Un samedi soir sur la terre

Party Girl

Chers lecteurs,

Vous avez été nombreux à m’écrire pour que BritBrit Chérie raconte plus de choses sur son quotidien, son ressenti de la vie, ses relations avec autrui.

Afin de vous satisfaire pleinement, j’ai donc transmis votre message à votre auteure en lui demandant de vous raconter un épisode important de sa vie qui pourrait par exemple vous aider non seulement à mieux la comprendre, mais aussi à tirer des leçons de son expérience.

Vous trouverez ci-dessous le résultat pour le moins… original, dont je n’ai ni compris les tenants et les aboutissants, en plus d’un style pour le moins décousu.Ce n’est certainement pas ce à quoi vous vous attendiez. Moi non plus.

Bien évidemment, nous en avons beaucoup discuté ensemble et elle m’a dit  :

  1. Vouloir renouer avec le style narratif qui a fait les beaux jours de ses dissertations en 5 ème.
  2. Que pour les gens qui savent lire entre les lignes, il y avait beaucoup plus de choses à apprendre que dans l’Ancien et le Nouveau Testament réunis.
  3. Que si je n’étais pas contente, je n’avais qu’à trouver une blogueuse sous anxiolytique qui ne serait pas trop regardante sur la teneur du contrat et les commissions prélevées par la maison d’édition.

Vous avez le droit de douter de ses arguments ; moi-même, je ne suis pas totalement convaincue. Mais, faute d’autre chose, nous allons faire avec.

Toutefois, s’il y a parmi vous des psychiatres, analystes jungiens, lecteurs de Psychologie Magazine, vous aurez peut-être une lecture différente de la mienne à cet article et trouverez, pourquoi pas, des indices sur la perception de la vie par BritBrit Chérie. Par avance, merci de bien vouloir me transmettre vos conclusions.

Je vous souhaite autant que faire se peut une bonne lecture. Soyez forts et surtout, croisons les doigts pour que ceci ne soit qu’un passage à vide.

Bien cordialement,

Océane Morand,
Editrice de blogueuses psychologiquement instables mais gentilles quand même.

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Samedi soir, je suis allée dans un bar branché de la Côte Sud-Ouest avec quelques amis. Ce bar est un de ces endroits peu éclairés, débordant d’alcool et de jeunes fortunés grâce à un héritage familial ou une start-up financée par papa – ce qui revient au même -, et où l’on ne peut se permettre de se saouler. Attention, il y a tout de même une nuance : on a le droit de boire, mais pas de nager la brasse sur le sol. Il faut juste le savoir et accepter la règle.

Alors que je consolais une amie qui avait un gros problème capillaire – sa coiffeuse venait de lui couper sa longue mèche de devant une sorte de hérisson explosé -, je remarquais une fille qui me regardait avec insistance. Quand quelqu’un m’observe de telle façon, j’ai souvent tendance à croire que la personne sait qui je suis. La réflexion qui me vient immédiatement après est que cette première remarque est tout à fait stupide car personne ne sait qui je suis. Ma troisième pensée est que je dois avoir un trou dans mon collant, ma culotte sur mon jean (déjà arrivé !) ou un truc dans le genre. Ma quatrième réflexion est que la précédente était vraiment idiote car moi aussi il m’arrive de regarder les gens avec appui et que depuis je fais super gaffe à l’ordre d’enfilage de mes vêtements. Ma cinquième pensée fut d’oublier tout ce que j’avais réfléchi précédemment parce que le barman m’apportait enfin mon verre de rhum.

Bref. La fille s’est approchée de moi et il s’est avéré qu’elle m’avait reconnue. C’était très flatteur, surtout auprès de mes amis qui me voient plus souvent comme un pochon de Pina Colada et non comme une célébrité.

Du coup, nous avons parlé de choses et d’autres comme de ce blog (qu’elle trouvait bien entendu fabuleux), du hérisson sur la tête de ma copine (moralité : c’est horreur mais on n’en meurt pas), de la manière dont j’ai forcé mon père à voter autre chose que Sarkozy (menace de tomber enceinte d’un mélenchonniste),… Sur cette dernière « petite histoire », c’est là où je me dis que je devrais arrêter de raconter des choses de ma vie à des étrangers qui ne pourraient pas comprendre mon mode de communication avec mes parents essentiellement basé sur le chantage, la menace et l’apitoiement.

Nous avons tous fini dans la boîte attenante au bar située dans une cave où j’ai terminé la soirée en imitant Shakira dans sa cage. On est bien d’accord que Shakira, c’est pas Laure Manaudou donc que c’était tout à fait permis, rapport à ce que j’ai décrit au paragraphe 1 de ce récit au sujet de la brasse.

Et puis, il a fallu rentrer. Malgré le fait que je voyais beaucoup de choses à l’envers (?), j’ai eu la lucidité de ne pas prendre ma voiture. En fait, j’ai une phobie qui m’empêche de prendre le volant quand je suis imbibée : j’ai la hantise de finir mutilée. Le désormais notoire « Pas de bras, pas de chocolat » me donne plus envie de pleurer que de rire. Sans compter le fait que j’aime bien le chocolat et que la privation éventuelle liée à une perte de bras rajoute du stress à mon angoisse initiale.

Après avoir longtemps réfléchi sur la possibilité de passer la nuit sur le capot d’une voiture, j’ai accepté, compte-tenu des épisodes neigeux, de me faire raccompagner par une personne inconnue en scooter après lui avoir fait promettre que je ne perdrais aucun membre de mon corps. Il m’a rassuré et j’ai accepté de grimper sur l’engin.

13 heures plus tard, je me suis réveillée dans mon lit avec encore une chaussette au pied et entortillée dans le pull dont je n’avais seulement réussi qu’à enlever une manche. Ma grande joie a été de m’apercevoir que j’avais bien mes bras et mes jambes en état de fonctionnement et que ma tête, si elle n’était pas tout à fait en état de service, ne présentait a priori aucune séquelle de choc traumatique. La solution au bonheur ne dépend donc que de son intégralité corporelle et ça peu de monde le sait. Maintenant, vous savez aussi !

Conclusion de cette histoire :

  1. Je suis une célébrité.
  2. Certains inconnus savent conduire des scooters.
  3. Mieux vaut avoir du chocolat que pas de bras.

(c) photo : « party girl » by ellewoods2007 on Flickr

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