Les 5 phases comportementales quand on a trop bu

Ce week-end, j’avais pris une grande décision : sortir et ne pas boire. En effet, suite aux doutes émis par nombre de mes lecteurs sur mes capacités à rester sobre, je voulais écrire un billet dans lequel j’aurais décrit tous les avantages du cocktail sans alcool et de l’abstinence alcoolique. Sauf que je n’ai pas trouvé l’inspiration sur ce thème. Allez savoir pourquoi il y a des sujets qui m’animent plus que d’autres et celui-ci n’en fait a priori pas partie.

Heureusement, cette expérience m’a permise de pouvoir analyser le comportement des personnes en état d’ébriété. En bon docteur que je suis, j’ai donc pu définir 5 étapes-clés à laquelle personne n’échappe après quelques verres.

  1. Paroles, paroles, paroles…

C’est incroyable comment après quelques verres, vous avez envie de parler. A tout le monde. Sans distinctions de race, de couleur, de sexe. Mais c’est certainement sur votre capacité à faire abstraction du genre que vous vous retrouvez à parler à n’importe qui (un agent d’assurance, un dealer,…) voire n’importe quoi (une bouteille, un lavabo,…).

Bien que votre mère vous ait toujours recommandé de ne pas parler aux inconnus, sachez toutefois que les risques encourus à ce stade sont minimes. En général, ils se limitent à parler à des cons ou à ne pas trouver l’oreille attentive tant désirée. Mais peut-on demander à un poteau de nous comprendre en toute intelligence ? De plus, pour avoir expérimenté l’affaire, sachez que les poissons n’entendent rien à travers les vitres de leur aquarium mais que vous pouvez leur parler en langue des signes. Ils vous voient.

  1. La transformation en machine à danser (la machine à danser, la machine à rouler, la machine à zouker-zouker)

Peu importe le DJ pourvu que vous ayez l’ivresse. Peu importe également la chanson puisqu’à un certain degré d’alcoolémie, et dès les premières notes de la daube dance du moment, vous allez vous mettre à hurler comme un chien que l’on piétine « Hiiiiiiiii !!!! C’est ma chansooooooon… Shogun toniiiight ! ».
C’est en général lors de cette phase que vous mettez votre verre sur la tête, que vous tortillez du derrière d’avant en arrière avant de vous mettre à quatre pattes au milieu du dancefloor pour imiter Queen B. dans « crazy in love ».  Peine perdue, on dirait votre tante Monique qui fait la lambada et dont le seul titre de gloire fut Miss Quetsch en 1954, élue à Willer sur Thur.
Cette histoire se termine souvent avec une culotte qui voltige et, pour ces messieurs, avec le derrière à l’air dans une spéciale dédicace à leur mère. Triste étape…

  1. The eye of the tiger

Malgré une perte énorme d’énergie sur la piste de danse, la vodka-RedBull vous permet de croire encore en l’état de vos forces et réveille votre instinct combattif.

Ainsi, le moindre mot, la moindre phrase prononcés par la première fille venue…
« Pardon, vous pouvez vous pousser que je puisse passer, s’il vous plaît ? »

…est vécu comme une attaque personnelle :
« QUOI ?!! TU M’AS TRAITÉE DE GROSSE, SALOPE ?! »
(Oui, vous hurlez, parce qu’en plus d’être particulièrement conne à ce moment précis, vous êtes également sourde.)

Et c’est parti pour un combat à la loyale. En jeu, votre honneur, celui de vos ancêtres et de vos animaux de compagnie morts. Et croyez-le, vous êtes prête à les défendre jusqu’au bout même si cela en coûte à vos ajouts capillaires.

  1. Besoin d’amour (des bisous, des câlins, j’en veux tous les jouuurhouhouhour)

Après la bataille vient le moment du réconfort, et avez-vous remarqué comment les inconnus sont à ce stade tous relativement attractifs ? Vous voilà donc en train de vous frotter à tout le monde et d’embrasser vos amis sur la bouche. Votre seule mission du moment est de vous faire des sex friends immédiatement même si cela doit finir sur le parking de la boîte ou entre deux portes. En général, le rapport est plus ou moins incohérent dans sa structure comme dans sa forme, mais c’est égal : demain vous ne vous rappellerez rien, Dieu merci.

Note Bene : pensez à protéger les orifices que vous ne souhaitez pas exploiter en temps normal. Même si ce que vous faites ressemble à n’importe quoi, vous en retirerez un semblant de dignité.

  1. Rain and tears

Fin de soirée. Vous ressentez les choses avec tellement d’émotion qu’il y a comme un problème avec vos canaux lacrimaux qui s’engorgent pour un rien.
« Oh mon dieu, tu es trop belle Charlène ! Ca me donne trop envie de pleurer de voir toute la beauté du monde dans tes lobes d’oreille. »
« Oh mon dieu j’adore Rihanna. Sa voix me transperce les tympans pour arriver à mon cœur. C’est tellement magnifique ! ».

Sur le fauteuil du bar, vous vous balancez alors d’avant en arrière tout en fermant les yeux afin de ressentir par tous les pores cette extase ultime. C’est génial… Vous buvez un verre pour goûter cet état de grâce tandis que de chaudes larmes coulent le long de vos joues.

Vous remarquerez qu’afin d’orienter ce post sur des notes optimistes, je me suis arrêtée sur le cas « larmes de joie » car il existe également la version « Vous me détestez tous ! », « Le monde est moche, pourquoiiiii ? », « Mes parents ont toujours préféré dormir ensemble plutôt qu’avec moi. Ils me haient ! ».

La nuit se termine. Vous n’êtes plus qu’un être vacillant aux yeux rougis. Vous avez perdu votre veste, plus d’argent en poche, vous sentez tout le poids du monde sur vos épaules et complètement démunie. Il est temps de plier bagage pour aller vous coucher dans votre lit, les chaussettes encore aux pieds.

Ne vous jugez pas trop durement car nous sommes tous passés par là et rien ne nous dit que l’on ne recommencera pas.

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