Etes-vous un serial killer, jeune homme ?

Finalement, au lycée, il était assez facile de sortir avec un garçon parce qu’il y a toujours quelqu’un pour vous avertir des faits d’arme de votre cible amoureuse. Même s’il était dans une autre école, il vous suffisait de passer quelques coups de fil pour tout savoir sur lui : « Oh, Justin… L’an dernier, il a été chopé en train de sniffer de la colle dans le local à vélo et on dit que sa mère a couché avec le dirlo ».

Résultat : vous n’avez jamais approché Justin car non seulement, vous n’aimiez pas faire du vélo et vous vous demandiez quelle espèce de traînée pouvait être sa mère pour pouvoir faire l’amour avec le « Principal Graillon » (surnom attribué en raison de son odeur corporelle relativement proche du calamar frit).

Ensuite, vous grandissez, faites des études et vous retrouvez dans une société où l’assistant du DRH vous a plutôt tapé dans l’œil. Pour mieux le connaître, c’est le même topo de base : il suffit de demander à Jennifer, la commerciale à la langue bien pendue.

« Oh Karim… Tu ne vas pas le croire, mais sa copine a rompu leurs fiançailles à moins de quinze jours du mariage. Du coup, il a essayé de la rendre jalouse avec une autre fille de la boîte. Ca n’a pas marché, mais il n’empêche qu’il continue de draguer tout ce qui bouge. Et quand on sait qu’il fréquente des lieux à mycoses, je veux pas dire mais … »
OK OK. Merci du tuyau. Je comprends qu’il faut ne surtout pas approcher Karim qui est un être absolument désespéré et dont les deux objectifs majeurs sont 1/ Reconquérir son ex 2/ Baiser.

Et puis, il y a de ces rencontres où vous vous retrouvez un peu comme Sissi, face à votre destin.

Vous êtes tranquillement installée à un bar quand vous le voyez. Vous rangez vos cheveux derrière les oreilles dans un geste sensuel, remettez un peu votre robe en place et jetez des petits coups d’œil dans sa direction. Il vous voit et sourit. Tout va bien. A ce stade de la rencontre, il apparaît plusieurs avantages à un rapprochement copulatif :

  • Il a l’air normal
  • Il est grand = idéal pour attraper les trucs haut perchés dans les supermarchés.
  • Il a des bras musclés = parfait pour porter un bébé !
  • Il a un tee-shirt propre = sait se servir d’une machine à laver et ne semble donc pas complètement débile.

Il ne vous manque plus qu’à connaître son nom de famille pour savoir s’il s’accordera bien avec votre prénom et le cas échéant entamez le reste des réjouissances.

Sauf que, de cet homme, vous ignorez tout car, à moins qu’il ne présente de sérieuses lacunes intellectuelles, il ne vous dira jamais :

  • Que ses pseudos sur les sites de rencontre sont lover44 et BamakoBamboo,
  • Qu’il mange du fromage au lit,
  • Que sa vie est pour moitié entièrement consacrée à l’actualisation de son profil Facebook,
  • Que sa vie est, pour l’autre moitié, entièrement dédiée à sa mère,
  • Qu’il possède la plus grande collection d’Europe de posters de Samantha Fox,
  • Qu’il a déjà tué des bébés chats,
  • Qu’il a dans son répertoire une fille surnommée « Bitch » (?)

Vous saurez toutes ces choses-là plus tard. Bien plus tard. Pas trop tard, style vous l’avez épousé, mais trop tard genre quand vous aurez été vu ensemble en public et que vous l’aurez présenté à toute votre famille comme étant un sérieux prétendant à la fécondation de votre utérus.

Tout cela pour dire que dans ces moments-là, vous ne pouvez absolument pas croire en votre instinct aveuglé par la voix chaleureuse de l’homme et sa volonté expresse à payer l’addition avec sa carte Gold alors que si cela se trouve, vous finirez sur la table d’un médecin légiste avant la fin de soirée.

Pour ma part, dans ce genre de situations, j’utilise deux techniques : Google et les sites de référencement des prédateurs sexuels. Et si je ne trouve rien de concret ou d’accablant, je suis alors ma devise secrète en matière de relations amoureuses : ne jamais présumer du pire.

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