Le sens des mots

35585395048

Hier, c’était morne soir : le chat était de sortie, le programme TV en état de désolation, la bouteille de rosé au tri sélectif. Je me suis donc lancée dans une activité – que nous devrions tous absolument bannir si l’on veut assurer à son équilibre mental une certaine stabilité- qui consiste à googleliser les noms des personnes que j’ai rencontrées tout au long de ma vie, histoire d’établir un benchmark comparatif avec ma propre existence. Mais voilà…

Drame 1 : Quand je me suis auto-googlelisée, je suis tombée sur cette photo…

309296_378481795555435_2041656755_n

Autant vous dire que ça m’a fichu un coup de penser que des gens que je connaissais puissent croire que je me sois autant dilatée.

Drame 2 : Je tombe sur le CV d’une ancienne camarade de classe du lycée dont le cerveau était déjà à l’époque plutôt bien construit, qui se coltine aujourd’hui 7 pages de parcours professionnel passionnant en corps Times 10.

Comprenez que la minette est devenue chercheuse réputée, qu’elle fait des conférences à travers le monde, travaille dans de prestigieuses universités comme celles de Hong-Kong, Columbia (USA) sur des sujets dont je comprends à peine l’intitulé voire l’intérêt. Exemples : « Désambiguïsation lexicale pour une approche sémantique de la traduction automatique statistique », « L’impact des erreurs d’alignement des phrases sur la performance des syntagmes des logiciels de traductions ». En plus, je me rappelle d’elle comme d’une fille altruiste et modeste. La connasse !

Tout ce que je retiens de ça, c’est que je suis une merde.
#MyLifeSucks

Et puis, je me suis reprise. Je suis écrivaine de blog quand même ! Moi aussi, je réfléchis sur le sens des mots, ceux qui vont le mieux coller à ma pensée, le mieux définir le territoire sensoriel de l’expression pour le lecteur.

NB : si vous ne comprenez pas trop le sens de cette dernière phrase, sachez que moi non plus.

Par exemple, mon dernier questionnement sémantique concernaient le mot « Sous-vêtements » et les termes associés.

Voici ma thèse :

Quand on dit sous-vêtement, cela fait trop générique. Est-ce des sous-vêtements pour homme, pour femme, avec du thermolactyl, pour les poupous, pour le cucul ? Tout ça manque de précisions.

Après, il y a « culotte ». Sauf que cela te ramène direct à tes 6 ans quand tu trottais entre la salle de bain et la chambre dans ta culotte « Petite Sirène ». Après tu t’y vois dire à ton mec : « Enlève ma culotte, j’ai chaud » quand, dans ta tête, tu t’imagines avec des couettes et ta culotte qui te faisait une poche au derrière ?

Il y a aussi « lingerie » sauf que c’est de suite hyper impliquant. Tu passes un cap supplémentaire. Celui où tu t’engonces dans des petits bouts de tissus pleins de crochets, d’armatures, de nœuds, de liens,… L’image que j’ai du terme « lingerie » devient très vite proche de celle que j’ai de l’emballage de viande alimentaire ou de la ficelle à poulet.

On peut également penser à « String », mais là on devient très vite ultra-technique. De plus, ce mot est tout à fait inapproprié pour quelques séduisantes et allusives conversations. Personne ne veut entendre : « Hey chéri, j’ai eu quelque chose de nouveau pour toi. Un petit string pailleté à deux ficelles dont tu me diras des nouvelles ». Cela devient de suite un peu salace.

En résumé, à ma problématique « Quel est le bon mot – comprendre descriptif, mignon et cool – pour désigner le truc que je porte au niveau de mon vagin ?»,  il n’existe aucune réponse. Je viens donc de passer la moitié de la journée attifée d’un truc en dentelle que je suis incapable de nommer !

Ca se confirme : je suis une merde.
#MyLifeSucks



Publicités