Le syndrome du « no life »

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Depuis quelques temps, je n’ai absolument aucune idée de ce que je fais de ma vie.
Je pousserai même un peu plus loin la réflexion en me demandant si j’ai vraiment une vie.

Mes activités principales dans une journée sont :

  1. Twitter
  2. Vérifier mon score d’influence Klout
  3. Twitter mon score Klout.

J’ai peur de souffrir du syndrôme du « No life ».
No life, bien sûr que vous en avez entendu parler. C’est un vieux marronnier qui revient année après année, supplantant « hispter » et « swag » au panthéon des expressions à la con, depuis que la Super Nintendo et Lara Croft ont provoqué les premières « émotions » nocturnes chez les adolescents mâles qui n’ont alors eu de cesse de consacrer l’essentiel de leur journée à Tomb Raider en tuant des méchants dans la peau d’une pétasse en débardeur moulant.

Je me suis donc penchée sur la définition du « No lifer » en vue de poser un diagnostic sur mon propre cas. Ainsi, il apparaît que le No lifer est une personne qui ne valorise pas son temps de vie puisqu’elle le dépense en perte de temps comme traîner sa misère sur les réseaux sociaux par exemple. Etant donné que je traîne aussi ma misère dans les bars, je me suis dit que non, je n’étais pas une no lifeuse. Soulagement. Par contre, vous, vous pourriez être dans cet état de perdition.

Après enquête sur le sujet selon la méthodologie Bernard de la Villardière associée à la recherche scientifique Doctissimo, j’ai pu établir une liste de signes qui pourraient vous classer dans la catégorie « Personne entièrement dévouée à quelque chose de parfaitement inutile (encodage informatique, mise à jour de statut Facebook, caresseur de chats,…) qui du coup n’a pas de vie ».

  1. Les seules fois où vous ouvrez la bouche, c’est pour engager un FaceTime, parler à votre chat, manger ou engueuler David Pujadas à travers le poste de télévision – « Espèce d’animateur de Mammouth* ! ».
    (* ancêtre des hypermarché Géant Casino pour mes très jeunes lecteurs).
  1. Vous passez l’essentiel de vos journées entre le lit, le frigo et le canapé tout en prenant soin de faire suivre votre tablette/votre iPhone/votre ordinateur, au cas où un événement majeur ne se produise pendant la minute où vous faites chauffer votre bol de Cherrios.
  1. Quand quelqu’un vous demande « Tu te souviens quand… », vous lancez automatiquement une recherche dans votre historique Facebook.
  1. Votre dernier rencard s’est passé sur ChatRoulette. Vous avez ainsi pu valider la compatibilité amoureuse de votre profil avec trois bistouquettes et un masque de DarkVador porté par ce qui semblait être un chien (l’animal, pas l’homme qui halète très fort et très vite).
  1. Vos relations sociales se limitent essentiellement à côtoyer votre animal de compagnie. D’ailleurs, vous commencez à lui prêter des comportements humains ; vous pensez par exemple qu’il veut vous faire l’amour, vous tuer, vous manger,… Ce qui est bien sûr complètement ridicule de la part d’un poisson rouge, même si vous l’avez prénommé Rocco Luka Magnotta (le dépeceur de Montréal).
  2. Pour vous, un bon week-end est un week-end où (choix multiple autorisé) :
    1. Vous avez développé une nouvelle application pour smartphone en 44,5 heures top chrono,
    2. Vous avez obtenu une mega coupe dans Angry Birds,
    3. Vous avez twitté avec @LANDEYves ou @guybirenbaum.
  1. Votre ordinateur mange comme vous. On peut d’ailleurs retrouver des traces de votre soirée « Petit salé aux lentilles / bière » d’il y a 8 mois sans recourir à la datation au carbone 14.
  1. Vous êtes particulièrement empreint de jalousie et de haine quand vous voyez des Instagram de vos connaissances en train de faire la fête ou de passer des vacances de rêve même si vous savez dans votre for intérieur que tout cela n’est que mise en scène.
  1. D’ailleurs, pour vous venger, vous faites également des photos Instagram de vous en train de faire grave la fiesta que vous partagez sur tous vos profils sociaux. Le truc, c’est qu’en réalité, vous étiez tout seul dans l’appart devant un poster géant d’une plage de l’Ile Maurice. Pathétique, vous avez dit pathétique ?
  1.  Le nom de vos amis commencent tous par @quelque chose.
  1. Vos organes reproducteurs sont en mode « La page que vous avez demandé n’existe pas ». Retenez juste que tant qu’ils ne sont pas en mode « Fatal error », tout est permis.

Comme le dirait un célèbre Guignol, il est maintenant tant de reprendre une vie normale et d’éteindre votre ordinateur/votre tablette/votre iPhone jusqu’à la publication de mon prochain billet. #EnjoyLife

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