Britney Spears a des choses à t’apprendre

Depuis le temps que vous me connaissez, vous savez très bien que ce blog n’est pas à la gloire de Britney Spears même si j’en apprécie les qualités. Lesquelles je ne sais pas, mais voilà je l’aime bien, elle m’attendrit. Ceci est d’autant plus vrai qu’il m’arrive parfois la nuit de citer du Britney Spears. Ne me lis pas ces lignes avec des yeux en rond de flan, ce n’est pas la première fois que je vous fais cette confession. C’est comme ça.

Quand d’autres déclament du Rimbaud ou attendent l’heure où blanchit la campagne (« Demain, dès l’aube… » de Victor Hugo pour les incultes), moi je coache ma vie avec des chansons de Britney :

« Get on the floor, baby lose control. Just work your body and let it go »
(Me agains the Music)

qui sont à mon idée plus motivantes et moins dépressives bien que moins imagées que, par exemple :

Mais pourquoi m’avoir fait cet agneau sans laine
Et pourquoi m’avoir fait ce coeur outragé ?

(« Adieu », Paul Verlaine)

On a la culture que l’on mérite et en conséquence, j’ai dû faire des choses que l’on pourrait classer dans la catégorie « bitch » pour acquérir la mienne. Je n’y peux rien, tel est mon destin culturel.

Mais le principal est que l’on puisse retirer des enseignements, et en la matière, Britney Spears a bien des choses à nous apprendre comme savoir inviter les gens à la danse (« Come on get me on the floor / Viens avec moi sur la piste » – Till the world ends) et surtout l’amour sous toutes ses formes même si elles ne sont pas conventionnelles. Cf « 1 2.3 », ode au triolisme :

« 1.2.3., Peter, Paul & Mary. Gettin’ down with 3P. Everybody loves *** »
(trad : 1, 2, 3
, Peter, Paul & Mary. En route pour un plan à 3. Tout le monde aime)

Alors oui, cela reste un peu limité en termes de recherches thématiques, mais avouez qu’il aurait été mal venu de demander à Baudelaire d’écrire un truc style « Youpi tralala, je suis joyeux et j’ai même pas pris d’opium » alors qu’il est le symbole même du spleen sous opiacé. Mais, bien que cela soit difficile à croire, au milieu de toutes ces chansons enclines à l’amour et au « move your body », il subsiste chez Britney quelques leçons de vie pleines de sagesse.

Ce que dit Britney : On a tous des ennemis et il faut y faire front (Me Against the Music)


« I’m up against the speaker, tryin’ to take on the music. It’s like a competition, me against the beat »
(trad : Je suis debout contre le haut-parleur, essayant de m’imprégner la musique. C’est comme une compétition, moi contre le rythme)

Et Britney sait de quoi elle parle puisqu’à l’écoute de sa discographie, on ne peut pas dire que ce fut toujours l’extase musicale. J’en veux pour preuve cette daube dégoulinante de mièvreries : I’m so curious.
Cela dit, avec plus de 100 millions de disques, on se dit que Britney met quand même une sacrée raclée à son beat d’adversaire.

Ce qu’il faut en retenir : combattre ses ennemis peut s’avérer être une activité très lucrative.

Ce que dit Britney : Il faut toujours être bien équipé (Everytime)

« Everytime I try to fly, I fall without my wings. I feel so small… »
(Trad. A chaque fois j’essaye de voler, je tombe sans mes ailes. Je me sens si petite…)

Effectivement si t’as pas d’aile, tu voles pas. Britney a une belle prise de conscience aéronautique, mais elle fait une mauvaise analyse de la raison qui provoque sa chute. Aurait-elle oublié ses cours de physique, notamment le passage sur la gravité terrestre ?

Ce qu’il faut en retenir : 1. Un bon matos est indispensable pour réussir
2. Il ne faut pas chercher de pauvres excuses face à ses échecs
3. Il faut toujours bien écouter en classe, notamment son prof de physique.

Ce que dit Britney : Nous ne sommes pas nés pour rien (Born to make you happy)

« I was born to make you happy. Ever and forever you and me, that’s the way our life should be »
(trad : Je suis née pour te rendre heureux. Toujours et tout le temps toi et moi, c’est ainsi que notre vie devrait être)

Voici certainement la chanson la plus spirituelle de Miss American Dream. En l’occurrence, Britney nous dit qu’elle est née non pas pour faire sa pétasse en body et collant résille alors qu’elle est en surpoids, mais bien pour rendre quelqu’un heureux. C’est beau ! Moi, par exemple, je sais que je suis le rayon de soleil de mon entourage. Ils ne m’ont rien dit à ce sujet, mais je le ressens fortement. Enfin, je crois…

Ce qu’il faut en retenir : Nous sommes tous utiles et ça c’est un vrai message d’espoir pour tous les suicidaires qui trouvent leur vie absolument dénuée de sens. Bon, en même temps quand t’es chômeur, malade, seul, accro à l’héroïne,… ce sentiment peut être compréhensible.

Ce que dit Britney : La poésie est un art appréciable pour parvenir à ses fins (Hold it against me)

« ‘Cause you feel like paradise, and I need a vacation tonight »
(trad. Tu ressembles au paradis et j’ai besoin de vacances ce soir)

Ni vue, ni connue, Britney commence par séduire sa proie grâce à une métaphore au goût de Bounty.

« So if I said I want your body now, Would you hold it against me ? »
(trad. Et si je te dis que j’ai envie de ton corps maintenant, est-ce que tu m’en voudrais ?)

Quand hop ! Maintenant elle réclame son dû. Maligne la Britney !

Ce qu’il faut en retenir : Si tu veux coucher rapidement, sois poète.

Ce que dit Britney : L’argent et la célébrité ne sont que futilités (Lucky)

« She’s so lucky, she’s a star. But she cry, cry, cries in her lonely heart. Thinkin’ if there’s nothing missing in my life, then why do the tears come a night ? »
(trad. Elle est si chanceuse, c’est une star. Mais elle pleure, pleure, pleure dans son coeur solitaire, en pensant s’il n’y a rien qui manque à ma vie, alors pourquoi ces larmes viennent la nuit
)

Britney se fait conteuse quand elle nous raconte l’histoire de Lucky, une fille star complètement dépressive dans l’intimité. Toute ressemblance avec des faits réels… blablabla. En gros, ce n’est pas parce que l’on est célèbre et riche que l’on en retire plus de bonheur. Belle leçon de philosophie de comptoir !

Ce qu’il faut en retenir : Enfoncer des portes ouvertes ne fait jamais de mal.

Ce que dit Britney : Les gens sont méchants (My prerogative)

« Everybody’s talking all this stuff about me. Why don’t they just let me live ? »
(trad. Tout le monde parle de toutes ces choses à propos de moi. Pourquoi ne me laissent-ils pas simplement vivre ?

Britney se plaint des gens qui parlent sans cesse d’elle alors qu’elle veut simplement vivre sa vie en toute quiétude.

« They say I’m crazy, I really don’t care, That’s my prerogative. They say I’m nasty, But I don’t give a damn. »
(trad. Ils disent que je suis folle, Je n’en ai vraiment rien à faire
C’est mon droit. Ils disent que je suis vulgaire, Mais je m’en fous.)

En plus les gens, ils disent de vraies saloperies sur son compte. Heureusement, elle s’en fout et elle continue son chemin de vie comme si de rien n’était (rasage de cheveux, sex tapes, drogues,…)

Ce qu’il faut en retenir : les gens n’ont pas forcément tort.

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