Pourquoi aller chez le médecin me rend un tantinet nerveuse

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J’aurais dû me méfier : pouvoir regarder les Anges de la Téléréalité et entendre Amélie hurler sans que cela ne me fasse des rides de désagrément sur le front tenait ou du miracle ou de la maladie. Ce fut de la maladie, à savoir une oreille bouchée depuis deux jours. Il fallait me rendre à l’évidence, je ne pouvais faire l’impasse sur la consultation médicale pour retrouver toute mon ouïe. Hors, je déteste aller chez le médecin.

Pourtant les shows TV font des efforts considérables pour nous amener sans crainte dans les cabinets médicaux. Jamais on n’a vu depuis ces 10 dernières années autant de médecins compétents (Docteur House), compréhensifs (Grey’s Anatomy) et baisables (Nip/tuck) qu’à la télé. Le bon vieux docteur Baker de « La Petite Maison dans la Prairie » dont on avait l’impression qu’il traînait à chacune de ses consultations la Grande Faucheuse en super forme, relève aujourd’hui de la vieille imagerie. Et bien, malgré ça et ma faiblesse morale liée à toutes les conneries qui passent à la télé, aller voir un médecin me rend nerveuse.

Je ressens comme un malaise à chaque fois que l’évocation d’aller consulter se fait sentir. Du coup, j’ai développé une technique à moi pour éviter le supplice. Elle consiste à 1/ Parcourir les pages du forum Doctissimo pour trouver quelqu’un qui aurait développé les mêmes symptômes que moi (en général la personne finit par se voir diagnostiquer un cancer par les membres du forum) et 2/ Par m’automédicamenter en faisant des cocktails avec ce que je trouve dans ma pharmacie. D’ailleurs, petite astuce, sachez que les médicaments du chat peuvent faire des merveilles surtout si vous avez le coryza.

Mais bon, je ne suis pas devenue allergique aux pratiquants de la médecine sur un coup de tête. J’ai de bonnes raisons et elles sont au nombre de trois :

  • Le médecin juge.

Et pas seulement la légèreté de la cuisse ou la capacité de rebond de mon bidon qui sont, l’un comme l’autre, absolument parfaits dans leur genre. Non, il vous juge sur des choses plus intimes. Avez-vous remarqué l’expression de pitié ou de moquerie qui se peint sur leur visage quand à la question « Avez-vous récemment eu des rapports sexuels ? » vous répondez « Èst-ce que vous préférez que j’exprime le « récemment » en mois ou en année ?» ? Franchement, je me sens suffisamment frustrée et merdique sans que quelqu’un ne vienne en rajouter une couche.

  • Le médecin trouve toujours des trucs graves.

Nous avons tous entendu parler de ces personnes qui se rendent en consultation pour un petit rhume des foins et ressortent avec une condamnation à mort. Si je pense que j’ai un panaris, je veux que le docteur me dise que j’ai un panaris et pas une infection avec nécrose de l’os qui va nécessiter une amputation de l’orteil infecté et des deux autres adjacents. C’est aussi simple que ça.

  • Le médecin peut facilement passer à côté de quelque chose.

J’ai vu suffisamment d’épisode de Docteur House pour savoir qu’une maladie grave n’est pas toujours facilement détectable et qu’elle nécessite bien souvent que le médecin soit curieux et pense toujours au pire. Hors, je ne crois pas que cela soit le cas de la plupart de nos practiciens. Alors que faire si le docteur me diagnostique une grippe alors que je suis en train de crever d’une fièvre Ebola ? Je préfère encore rester tranquillou chez moi à élaborer des projets (pincer les fesses de Kelly Slater, harceler sexuellement James Franco, boire des litrons de rhum,…) qui ne verront de fait jamais le jour que d’aller voir un incompétent.

Mais voilà, quand il faut y aller et ben, on y va ! Une oreille bouchée est un exemple d’occasion ; l’obtention de drogues en est une autre. Et c’est essentiellement pour cette dernière que je me dis que malgré tout, derrière chaque médecin, il y a forcément quelqu’un qui a du cœur.

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