De l’importance de l’alcool quand on va à Disneyland

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Il y a des cadeaux de Noël que l’on regrette d’avoir fait quelques semaines plus tard. Pour ma part, j’avais cru que le « Bon pour une Journée à Disneyland avec Tata Brit’ » offert à mes trois neveux âgés de 3 à 9 ans était fondamentalement une bonne idée.

D’une part, j’étais persuadée que mes neveux auraient perdu le bon dans la demi-heure qui aurait suivi. Ils ont bien été capables de perdre leur père au Super U – on l’a retrouvé apeuré au rayon Sopalin -, alors un morceau de papier de 5 x 5 cm, imaginez bien que j’avais tous les espoirs de croire que jamais ils ne le conserveraient. D’autre part, je pensais leur mère aurait compris après mon cours sur « Pourquoi A la Claire Fontaine prône l’homosexualité féminine » que j’étais absolument incapable de baby-sitter qui que ce soit.

Toujours est-il que ce week-end, je me suis retrouvée à 10 heures du matin avec mon beau-frère et ses trois morveux dans la queue de Dumbo l’éléphant par – 3°C. Je pense sincèrement que ces gosses présentent des caractéristiques communes avec le profil mental d’un psychopathe.

Cependant, mon mécontentement venait d’ailleurs. Saviez-vous que le règlement intérieur n’autorise pas la détention d’alcool dans l’enceinte du parc ? Si c’est une bonne règle pour la population en général – personne n’a envie d’un papa qui hurlerait à Jasmine qu’elle a une gueule de travelo brésilien et aux poupées de « It’s a small world » de montrer leur culotte -, je trouve que dans mon cas elle est  complètement inappropriée.

Je tiens à rassurer tout le monde : je peux parfaitement passer une journée sans boire. Je peux prendre du plaisir sans alcool. Mais je sais aussi que je peux m’amuser beaucoup plus dans les tasses virevoltantes du Chapelier fou avec de l’alcool. Voilà pourquoi, avant notre escapade, j’avais donc passé de nombreuses heures à « conspirer » dans le but d’apporter un peu d’alcool au nez et à la barbe des vigiles.

– Tu sais Brit’, tu réagis comme une alcoolique, me dit mon beau-frère après que je lui ai proposé de placer sous ses aisselles de petites bouteilles en plastique remplies de rhum-orange afin de passer discrétos le filtre de la fouille des sacs. Serais-tu capable de passer une journée sans alcool ?Je me demande…

– Evidemment que je le peux ! Mais tu verras qu’après plus de 4/5 heures passées avec tes chiards, des oreilles de Mickey sur la tête et un poncho Dingo sur le dos, tu vas me supplier de boire un peu d’alcool.

Il n’a rien répondu. Pourtant, j’ai senti dans son regard comme une forme de désespoir genre « Tu me fais pitié, ma pauvre fille». Ça m’a mis un coup. Je n’ai pas une grande estime pour mon beau-frère – il faut dire qu’il est dentiste -, mais je n’ai pas non plus envie de  le décevoir ou pire qu’il porte sur moi des jugement erronés. Je veux être estimée par tout le monde, dentistes, losers, dealers et taulards compris. Alors, malgré l’envie, j’ai finalement décidé de ne pas prendre d’alcool avec moi.

Ce samedi, quand nous sommes arrivés devant les portillons d’entrée, quelle ne fut pas ma surprise de voir que nos sacs n’ont absolument pas été contrôlés ! Cela signifiait que j’avais passé 15 jours d’affilée à étudier toutes les possibilités d’amener de l’alcool pour finir par jeter l’éponge au dernier moment, alors que j’aurais pu tout simplement le mettre dans une gourde sans que personne ne me dise rien. J’aurais même pu voir plus grand comme apporter une cubi  et un réchaud pour faire du vin chaud que cela n’aurait dérangé personne. Et puisque qu’a priori la démesure était permise, j’aurais même pu prendre un flingue juste pour la blagounette et tirer des coups de feu dans le Space Moutain ! Elle est où la sécurité hein ? C’est vraiment du n’importe quoi !

Ceci étant, malgré l’épreuve du froid et la contrariété, nous avons finalement passé un excellent moment. OK, j’ai mis mon épée en plastique dans l’œil du pirate avec qui je simulais un combat exalté. Il a eu l’air de souffrir un peu, alors je lui ai fait un bisou qui envole les bobos. Je ne sais pas si cela a trop marché, faudrait que je téléphone à l’hôpital dans lequel il a été transporté. OK, j’ai aussi été exclue de la Maison Hantée pour avoir fait des « Bouh » très fort dans l’oreille de visiteurs hollandais peu enclins à la grosse marrade. OK, j’ai également hurlé au scandale à cause du prix d’un sandwich dégueulasse en menaçant le cow-boy qui servait de lui mettre le service de l’hygiène sur le dos s’il ne me faisait pas une ristourne. On m’a alors gentiment prié de me passer de déjeuner et de me taire sous peine d’être bannie à vie de Disneyland. Mais pour le reste, tout fut parfait.

Et puis, à la fin de la journée, alors que nous étions tous harassés de fatigue, les doigts pleins d’engelures et des stalactites de glace sur la pointe de nos cheveux, mon beau-frère me murmura à l’oreille: « je suppose qu’un peu de rhum nous aurait réchauffé… ».

Je n’ai rien dit.

(c) mistergolightly sur be.com

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