Lettre ouverte à mon plagiaire

copy-and-paste

Ce matin-là, alors que je boulottais une Cracotte devant une bonne tasse de café tout en essayant d’écrire le plus fidélement possible mon expérience du week-end dans un ascenseur, je reçois un mail d’une lectrice me disant en substance « BBC, vas sur ce blog, y’a quelqu’un qui t’a copié deux textes ».

Mon sang n’a fait qu’un tour quand, une fois devant l’écran, je constate qu’effectivement mes textes figuraient en bonne place sur le fameux blog incriminé, l’auteur s’attribuant sans honte la paternité de mes lignes. J’en ai écrabouillé la Cracotte entre mes doigts, dis donc.

Je vous passe tous les détails, mais avec l’aide de quelques followers fidèles, nous avons pour ainsi dire trollé le jeune homme (car oui, le copycat était un garçon) sur tous les réseaux sociaux où il avait ouvert un compte pour qu’il se décide à supprimer ses posts…ou plutôt mes posts. Et puis, à 13h30, je reçois ce mail :

« Veuillez m’excuser d’avoir pompé vos textes venant de votre blog.
J’ai eu un manque d’inspiration et j’ai pris la solution de facilité.
Les textes seront enlevés de mon blog dans la journée. (…)
Veuillez m’excuser de cette erreur et de mon pompage.

Bonne journée.

F. »

Je ne veux pas en faire un flan plus que ça, après tout ce ne sont que des posts et ceci n’est qu’un blog, il y a plus grave et plus important dans la vie, mais ce mail m’a toutefois paru un peu léger. J’ai donc décidé de répondre.

« F.,

Mais qu’est-ce qui t’a pris ? Sans déc, j’aimerais comprendre. Qu’est-ce qui t’es arrivé en maternelle pour qu’à 19 ans, tu en sois réduit à pomper les textes des autres dans le but inavoué de te faire valoir ? Tu pensais vraiment que personne ne s’en apercevrait ? Ou alors, je me trompe peut-être sur tes ambitions. Tu aimerais devenir le PPDA de la blogosphère et tu cherches à atteindre ce but par tous les moyens ? Non mais là, il faut me dire car tu sais que je ne suis pas très contente. Voire pas contente du tout. Vraiment pas.

D’une part, je suis très sincèrement choquée de me retrouver sur un blog mode. Mes textes sur un blog mode ! Pire : TON blog mode. Car voilà, je n’ai rien contre les blogueuses mode, il serait totalement suicidaire de ma part de me mettre à dos cette immense communauté potentiellement source d’un nombre incalculable de lectrices enthousiastes, mais quand je regarde tes looks et bien… je suis sans voix. Pas sans voix, genre « Oulala, je suis ébahie ». Non, sans voix genre « Qui est le dealer de ce mec ? ». Maintenant, prends cette remarque comme tu veux, je n’en dirais pas plus, je ne veux pas passer pour une méchante fille.

Ensuite, je pense que tu aurais pu au moins avoir le bon goût de pomper des textes qui soient plus révélateurs de mon modeste talent. Ce guide du « (presque) parfait petit monsieur » était sympa, mais il n’était pas non plus à se rouler par terre tel un rouleau de printemps hilare. Ceci est d’autant plus vrai que tu as jugé important de retirer deux conseils importants qui, à mon sens, apportaient un peu plus de comique à l’ensemble du rédactionnel*. Je mets ça sur le compte certain de ta pudeur, les mots « lesbienne » et « bite » étant certainement encore impressionnants pour le si jeune homme que tu es.

Pour finir, quand j’ai reçu ton mail, je m’attendais à du grandiose, du Cahuzac puissance 10 000, de la vraie repentance, presque une excuse publique. Mais non, tu te la joues coucouilles ramollo, un peu Richard Virenque avec tes mots qui sonnent « à l’insu de mon plein gré ». Mais mon gars, fallait y aller là. Montrer que tu avais de l’esprit, de la verve, un vrai sens de l’à propos et éventuellement un peu de courage, mais cela a fait un tout petit pschittt comme quand on ouvre une bouteille de limonade périmée et que le gaz s’est volatisé.

Alors non, je ne t’excuse pas de « ton erreur et de ton pompage » car il me semble que quand on décide délibérément de voler le texte de quelqu’un, de veiller à ne retenir uniquement ce qui semble pertinent et de prendre le temps de le mettre en forme sur son blog, ce n’est plus de l’erreur, c’est clairement une volonté.

Maintenant, je ne te connais pas, tu n’existais pas – et tu n’existe toujours pas – dans mon monde avant cette « affaire » (qui au final n’en n’est pas vraiment une), mon blog est un lieu de divertissement pour moi et je l’espère pour mes visiteurs, et franchement je m’en contrebalance un peu de ce que tu peux bien faire. Mais à 19 ans, il m’est d’avis que tu devrais grandir en ce qui concerne l’apprentissage des responsabilités et la capacité à les assumer.C’est un conseil, tu peux le prendre (lui !), c’est cadeau !

Adieu,

BBC

PS : Tu remarqueras que je n’ai ni cité ton nom, ni ton blog. Il ne manquerait plus que je te fasse en bonus de la pub gratos.

Publicités