Cher ado…

[Crise d’adolescence (expr. commune, fem., pléonasme) : Période d’ingratitude intense survenant entre l’âge enfant et l’âge adulte de l’humain. Pendant cette phase transitoire, le jeune est un parfait idiot qui, en plus de présenter des troubles excessifs du comportement (crise de nerfs, sautes d’humeur, négation systématique…), croit tout connaître de la vie, veut dépasser les interdits et poursuit plutôt avec succès un seul objectif : emmerder ses parents.

C’est également lors de cette étape de la vie que de nombreux changements physiques interviennent transformant ainsi l’enfant charmant en jeune infâme et dont les principales caractéristiques sont les boutons de pus, des poils ridicules au-dessus de la lèvre supérieure pour les garçons, apparition d’œufs au plat au niveau de la poitrine pour les filles, problèmes d’entretien hygiénique…]

Après avoir aidé de nombreuses célibataires, essayé d’améliorer par de précieux conseils le comportement masculin, aujourd’hui, j’ai décidé de mettre à profit ma détestation pour les enfants pour venir au secours de familles en détresse qui doivent faire face à la crise d’adolescence de leur descendance.

La véritable solution pour y parvenir est de savoir renouer le dialogue avec votre adolescent(e), qu’il puisse trouver en vous des réponses à toutes ses interrogations existentielles tournées essentiellement vers la quête d’identité, l’indépendance, l’amour et la mort. Cependant, il n’est pas toujours facile de trouver les bons mots. Qu’à cela ne tienne, voici un petit guide pratique à remettre entre les mains de tout parent démuni.

J’ai pas demandé à naître…

  • Mais nous non plus !
  • On voulait une fille… Tu fus pour nous aussi une véritable déception.
  • Je t’ai déjà raconté qu’en fait tu es un accident.

A 18 ans, je me barre !

  • N’attendons pas. Voici notre accord d’émancipation.
  • Youpi !
  • Vivement !
  • Tu rangeras ta chambre avant de partir.

Je veux mourir.

  • Du coup, ça t’ennuiera pas qu’on pioche dans ton compte épargne pour payer les frais d’obsèque ?
  • C’est gentil ça de te proposer comme donneur d’organes pour ton grand-père.
  • Pas de souci, mais tu fais ça proprement. Je viens de passer deux heures à faire le ménage.
  • Tu peux attendre qu’on ait fini la partie de Scrabble avec ton père ?

De toute façon, vous préférez mon frère/ma sœur/ le chien.

  • C’est vrai.
  • C’est sûr qu’avec ton père, on n’a jamais été de bons comédiens.
  • Bien sûr que non ! On vous déteste tous les deux.

Je vous présente ma copine, Marie-Vanessa.

  • Encore une avec un prénom à la con.
  • Ma femme vous trouve très bonne gentille (inspiration « Tanguy » quote)
  • On avait dit pas de pute à la maison !

Votre maison, elle est moche. Vos meubles, ils sont moches. Votre caisse, elle est moche. Vos fringues, elles sont moches…

  • … Et notre fils, il est moche. Va te cacher vilain !
  • On ne voulait pas que tu te sentes dévalorisé et seul au monde. Pardon.
  • Avec toi, ça fait un fatal combo !

Tu peux me filer des sous ?

  • Crève !
  • Tu peux (liste non exhaustive, choix multiples autorisés) passer la tondeuse, faire la vaisselle, ranger ton linge, apprendre à faire tourner une machine à laver, avoir la moyenne,…
  • Va dealer. Ca ira plus vite et ça rapporte mieux.

Je vous déteste.

  • C’est réciproque.
  • Quel dommage ! Nous qui t’aimons fort, on t’avait acheté un billet pour Miami… Tant pis, on le donnera à ta sœur.
  • Encore heureux, avec tout le mal que l’on se donne pour arriver à ce résultat !

Moi, je veux être utile à la société. Pas comme vous !

  • C’est sûr que te mettre au monde n’est pas la meilleure chose que l’on ait faite pour aider l’humanité.
  • C’est normal, on n’aime pas les autres et toi en premier lieu.
  • Tu as raison. Tu permets qu’on vide ton livret A pour le filer aux petits lépreux ?

Mais pourquoi tu as repassé mon jean ?

  • Je sais pas, je m’ennuyais…
  • Pour te faire chier mon chéri.
  • A défaut de te mettre le fer sur la gueule, j’ai préféré passé mes nerfs sur ton pantalon.

Pourquoi vous m’avez fait si moche ?

  • Mais tu n’es pas moche, tu n’as pas un physique facile . (« Le père-Noël est une ordure » quote)
  • On est pour la parité physique dans cette maison.
  • Pour te faire chier.

Vous n’avez rien à me dire, dans 2 ans je suis majeur(e).

  • Si toi aussi, tu pouvais éviter de nous parler jusqu’à ta majorité.
  • Ca tombe bien, on voulait plus te parler non plus.
  • Tu sais, la vie peut changer. Dans deux ans, tu seras peut-être en prison. Ou mort.

Bonus track si l’adolescent n’est pas le vôtre :
T’es pas ma mère/ mon père !

  • Dieu soit loué !
  • Et c’est bien ce qui m’empêche de te foutre des baffes.
  • Non, mais je suis celle qui va grignoter une bonne partie de ton héritage (sourire).

Chers parents, c’est maintenant à vous de jouer !

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