Les fleurs du mal (titre emprunté)

Afin d’éviter tout malentendu, je souhaiterais informer toutes les personnes de sexe masculin qui ont décidé me faire grâce d’un présent pour la Saint-Valentin, qu’il serait tout à fait malvenu de m’offrir des fleurs.

Je n’aime pas les fleurs.

Non seulement, c’est un peu le cadeau facile« Tiens je vais lui offrir des fleurs. Les femmes aiment les fleurs. » Super champion ! – mais en plus, vous conviendrez que cela n’est pas spécialement excitant pour les hommes d’acheter des fleurs. Enfin, je crois. Quant aux femmes, il n’y a pas non plus de quoi se taper de joie les fesses sur la moquette à la réception d’un bouquet. Sincèrement, on s’en fiche un peu.
Mais voilà, les conventions sociales, l’imagerie du romantisme forcent hommes et femmes à être d’accord sur le principe de la bonne idée bouquet et à afficher un sourire de façade qui signe le consensus de ce que devrait être le bonheur de la vie de couple. Foutaises.

La raison pour laquelle je n’aime pas vraiment les fleurs est qu’elles meurent. Elles sont le parfum de la mort. Sa symbolique à peine masquée.

D’accord, à première vue un bouquet ça sent plutôt bon, ça égaye la maison surtout par temps de pluie, c’est assez jolie, ça cache bien les tâches sur la nappe une fois le vase posé dessus,… Mais moi, à chaque fois que l’on m’offre des fleurs, cela me donne l’impression que l’on me refourgue un chaton en phase terminale.

C’est comme me dire « Il est choupi hein ? Il est pour toi. Au fait, il va clapser dans 5 jours ». Charge à moi de lui prodiguer les derniers soins palliatifs et de l’amener à l’entrée de ce grand tunnel qu’est la poubelle.

N’allez pas croire que je sois la seule à penser ceci. Les grands écrivains se sont également penchés sur le sujet.
« Mignonne allons voir si la rose qui se matin avait éclose gnagnagna… » Vous connaissez tous la suite de ce poème ronsardien. A la première lecture, on se dit « Tiens, le gars est cool, il amène sa copine en promenade. Ils vont regarder les abeilles, compter les pétales, tout ça tout ça… ». C’est vrai que pour l’époque, c’était quand même super sympa qu’un homme se préoccupe d’aérer sa fiancée tant la place des femmes était ou à la cuisine ou à la conversation de salon. Mais que nenni mes braves ! Je ne vais pas vous refaire l’explication de texte (référez-vous à vos cours de littérature de 2nde), mais ce que l’on peut y lire en substance c’est « Regarde ma pauvre fille, tu vas finir comme cette rose : vieille, moche et morte* ! ».
*Par extrapolation.

Donc, pour en revenir à mon cas plus personnel et afin d’entrer dans le côté pratique des choses, je vous invite à reconsidérer mon cadeau de Saint-Valentin comme tel. Si on calcule qu’en moyenne un bouquet coûte 30 ou 40 euros – 70 si vous êtes généreux -, et que vous souhaitez vraiment me faire plaisir : envoyez-moi l’argent en cash.
Certes, d’aucun d’entre vous pourrait penser que ce cadeau est assez impersonnel, mais dites-vous que me retrouver pendant cinq jours en train de petit-déjeuner face à un bouquet de futurs cadavres n’est pas ce qui pourrait me donner un max d’entrain pour démarrer la journée. Et bien sûr vous ne voulez pas que je perde l’appétit, non? Non. Bien.

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