Demande d’amitié rejetée !

blonde-and-brunette-friends

(Images d’illustration de l’article tout à fait mensongère)

Je ne sais pas si c’est le talent et la gloire qui provoque ce phénomène, mais en ce moment j’ai énormément de demandes d’amitié à gérer.

Je ne parle pas de ces demandes virtuelles sur Facebook, HelloCoton ou Twitter. Tout le monde sait que sur ces réseaux, on peut être ami avec tout le monde, du jour au lendemain, sans qu’aucune implication personnelle – qu’elle soit affective ou financière – ne soit engagée.
Ce mode de relation me convient donc par essence très bien, mais se révèle toutefois insuffisant. Qui pour nourrir le chat pendant mes virées à Miami ? Qui pour m’accompagner jusque dans la salle d’attente du gynéco parce que j’ai peur ? Qui pour engager avec moi des débats exaltés sur « le nail art est-il un moyen fiable d’identification de la pétasse? » ou « Peut-on construire un avenir serein avec un mec atteint de sarcoïdose même s’il n’a pas d’assurance vie ? » ? Qui pour me glorifier afin que je prenne encore plus confiance en moi ? Personne, si ce n’est un ami. Un vrai. Pas un dont le prénom commence par arobase, qui s’exprime en hashtag et rit en LOL.

Pour en revenir aux nombreuses requêtes en amitié qui me parviennent, dans la plupart des cas j’ai bien conscience que nous avons tous les atouts pour construire une relation agréable basée sur la confiance, le soutien mutuel en toutes circonstances et l’échange. Les dossiers que je reçois sont en général solides. Mais il y a des faits légitimes qui font que jamais je ne pourrais donner suite comme…

  1. Votre lieu de résidence n’est pas à ma convenance.

Genre à l’autre bout de la ville, dans les Ardennes, dans un appart ridiculement petit ou au contraire carrément mieux que le mien (du coup, je suis jalouse), pas de livreur de pizza ou de chinois à proximité,…

Quand on sait que nous sommes sensés passer plus de la moitié de notre temps libre ensemble et généralement chez l’un ou l’autre, il m’est d’avis que, quand je me rends chez vous, il faut au minimum que toutes les conditions ayant trait à la facilité d’accès et/ou au confort soient réunis afin que je me sente bien.

  1. Vous avez beaucoup trop de qualités

En général, mes amis sont beaux, intelligents, spirituels, généreux, dans une situation financière agréable et ont bons goûts. Certains ont même du charisme Mais point trop n’en faut. Je dois pouvoir garder une forme de suprématie sur vous et éviter de me sentir comme une merde à votre contact. Ceci est une clause non négociable de notre contrat tacite, surtout si vous avez plus de seins que moi.

  1. Vous avez des exigences de contact trop élevées.

Je déteste le téléphone. Je déteste être tout le temps avec les mêmes personnes. Je déteste réconforter les gens au milieu d’un épisode de Dexter. Je déteste être à votre disposition. Notez juste que le contraire n’est pas vrai. A prendre ou à laisser.

  1. Vous m’avez vu nue.

Je vous ai aussi vu nu(e). C’est d’ailleurs dans ces moments-là que l’on décide de privilégier les relations avec un animal de compagnie. Lui ne juge pas. Fin de la discussion.

  1. Vous faites partie de mes médecins

Ai-je besoin de développer avec plus d’insistance ce point surtout si vous êtes urologue, chiriugien esthétique, gynécologue, psychiatre ?

Par ailleurs, notez que j’ai plaisir à vous considérer comme une illustre personne, érudite, intellectuellement bien construite, sachant faire preuve de professionnalisme et de sang-froid et non comme d’une pauvre fille qui a déjà songé à s’auto-opérer des amygdales pour mieux pratiquer la fellation.

  1. Vous êtes mon patron

Je vais être honnête, je n’ai aucune difficulté à aller boire des verres avec des gens qui ont une condition sociale supérieure à la mienne. De plus, je ne suis absolument pas contre l’amélioratoin des relations entre patron et salariés. Cependant, je m’interdis d’être votre amie. En effet, je ne pense pas avoir assez de discernement pour continuer à vous respecter dans le cadre professionnel après vous avoir vu nager la brasse sur le sol d’un bar miteux ou vous masturber contre dans la table dans un peep-show. Vous et moi, on sait très bien jusqu’où le vice de l’argent et du pouvoir peut vous amener à vous retrouver dans des situations dégradantes. Evitons que je ne sois votre témoin privilégié.

  1. J’ai couché avec votre mec

D’accord, c’était il y a longtemps. D’accord, je n’en garde pas vraiment de souvenir (j’étais sous influence). D’accord, le peu de souvenir qu’il m’en reste sont relatifs à une performance médiocre (il était aussi sous influence), mais je me rappelle de ses pratiques un peu spéciales. Cependant, je crois que je serais absolument incapable de vous regarder droit dans les yeux au dessus d’une assiette de tapas en me demandant dans ma tête « Est-ce qu’à toi aussi, mon amie, il t’a proposé ce truc bizarre et un peu dégueu ? Est-ce que tu as dit oui ? QUOI TU L’AS FAIT ?!! Et t’as rajouté les accessoires en plus ? Oh non de non… ». On est bien d’accord que cette situation de non-dit n’est pas gérable entre nous.

  1. Vous avez couché avec mon mec

J’aimerais être quelqu’un qui prend suffisamment de hauteur par rapport aux bassesses purement hormonales et charnelles, mais je ne le suis pas. Prenez acte.