Hommage à mon chirurgien esthétique

Ceci est une image d'illustration, mon chirurgien n'étant pas aussi physiquement attrayant que Christian Troy. Et c'est bien dommage... Et pour moi. Et surtout pour lui.

En fait, je n’avais pas dans l’idée d’écrire un hommage à mon chirurgien dont, en dehors de nos relations médicales, je me fiche un peu. Il est là pour me rendre ce qu’il m’a enlevé il y a déjà quelques années, point barre. Mais c’est au nom de ces mêmes relations chirurgicales que je suis amenée à cet acte de « révérence rédactionnelle » car dès demain, c’est entre ses mains que ma vie se remet.

Pourtant, il ne le mérite pas cet hommage. Ou du moins, pas tout à fait.

La dernière fois, pour une opération dont on peut la qualifier de banale, Monsieur avait trouvé le moyen de :

  1. La rater et de me ramener au point où l’on doit aujourd’hui recommencer le travail. « Je ne comprends pas ce qu’il s’est passé Mademoiselle » avait-il tenté de justifier. Et alors Ducon, tu veux que cela soit moi qui t’explique pendant l’intervention comment tenir ton bistouri ? Je dors, je te signale.
  2. D’agrémenter mon séjour d’un passage de trois jours en réanimation. Si les matelas sont confortables, je ne vois toutefois pas l’utilité de prolonger mon hospitalisation ne serait-ce que pour l‘équilibre des comptes de la Sécurité Sociale.

Et ce n’est pas en me donnant le Pass VIP du bloc opératoire en guise de dédommagement que je me sens particulièrement valorisée. C’est un peu comme gagner le pass backstage aux NRJ Music Awards. Grâce à ça, tu crois pouvoir claquer la bise à Rihanna mais c’est M.Pokora qui insiste pour que tu prennes la pose à ses côtés afin de twitter ensuite la photo. En d’autres termes, ami chirurgien, ton Pass, c’est la carte de la lose et franchement, ce n’est pas avec ça que tu vas te racheter.

En plus, il y a quelques détails qui ne me conviennent pas tout à fait lorsque qu’il s’occupe de ma découpe.

Cette façon de me ramener dans la chambre la blouse à moitié déchirée, même pas nettoyée, encore bronzée à la Bétadine, avec d’énormes gouttes de sang séché qui créent ci et là des croûtes si suspectes que l’on n’ose même pas manger contrairement à celles des genoux.

Et mes cheveux ? Parlons-en de mes cheveux ! Tout emmêlés, avec des nœuds gigantesques sur la partie arrière de la tête comme si l’on avait tenté de jouer au Mikado pour des trichotillomanes. Alors que, entre nous soit dit, cela serait plus faciles de le faire avec les sourcils dudit docteur tant ils sont fournis. A croire que ses poils ont un ADN commun avec les Gremlins. Dès qu’il les mouille lors de sa toilette, hop, une belle touffe à son papa !

De plus, il y a un petit truc qui me turlupine : quel est le degré d’attention de mon praticien lors de l’intervention ? Pas que son échec précédent me fasse (trop) douter de ses compétences, mais si c’est comme moi, je ne peux pas complètement affirmer que je sois à 100% de mes capacités à chaque fois que je travaille.
Ceci est d’autant plus vrai si la veille, j’ai un peu fait la fête ou si je me suis couchée un peu tard pour regarder une rediffusion de nuit de Confessions intimes. Sans compter que je suis plutôt d’un naturel bavard. Non pas que j’interdirais à mon chirurgien de papoter – sauf s’il cause de mes poils du maillot que je n’épile jamais avant une opération car l’investissement financier me semble trop important comparé au bien acquis -, mais j’aimerais en tout cas que ses commérages ne viennent pas perturber sa concentration.

Bref, venons-en ma spéciale dédicace à mon chirurgien parce que le temps presse et qu’à l’heure où ce billet sera publié, je serai déjà à moitié dans les bras d’un Morphée « curarisante » (JP Chevènement si tu me lis…) :

« Je tenais à rendre hommage à cet artiste du scalpel, à ce dieu de l’écarteur, à ce virtuose du point de suture : mon chirurgien.

Sans lui, je ne serais pas cette femme si merveilleuse, si belle. Il a su faire de mon corps un objet de perfection à une cicatrice près.

Que la Création l’inspire encore une fois pour que plus jamais je n’ai à revenir dans ce bloc opératoire.

Mesdames et messieurs, merci d’applaudir et de faire une ovation à Raphaël ! »

(Raphaël, tu seras gentil de dire merci à mes lecteurs pour l’accueil qu’ils t’auront réservé. Ce n’est pas parce que l’on est toubib que l’on a le droit d’être malpoli.)

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