Le jour où l’on m’a proposé de devenir chroniqueuse

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L’affaire a débuté très simplement. Je me lève un matin, genre il est 9h30 parce qu’avant j’ai trop de caca d’œil pour ouvrir les yeux. Je lance la cafetière en chantant « Blurred Line » en faisant bien attention à mes vibes, j’exécute gracieusement quelques pas de danse (on dirait Beyoncé qui fait du Mya Frye), je caresse le chat, qui en échange, me montre son affection en me plantant ses griffes dans la cheville tout en me bouffant le pied, et pendant que le café coule, j’ouvre enfin l’ordinateur.

Je me permets de vous décrire avec minutie ce long processus car je tiens à ce que vous preniez pleinement conscience du palpitant de mes débuts de journée.

Donc, le Mac s’allume. J’ouvre ma boîte mail. Je rentre le mot de passe. Ca marche pas. Je re-rentre le mot de passe. Ca marche toujours pas. Je re-re-rentre le mot de passe. Ca marche.
Je ne m’étonne même plus de cette démarche en trois temps pour réussir à accéder à ma boîte mail ; mon Mac étant quelque peu capricieux. J’ai appris à faire avec. Cependant, pour pouvoir continuer à travailler ensemble en bonne intelligence, nous avons signé tous les deux un consensus genre « Je te donne un peu de ma madeleine du matin et de ma vodka-ananas et tu limites au max les error system ». Ceci expliquant pourquoi on peut retrouver aisément mes repas des huit derniers jours sur le clavier. Pour l’instant, le contrat moral est respecté, l’entente est cordiale, tout va bien.

Mais revenons à notre sujet. Ma boîte mail s’ouvre enfin, relève les messages et au milieu d’une newsletter de Jean-Michel Cohen qui veut me faire perdre 3 kilos (soit l’équivalent d’un gros os du type rotule du genou ou clavicule au regard de ma morphologie) et d’un spam « Enlarge your penis », j’aperçois un mail dont l’objet est « Proposition ».

Evidemment, « proposition » cela veut tout et rien dire. J’ai eu dans ma vie des tas de propositions : affectives, financières, sexuelles voire les trois à la fois, chose que je peux comprendre surtout si la dite proposition émane d’un footballeur ou d’un dirigeant d’une grande institution financière.

Bref, j’ouvre le mail, intriguée. Je plisse un peu des yeux pour faire comprendre à la caméra qui pourrait éventuellement m’observer que je suis dans un état d’inquiétude contrôlée (j’ai vu beaucoup de films d’espionnage dans ma vie). En d’autres termes, cela signifie que je n’ai pas peur, mais que je reste sur la défensive, prête à sauter par la fenêtre si jamais le mail explose ou si on me demande un truc horrible comme aller nourrir un batracien, garder des gosses, faire un speed dating avec un agriculteur recalé de l’Amour est dans le Pré.

Là, je lis :

Très chère BritBrit Chérie,

C’est avec beaucoup d’espoir que je vous écris ce mail. Depuis quelques mois, c’est avec un grand intérêt que je suis votre blog d’une qualité irréprochable. Pour ne rien vous cacher, à la rédaction, certaines personnes se roulent de bonheur sur la moquette de l’open space quand elles aperçoivent que vous avez écrit un nouveau billet. C’est quelques fois mon cas aussi.

Jamais je n’aurais cru un jour pouvoir dénicher une plume aussi originale que la vôtre. Vous êtes à mes yeux comme le fruit d’une expérience copulative interdite entre Chateaubriand et Arnaud Tsamère.

C’est donc avec fébrilité et une pointe d’anxiété liée à un éventuel refus de votre part que je vous adresse cette proposition : voulez-vous chroniquer pour nous et toucher ainsi par la grâce de votre talent notre magazine ?

Demandez-moi ce que vous voulez : un poney, un épilateur de sourcils (je crois que vous avez quelques difficultés à ce sujet), un homme nu sans poil dans le dos,… mais acceptez, je vous en supplie.

Dans l’attente de votre réponse que j’espère positive,

A.
Chef de rédac’ »

Pour être honnête, je n’ai pas retrouvé le mail originel de la personne qui me l’a envoyée, mais à quelques mots (phrases ?) près, je me souviens que c’était ce qu’il y avait écrit.

Voilà comment a débuté mon histoire en tant que chroniqueuse. C’était il y a deux mois et sans le savoir, vous avez peut-être lu ma prose dans ce merveilleux mensuel féminin au nom bien connu. Aux plus malins d’entre vous de découvrir maintenant duquel il s’agit.

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NdA : Je prie la rédactrice en chef du magazine sus-évoqué qui lit parfois ce blog de bien vouloir me pardonner pour la retranscription de son mail en toute mythomanie. Je prends souvent mes rêves pour des réalités, même si en l’occurrence, c’est vous qui avez fait de la réalité un de mes rêves. Merci.

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