Ces SMS auxquels je ne répondrai plus

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Depuis que j’ai avoué mon aversion pour les messages vocaux, tout le monde s’est plus ou moins senti obligé de m’envoyer des SMS. Dans l’absolu, je dirais que c’est plutôt un bien et que le fond de mon discours est bien passé. Dans les faits, c’est un peu plus compliqué. Vu le nombre de SMS que je reçois, je suis désormais obligée de faire le tri entre :

  • les messages sympas« T’es très talentueuse », « J’ai un cadeau pour toi », « T’es bonne » – auxquels je réponds en général « Merci, ça me fait plaisir »,
  • les messages familiaux« Maman veut s’avoir si tu viendras à l’enterrement de Tatie Gisou », « Il fait froid, n’oublie pas de mettre un tricot de peau sous ton pull », « Ton père est un goujat » – pour lesquels j’ai programmé la réponse « oui, bien évidemment »,
  • Le reste.

C’est dans cette troisième catégorie que l’on retrouve tous les messages auxquels je n’ai pas forcément envie de répondre. D’ailleurs je ne réponds pas. Ou plutôt si, je vais le faire, une bonne fois pour toutes parce que je déteste que l’on pense que je suis malpolie. Alors s’il vous prend l’envie de m’envoyer un SMS, vérifiez avant toute chose que ce dernier ne figure pas sur la liste ci-dessous. Cela me contrarierait que vous pensiez que je vous méprise…même s’il y a un peu de ça. 

« Kikoo komen sa va ? »

Qu’est-ce qu’il s’est passé dans ta vie pour que tes compétences rédactionnelles soient aussi proches de celles d’un dégénéré ? Tu te crois sur Messenger ?

Certes, je fais partie de cette génération biberonnée au Bescherelle et à qui la mère menaçait de faire recopier les 50 premières pages du Bled si je ne décrochais pas la moyenne en auto-dictée qui font que j’accorde une importance toute particulière au respect des règles d’orthographe, mais j’ai tout de même réussi à développer un fond de tolérance envers les personnes à capacités grammaticales réduites. J’ai dit réduites, pas néantes, tu comprends la différence ?

« Hey, c’est moi. Tu te souviens de moi ? »

Eventuellement. Ou pas. En comme je ne suis pas l’inspecteur Gadget et je n’ai absolument aucun moyen de savoir qui tu es, toi. Du coup, le mieux serait que tu me dises carrément ce qui te conduit à m’envoyer ce message :

– Est-ce une tentative désespérée d’attirer mon attention ? Si oui, c’est raté.

– Est-ce une autre tentative désespérée de me dire que l’on a couché ensemble et que tu aimerais bien remettre le couvert ? Si oui, envoie-moi une photo avant que je puisse prendre pleinement connaissance de cette éventualité.

– Est-ce que tu veux me filer un job bien payé avec plein de temps libre et où le port du short est autorisé ? Dans mes bras !

« Est-ce que tu as bien reçu mon message où je te demandais si tu avais bien reçu mon précédent message ? »

Oui, mais comprends que si j’avais voulu te répondre, je l’aurais déjà fait.

« 🙂 »

Es-tu tellement submergé par l’émotion de m’envoyer un SMS que tu as décidé de te passer de mots ? J’ai donc décidé de m’adresser à toi dans les mêmes codes, en plus tu as de la chance, je viens juste de l’inventer pour toi : c=3
Maintenant, cherche ce que cela peut bien vouloir dire.

« Est-ce que tu sais où je peux me procurer de l’acide ? »

Tout le monde n’a pas les mêmes objectifs dans la vie. Par exemple, en ce qui te concerne, ton ambition est de finir aliéné, à regarder des pornos complètement défoncé sans rien comprendre aux angles de prise de vue et à faire des commentaires composés sur de l’acid music. Pour ma part, mon but est que tu oublies mon numéro, mes contentieux avec les forces de l’ordre se limitant exclusivement à l’utilisation du téléphone portable en voiture ou éventuellement à l’absorption de kalimutxo à Malibu Beach. Il ne me reste plus qu’à te souhaiter une bonne continuation dans tes recherches. Adieu.

« Coucou ! Mon mec s’est tiré, mon chat fait une cystite et mon appart a brûlé. Et toi ça va ? »
Honnêtement, j’aurais préféré que l’on échange en priorité sur mon nouveau job (passionnant et bien payé), mon mec (passionnant et bien payé) et mes projets de vacances (passionnants et chers payés) que sur tes problèmes. Mais vu comment c’est parti, je ne le sens pas trop. On se SMS quand tu as une vie décente.

« Il faudrait que l’on se parle »

RED ALERT ! Comment ça que l’on se parle ? Qu’est-ce que j’ai fait, pas fait ou oublié ? Présentement, je n’ai pas trop envie de me faire engueuler. Rappelle-moi quand tu auras posé ta machette et pris un Lexomil.

« Peux-tu m’aider à déménager ? »

Comment te dire que je n’ai JA-MAIS reçu ton message ! Mais pour info, sache qu’à date les seules faveurs que j’accepte sont celles qui invoquent ma présence à des cocktails, des bars, des vernissages, des soirées sur un yacht, des vacances au soleil,… Pour le reste, et dans le souci que tu gardes de moi l’image d’une bonne amie, merci de ne pas me contacter.

« T’es morte ou tu m’ignores ? »

Je t’ignore. Bisou.

« Bonjour, je voulais savoir si tu allais bien depuis notre rencontre au Malibu Beach club ? »

Au rythme où démarre notre « conversation », je pense que les mots « zigouigoui » et « fellation » n’apparaîtront que quand nous ne serons plus en mesure de pratiquer quoi que ce soit. Dans cette attente…

« Tu ne vas probablement pas me répondre mais je me suis dis qui ne tente rien…« 

Bingo ! Je ne vais certainement pas te répondre.

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