Où il est question de robe miniature, d’explosion et de garagiste

Hier, j’avais un rendez-vous très important. Hier était donc un de ces jours où l’on a besoin d’être fort psychologiquement et physiquement.

C’est donc par la magie du fer à friser et d’un eye-liner que j’ai travaillé dans ce sens. Ma tenue ? Ne me demandez pas. Disons juste qu’il y avait une robe courte en cause. Disons aussi que j’avais appliqué sur mes jambes un autobronzant très cher. Et concluons sur le fait que grâce à tout cela, je paradais dans les rues comme un mannequin miniature de chez Victoria’s Secret.

Une fois prête, je pris la direction de ma concession Mini Cooper. Pour tout vous dire, j’avais reçu une lettre par la Poste me signalant qu’il y avait un défaut de construction sur le modèle de Mini que j’avais acheté, défaut qui pouvait provoquer l’enflammement ou l’explosion du moteur même si celui-ci n’est pas en fonctionnement. Sympa comme perspective…

Pour la petite histoire dans l’histoire, sachez qu’il m’a fallu attendre trois semaines avant de réussir à obtenir un rendez-vous. TROIS PUTAIN DE LONGUES SEMAINES !

– Comprenez Madame que vous n’êtes pas la seule à avoir reçu cet avis et que nos plannings sont bookés, m’a dit la réceptionniste au téléphone.

Ce que j’aurais aimé lui répondre :

– Pas de problème, je vais attendre. J’aime beaucoup l’idée d’être une fille dangereuse et de conduire une bombe à retardement à travers les rues de Malibu. Ca fait très Al-Qaïda !

Ce que j’ai répondu :

– Ah… Ben d’accord.

Je suis lâche parfois.

Donc, me voilà au garage. C’est un monde d’hommes là-dedans ! Les mécanos ont de la graisse sur le visage, du noir sous les ongles et leur transpiration sent la bière. Consciemment, je savais que paraître devant eux avec ma robe courte proche du scandale et mon eye-liner allait être beaucoup pour eux.

J’ai fait une entrée fabuleuse dans le hall – je vous ai dit que je portais des chaussures à talon ? Très flatteurs pour le mollet ces talons – et j’ai attendu un petit moment quand soudain… OH MON DIEU ! un Apollon en bleu de travail d’environ 25 ans me fit signe d’approcher.

– Bonjour, j’ai un rendez-vous au nom de Chérie. Britanny Chérie.

– Donnez-moi votre clé.

Il numérisa ma clé pour obtenir les informations relatives à mon véhicule (ils sont super futuristes chez Mini Cooper !)

– Votre date de naissance ?

– 1er septembre.

– Et l’année ?

J’ai plissé les yeux style « Vous me faites une blague là ? ». Mais non, ce n’en était pas une.

– J’ai 29 ans. Année… (je soustrait 29 à 2012 dans ma tête, ce n’est pas très simple dans ce contexte.) Année… (2012 – 30 = 1900…. 1980… 1981… 1982. 1982+1 = 1983). Année 1983 !

– Vous êtes sûre ?

– Heu… oui.

– Ah.

Quoi « ah » ? Ca veut dire quoi ce « ah » ?
Ce garagiste n’était manifestement pas au courant que lors d’une soirée deux jours plus tôt, un directeur de casting m’avait dit que je pouvais facilement faire croire que j’avais 26 ans voire 23 si l’interlocuteur n’était pas très observateur. Il était clairement évident que ce type cherchait à me blesser sur ce point.

– Ma voiture sera prête quand ?

– Dans 3 jours.

– Vous avez une voiture de prêt s’il vous plaît ?

– Non. Marchez, ça entretient la jeunesse.

Fuck le garagiste !

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