Au secours, je passe Noël en famille !

Ce qui est rassurant avec votre famille, c’est que quels que soient les éléments qui changent dans votre vie, elle est toujours la même avec ses petits travers, ses mêmes tracas, ses mêmes habitudes. C’est certainement pour cette raison que le repas familial de Noël semble toujours suivre le même script, sachant que dans votre famille, on a en plus le sens du mélodrame.

Votre grand-père fera toujours les mêmes remarques racistes qui ne choquent plus personne.
Votre mère et sa sœur vont se disputer pour savoir laquelle des deux aura fait la meilleure bûche ; au début cela part sur le ton de la rigolade, mais cela se termine toujours avec une des deux qui pleure.
Votre oncle Georges va uriner sur la crèche en psalmodiant la même phrase ; « Il est né le divin enfant, baptisons-le » ce qui est déclenche presque à chaque fois le pacemaker de votre grand-mère.
Votre cousin gay va proposer une animation jacuzzi nu et sera suivi par Pamela n°23, la nouvelle copine de votre frère. Je dis « n°23 » car bien sûr, si la Pamela change tous les ans, sa taille de bonnet et son niveau scolaire et d’éducation évoluent peu.
Pour finir, votre père finira endormi sur le canapé en ronflant bruyamment devant une rediffusion de la septième compagnie.

Le profil étant à peu près dressé subsiste la question : comment survivre une année encore à un Noël en famille ?

Voici quelques idées à suivre pour que ce Noël 2012 ne rime – pas trop – avec calvaire…

  1. Si vous ne devez suivre qu’une seule règle, c’est celle-ci : n’organisez jamais Noël chez vous. Cela vous permettra de pouvoir arriver en retard et de partir à l’avance et donc logiquement d’être maître du temps passé avec votre famille, sans oublier le fait que la corvée des préparatifs interminables et du rangement vous sera épargnée.
  1. Prenez des notes pour écrire un livre sur votre famille. Avec un peu de chance, vous pourriez accoucher d’un best seller grâce à une seule petite journée de travail en immersion.
  1. Venez avec un ami et jetez-le en pâture à l’ensemble de votre famillequi en fera ce qu’elle voudra (bouc émissaire, tampon, serveur, père-Noël pour distribuer les cadeaux aux enfants,…). Il sera ainsi un excellent moyen de détourner l’attention jusqu’alors naturellement portée sur votre personne.
  1. Prenez également en compte que si manger et boire sont au centre de toute réunion familiale, c’est qu’il y a une bonne raison. Et la raison est que cela permet d’oublier avec qui on est, ce que l’on fait et d’où on vient. Conclusion : mangez et buvez tant que votre conscience sera encore en alerte.
  1. De ce fait, assurez-vous que votre bouche n’est ouverteque pour enfourner de la nourriture. Cela vous évitera de dire des choses que vous regretterez plus tard.Si vous devez toutefois communiquer avec les membres de votre entourage, essayez d’aborder des sujets non polémiques mais fédérateurs.Trois exemples sur lesquels vous pourrez prendre appui le jour J :
  • La TV : c’est nul, y’a rien. On se demande bien à quoi sert la redevance. Heureusement quand même qu’il y a la météo, blablabla…
  • La météo : ils sont incapables de faire de bonnes prévisions. En plus, Météo France est payée par nos impôts. Ce sont vraiment des incompétents qui ne savent même pas placer un autocollant soleil au bon endroit. Rien que moi avec mon rhumatisme de l’auriculaire gauche, je sais quand il va faire mauvais une semaine avant, blablabla…
  • L’alcool : Qui veut que j’aille chercher une autre bouteille ? Tout le monde ?! Super.

Bien évidemment, vous oublierez les sujets à controverse comme le devenir des pains au chocolat en période de jeûne musulman, le mariage pour les gens qui font l’amour « pas comme nous », le partage de l’héritage de Tatie Arlette qui aurait mieux fait de tout filer à la SPA. De toute manière cette vieille bique n’attendait que ça : que tout le monde se foute sur la gueule quand elle sera morte.

  1. Relativiser : votre situation pourrait être pire. Vous pourriez être à Roubaix pour assister à une messe en latin avant d’aller traire une chèvre. En plus, vous avez des poils de 3 semaines sur les mollets.
    Ceci est ma vision de l’horreur, mais vous êtes libres de mettre derrière le mot « pire » la situation qui vous semble absolument désespérée.
  1. Relativiser encore et adoptez une méthode de projection psychologique. Fermez les yeux et imaginez que tous les gens autour de vous sont morts dans des conditions atroces. Allez encore plus loin en ressentant le manque que cela pourrait créer dans votre vie, hors jour de Noël bien entendu. Ouvrez les yeux et savourez l’instant de les voir plein de vie. Cette méthode a cependant un effet de courte durée.
  1. Aménagez-vous des temps de décompression tout au long de la journée. Allez dans les toilettes et poussez un grand cri pour vous décharger de toutes les ondes négatives.
    NB : si on vous demande pourquoi vous avez crié, trouvez une bonne excuse qui n’implique pas les gens de votre famille (ex : test de grossesse qui ne donne pas la couleur du résultat souhaité, constipation,…)
  1. Ayez une vision réaliste de votre famille et acceptez que tout le monde n’ait pas atteint le même niveau – intellectuel, humoristique, fashion,… – que vous.
  2. N’y allez pas mais, c’est important, trouvez une bonne excuse.
  • « Je peux pas venir, je passe Noël avec Jean-Charles dans un bar. Il a perdu toute sa famille il y a 3 ans et depuis, il ne veut plus en croiser une surtout à Noël. Alors, je reste auprès de lui. »
  • « J’ai promis à une association de prisonniers de rendre visite aux détenus de la section agresseurs sexuels ».
  • « J’ai mes règles. »

Je conclurai ce post en vous disant ceci : si à Noël, la seule chose qui réunit les familles est la volonté de se dire que malgré nos différences, on peut compter les uns sur les autres, il y a autre chose qui nous rapproche tous : l’envie de chacun d’être ailleurs en ce jour précis.

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