Où il est question de chat, d’herbe et de skate

Ce week-end, après une longue nuit à boire, fumer de l’herbe et me prendre pour une skateuse, je me réveillais avec de drôles de sensations. Cela m’arrive généralement quand je bois. La bouche est pâteuse et sent encore le panini fromage avalé à 6 heures du mat’. S’ajoutent à cela la douloureuse impression d’être tombée dans un sommeil profond de 72 heures et qu’un joueur de percussions a élu domicile dans ma tête. Mais surtout, J’ANGOISSE.

Ce dimanche matin, alors que j’étais dans un état semi-comateux, je sentais le regard de mon chat sur moi. Effectivement, mon chat me fixait. Il me fixait très…fixement. Comme s’il pensait à quelque chose de mauvais, quelque chose de pas cool et qui me concernait de près. Je me suis alors rappelée cet article de journal où un chat ukrainien avait mangé le cadavre de son maître pour survivre.

Sueurs froides… Ainsi, ce chat – MON chat – que je nourris tous les jours avec des croquettes healthy pour qu’il ait le poil soyeux et brillant, serait capable de me manger ?

A en croire l’intensité de son regard, j’ai pris conscience que ce sale animal présentait un côté abject et malsain qui l’amènerait à me déguster sans que cela ne lui pose le moindre problème.
Vous rappelez-vous ce film tiré d’un fait divers réel où, après un crash d’avion, une équipe de football avait mangé les cadavres des passagers pour subsister ? Et bien, si j’avais dû ingurgiter le pilote d’avion, je me sentirais vraiment mauvaise. Alors que mon chat, c’est sûr, n’aurait absolument aucun sentiment de culpabilité. Il boufferait mes yeux tout en étant totalement en phase psychologiquement avec cette approche gastronomique.

Pourtant, j’aime mon chat. Je ne peux pas dire de beaucoup de monde que je les aime, mais de mon chat oui. Je l’aime tant que je vais même jusqu’à accepter son mode de vie hippie : dormir, manger, mettre de la litière partout sur le sol quand il la gratte, chasser les mouches, chasser les olives au thon. Et lui, malgré cette preuve d’amour, n’aurait donc qu’une seule chose en tête : me bouffer ? Ce chat est en réalité un être pervers !

Les draps remontés le plus haut possible sur ma tête, j’ai essayé de calmer mes angoisses.
« OK, je suis encore en vie. Je ne vais pas mourir. Mon chat ne va pas me manger… Tout du moins pas aujourd’hui ».

Un peu rassurée, je me suis légèrement assoupie quand soudain une patte me frappa le visage. Des moustaches vinrent ensuite me chatouiller le coin des cils et une petite langue râpeuse me nettoya le front. J’ouvris les yeux pour vérifier si c’était bien mon chat. C’était lui. Il s’arrêta brusquement et me regarda de nouveau étrangement. Puis, il miaula.

Je compris enfin. Il voulait tout simplement ses croquettes et son regard avait perdu cette lumière diabolique qui m’avait plongée dans les âffres de la peur. Il se mit même à ronronner tout en frottant sa tête contre ma joue.

Alors pourquoi je vous raconte tout ça ? Tout simplement parce que je pense qu’il y a deux conclusions à tirer de cette crise d’angoisse :

  1. Je suis désormais trop vieille pour boire à outrance, fumer de la mauvaise herbe et me prendre pour une skateuse.
  2. J’ai dû mal à accepter le poids des responsabilités, notamment celles qui consistent à nourrir mon chat et à me maintenir en vie pour ne pas me faire manger.

En bref, il faut que j’apprenne à devenir adulte.

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