Self Control. Ou pas.

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En général, je n’aime pas trop me mouvoir en société pour plusieurs raisons dont faire la conversation à des gens à qui je n’ai rien à dire et le mauvais alcool. Surtout le mauvais alcool.

Hier soir cependant, j’ai accepté de me rendre à une fête d’anniversaire.

Et puis il était là, ce gars qui me rend toujours nerveuse à chaque fois que je le vois. Je vous arrête de suite, je ne suis pas amoureuse de ce type. C’est juste qu’il enflamme cette petite partie de moi totalement ringarde qui me fait dire qu’il est super cool, génial, excitant et que j’aimerais qu’en retour il me voit aussi comme une personne super cool, géniale et excitante.

Ainsi, à chaque fois que je le croise, je meurs d’envie d’aller le voir, de le faire rire, de le subjuguer de mon regard profond et de l’inviter à me suivre sur Twitter. Ou ailleurs.

Mais hier, cela ne s’est pas tout à fait passé comme ça. Quand il m’a vu et qu’il s’est dirigé vers moi certainement pour me dire « bonsoir » ou « Mon dieu, tu ferais se damner James Franco avec ce corps de rêve », ma bouche a prononcé de sa voix la plus aigue possible : « Foutue pétasse, mais qu’est-ce que tu fous là ?». Oui, c’est exactement ce que j’ai dit.

Le truc, c’est qu’en plus de dire cette chose, mon visage a fait une grimace du style « Rho putain, qu’est-ce que j’ai dit ?! », et je peux vous dire que cette grimace ne me met physiquement pas du tout en valeur.

Il m’a regardé. Surpris. Un brin blessé. Ou désolé. Il a cherché la suite de ma phrase sur mes lèvres pour comprendre ce que je sous-entendais, mais je n’ai rien dit, même pas un « Oh, mais je plaisante bien sûr. Je suis ravie de te voir ici ». J’ai laissé planer le doute entre nous. Je crois même avoir trimballé mon  regard sur un bout de mur où il y avait une toile avec une araignée morte dessus. Et il est parti en haussant les épaules.

J’envie sincèrement les gens qui arrivent à gérer leurs émotions. Ceux qui parviennent par exemple  à claquer la bise à la nouvelle petite amie de leur ex en disant « Je suis ravie de te rencontrer. J’avais hâte de te connaître après avoir lu tous ces « porn SMS » que tu as envoyés à Charlie alors que nous étions encore ensemble », et d’assortir cela  avec un sourire de 143 dents si sincère que la fille a l’impression que tu es la réincarnation de la classe et du fair-play.

Mais voilà ce que je suis : quelqu’un qui, quand elle est face à une personne qui l’intimide, gère la situation en mettant tout en œuvre pour la faire fuir ou lui donner plus que jamais l’impression qu’elle est une pauvre fille.

Vous comprenez maintenant pourquoi j’aime le bon alcool.

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