauf que quand on a besoin, Yop Pla Boum… y’en a plus ! Nulle part. Avec un peu de chance, on peut toutefois sentir le frôlement du vent d’un vendeur qui a couru frénétiquement vers une hypothétique porte de service pour échapper à des clients. Du coup, je suis en train de concevoir un filet à vendeur, style filet à papillon en plus gros avec capteur d’odeur et jets de produit paralysant, pour essayer d’en choper un. Je vous tiens au courant sur l’avancement de mon invention, cela pourrait également vous servir.

  1. Le suédois

Je n’ai jamais été contre l’apprentissage des langues. Bien au contraire. Au Bac, et contre toute attente, j’ai même eu une super note en allemand, ce qui a valu à ma prof hystérique de joie de faire un coma éthylique. Par contre, là où cela me gêne un peu, c’est quand je cherche un meuble TV qui s’appelle VITTSJÅ et que je me retrouve avec un truc KRÅKSKÄR. Ne me demandez pas comme c’est possible parce que vu écrit comme ça l’erreur paraît grossière, sachez juste que cela m’est arrivé. L’avantage cependant du suédois, c’est que quand je reviens chez moi avec l’objet que je voulais réellement acheter, c’est toujours une fête.

  1. La nourriture

Doit-on vraiment revenir sur les boulettes au cheval et les gâteaux au caca ? Je ne le crois pas…

  1. J’achète tout sauf ce que j’avais prévu

A la base, quand je vais chez Ikea, j’établis une liste précise des choses que j’ai besoin d’acheter (un cube de rangement en osier, une patère, une poignet pour un meuble de cuisine). Sauf qu’à la sortie, je me retrouve avec :

  • Tellement de bougies que je pourrais veiller un mort pendant un trimestre entier si le corps ne se décomposait pas aussi vite.
  • Des tonnes de serviettes qui pourraient éponger un bassin de piscine olympique
  • Une nouvelle lampe (mes voisins s’interrogent sur mes éventuelles activités de contrebande en produits luminaires)
  • Des cadres photo qui finissent tous au cimetière des cadres photo situé au fin fond de mon armoire
  • Des pots pour plante (je n’ai jamais eu de plante et je n’ai jamais nourri l’espoir d’en avoir une vivante un jour)
  • Un truc dont il m’est impossible de définir l’usage même si sur le coup, je crois me souvenir que cela allait révolutionner mon quotidien.
  1. Les meubles en kit

Depuis que je suis petite, j’ai une grande passion pour les jeux de construction. A 9 ans, j’ai même épaté la galerie en montant en moins de 2 heures un château fort en Lego normalement pensé pour un enfant de plus de 12 ans. Cet exploit a donné beaucoup d’espoir à mes parents quand à mon éventuel avenir dans l’architecture, illusion vite envolée quand j’ai annoncé que je voulais devenir danseuse dans un bar à routiers (si, si !). Je tiens cependant à vous rassurer, cette vocation professionnelle m’est vite passée, puisque deux semaines plus tard, j’avais décidé de travailler au contact des chèvres polynésiennes suite à un reportage sur les ventes de Chavrou à Tahiti.

Tout ça pour dire que quand j’ouvre mon carton Ikea, non seulement je suis complètement surexcitée, mais en plus je me sens dotée d’une force surhumaine qui se résume à BBC vs. The world ! A noter que j’ai une super clé cruciforme (l’arme ultime).

Au bout de deux heures, je ressemble à une serpillière essorée (surtout au niveau des cheveux et des poils du genou si je ne me suis pas épilée), j’ai plus de main tellement elle a été transpercée par la clé, et le meuble est… comment dire… une œuvre structurée-destructurée digne de l’hypercubisme, comprendre : ça a la forme de rien et tout à la fois, mais en aucun cas à la commode qui’l est sensé être #Fail

Conclusion : Ikea, c’est l’enfer sur terre, mais je vais y retourner (à l’insu de mon plein gré).

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