Comment le céleri me vend du rêve


Note de l’éditrice : Chers amis lecteurs, je vous prie de bien vouloir être cléments envers BritBrit Chérie qui revient tout juste d’une opération chirurgicale assez compliquée si l’on en croit l’interne qui a réalisé les points de suture comme s’il cousait un canevas représentant un chaton mort. A l’heure actuelle, je n’arrive toujours pas à expliquer le choix du thème très végétalien développé par votre auteure favorite hormis une éventuelle corrélation avec un choc post-opératoire.
J’espère cependant que ce billet vous comblera de plaisir pour le week-end. Si tel n’est pas le cas, faites comme si. Mentir en pareille circonstance n’est pas forcément être malveillant.

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Ce matin, j’ai décidé d’aller faire un tour au marché. Je ne sais pas grand-chose à propos de la cuisine, de la manière de confectionner un repas ou de la culture générale nécessaire qui s’applique lorsque l’on doit franchir la porte de la cuisine, mais j’aime assez l’idée d’aller au marché, de dégotter des produits bruts pour en faire des choses exquises.

En quittant le primeur, le panier chargé de légumes tout frais, j’ai un peu l’impression d’être une fée qui va transformer un méchant haricot vert en espuma léger et éphémère dans un esprit très cuisine contemporaine. En pratique, je sais que la courgette finira mollassonne, la salade pourrie et le méchant haricot vert à la poubelle (aucun légume ne peut réellement combattre la poubelle, même Légume-Man).

Ce qui me pose toutefois un vrai problème philosophique est lié au céleri. Sur le coup, prendre quelques branches de céleri me semble toujours être la bonne chose à faire. Vous savez, le genre de truc que l’assistante personnelle de Gwyneth Paltrow ou de Jennifer Aniston ont sur leur liste de course car il permet de contribuer majoritairement à l’équilibre nutritionnel de leur boss. Alors rien que pour ça, j’en achète.

Mais ce n’est pas la seule raison qui motive mon achat, je ne suis pas aussi futile et aussi influençable.

Cette histoire de céleri va encore plus loin. Grâce à lui, c’est toute mon existence que j’envisage différemment avec une approche plus « healthy » de la vie, très saine, très « californian dream » dans une maison avec vue sur Malibu beach.

Par exemple, je me vois vêtue d’un joli et léger pantalon de jogging avec un petit débardeur court en train de croquer une branche devant ma grande baie vitrée tout en papotant au téléphone avec une de mes meilleures amies de choses absolument passionnantes (ma vie à Malibu, mes amis de Malibu, mes soirées à Malibu, mes bouteilles de Malibu,…)

Ou encore, je me sens différente. Très Posh Spice : une branche de céleri = un apport calorique suffisant pour les prochaines 36 heures.

Ou enfin, je retrouve ma grâce acrobatique. Le céleri me donnerait le pouvoir de faire de nouveau la roue les jambes bien tendues.

J’ai une imagination débordante et le céleri me vend du rêve.

Mais le céleri, savez-vous vraiment quel goût il a dans la réalité ?
Certains pourraient vous dire que c’est un délice avec de la mayonnaise ou en velouté avec du foie gras. Conneries ! Le céleri, c’est absolument infâme.

Je déteste le céleri. Jamais plus de céleri.

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