J’ai survécu à la fin du monde. Je fais quoi maintenant ?

Il est toujours étonnant de voir comment les gens sont obsédés par la fin du monde. Serait-ce le traumatisme provoqué par le discours d’un témoin de Jéhovah promettant une apocalypse démentielle, ou bien parce que l’on a l’impression de ne pas avoir eu le temps d’accomplir ce pour quoi nous sommes sur Terre? Avons-nous peur de la souffrance que pourrait provoquer une explosion finale, ou a-t-on juste besoin de se prédire un sombre avenir pour mieux apprécier la routine quotidienne ? À travers cette hantise de la fin du monde, n’est-ce pas la vision de notre propre mort qui nous dévore ?

Finalement, toutes ces questions pseudo psycho-philosophiques, on s’en contrebalance puisque le sujet qui nous préoccupe aujourd’hui est de savoir quoi faire une fois la catastrophe survenue et que l’on fait partie des très rares miraculés, pour ne dire l’unique.

Le fatidique 21 décembre 2012 des Mayas approchant à grands pas, je vous conseille d’ores et déjà de prendre bonnes notes des conseils ci-dessous voire d’imprimer ce petit « guide » et de veiller à le conserver sur vous jour et nuit. En effet, il est peu probable qu’une fois l’explosion passée vous ayez une connexion Internet fonctionnelle pour le consulter et je crains que le service clients Free – qui déjà n’est pas super performant – ne puisse pas faire grand-chose pour vous à ce moment-là.

1. Avant l’apocalypse…

On s’engraisse. Pensez qu’il y a de fortes chances pour que vous ne puissiez pas vous nourrir immédiatement après la catastrophe et qu’il vous faudra peut-être passer quelques heures sans manger. Stocker des réserves dans les fesses et dans les cuisses me semble donc être la solution la plus appropriée pour passer le cap du « Mon Dieu, qu’est-ce que je vais manger, j’ai pas eu le temps de faire les courses avant que cette météorite ne tue l’humanité et il ne me reste même pas une boîte de cassoulet ». Pour une fois, vous direz merci à votre gras naturel.

Ceci étant fait, nous pouvons passer aux étapes de survie après la catastrophe.

2.Vérifiez la « respirabilité » de l’air

Une des première chose à faire une fois que l’on se redresse plus ou moins péniblement après le choc, est de pouvoir faire un état des lieux de la catastrophe, ce qui en d’autres termes signifie « aller à l’extérieur voir ce qui s’y passe ».

Attention cependant, les poussières provoquées par l’effondrement des bâtiments et les émanations chimiques ou nucléaires peuvent gravement nuire à votre santé.

Je vous conseille donc de vous munir d’un masque à gaz. Si vous n’en avez pas sur vous (trop cher, trop encombrant à trimballer au quotidien, pas chic), prenez un sac à vomi. Pour ma part, au regard de mes activités nocturnes, j’en ai toujours un sur moi et je peux vous dire qu’il m’a déjà sauvée de bien des situations. Notez-le : le sac à vomi est l’avenir de l’Homme… et de son intégrité.

3. Nourrissez-vous !

En période de fin du monde, une cellulite fond plus vite qu’en période de régime Dukan. Elle ne vous permettra donc pas de vous maintenir en vie bien longtemps.
La solution est donc d’aller piller vos rayons préférés au Super U du coin.

Petit conseil qui a son importance: armez-vous. Il est fort probable que vous ne soyez pas la seule dans le magasin, et face à l’unique steak Charal et une grognasse affamée, vous allez devoir prendre une décision : laisser l’onglet de bœuf vous échapper ou la tuer ! Ne faites pas votre choix maintenant, vous verrez bien sur le moment si vous avez envie ou non de viande rouge.

4. Faire le recensement de la population

Avoir survécu est une chose, mais il est probable que vous ne soyez pas le (la) seul(e) et cela tomberait bien car on s’ennuie vite quand on a personne à qui raconter sa journée.

Deux cas de figure après avoir fait le tour du voisinage :

  • Vous êtes l’unique rescapée, faites ami-ami avec un animal (méthode Will Smith dans « Je suis une légende ») ou avec un objet (méthode du ballon fourré de Tom Hanks dans « Seul au monde »). Si je devais me retrouver dans pareille situation, je crois que je parlerais à mes chaussures. Après chacun fait comme il veut.
  • Vous avez trouvé trace humaine, c’est super mais ATTENTION ! Posez-vous constamment les bonnes questions sur la nature de vos relations : « Puis-je faire totalement confiance à mes nouveaux amis ? », « Cherchent-t-ils à me manger ? », « Est-ce que cet ami est suffisamment dodu pour faire un bon repas ? ».
    Je sais que toutes ces questions tournent uniquement autour de l’alimentation, mais quand on a rien faire, la seule chose à laquelle on aspire en général est de manger. Fin du monde ou pas, sur ce point, vos habitudes ne risquent guère de changer.

5. Tuer le temps

Je ne voudrais pas mettre à bas votre optimisme d’être encore en vie, mais a priori vous allez vous ennuyer sévère dans ce monde qui n’est plus que ruines, où Twitter est en rade et les matchs de la Ligue des Champions annulés.
Je n’ai pas grand-chose à vous conseiller sur ce point, car cela dépend beaucoup de ce que vous aimez habituellement faire dans la vie (chifumi, tuning, Confessions Intimes…).

Il m’est cependant d’avis qu’un bon livre pourra toujours vous aider à passer le temps en plus de vous apporter un moment d’évasion et de culture. Pour préserver votre stabilité psychologique, évitez quand même :

  • J’élève un enfant par Laurence Pernoud
  • N’importe quel livre de PPDA
  • N’importe quel livre de Paul-Loup Sulitzer
  • Le bal des hypocrites de Tristane Banon, dernière daube lue en date en ce qui me concerne.

6. Reconstruire le monde

Avoir une belle maison, des restaurants de plage, des magasins de vêtements et de jeux vidéo,… ne se font pas tout seuls ou avec le peu d’humains restant surtout si la plupart sont informaticiens ou agents d’assurance. Il va donc vous falloir de la main d’œuvre ! Ainsi, une de vos priorités sera la multiplication de votre espèce.

Notez que cette phase explicative ne s’applique qu’aux femmes car jusqu’à preuve du contraire, il est impossible pour un homme de bâtir une humanité dans son ventre.

Là encore, deux possibilités selon la situation dans laquelle vous vous trouverez :

  • Vous n’êtes pas la seule survivante. Prenez le moins moche de vos congénères non stériles, et faites-vous engrosser par les voies naturelles tout simplement. Ce n’est pas le moment de tenter de nouvelles méthodes de procréation de toute manière vouées à l’échec.
  • Vous êtes seule au monde. Courez à la première banque du sperme qui se trouve sur votre chemin et procédez à une insémination manuelle.

Au bout de 5 à 6 années d’élevage, votre descendance devrait pouvoir commencer à poser les premiers moellons. Dans le cas contraire, abattez les fainéants et les incapables. Non seulement cela fera toujours ça de moins à nourrir, mais en plus vous pourrez les confire. On n’a jamais suffisamment de provisions quand on ne sait de quoi l’avenir sera fait.

Voilà. Je ne sais pas vous, mais moi, toute cette histoire de fin du monde m’a creusé le ventre. A ce propos, et pour me remercier de vous avoir prodigué ses quelques conseils de survie, je vous serai gré de bien vouloir m’envoyer quelques colis alimentaires composés exclusivement de foie gras, de Nutella, de chips et de Coca. Faut savoir s’engraisser correctement pour bien subsister.

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