Mon enfant, mon calvaire

La plupart des personnes qui visitent ce blog y viennent essentiellement parce qu’ils s’attendent à trouver des conseils rigolos, des Superbites colorées. Mais sachez que je ne suis pas uniquement cette fille drôlissime, je suis aussi une personne spirituelle, qui s’interroge sur le sens de la vie, qui a de vraies pensées sur des sujets fondamentaux. Pour exemple, voici l’objet de ma dernière réflexion…

Ma pharmacie est un ghetto, une vraie cour des miracles. A chaque fois que j’y vais, j’y rencontre des personnes plutôt désaxées et mal en point.

L’autre jour, alors que je faisais la queue (pas d’esprit mal tourné sur cette expression s’il vous plaît, vous avez dépassé le stade anal depuis un bon moment. Du moins, je l’espère pour vous), il y avait devant moi :

• un homme qui déclamait du Christophe Maé en demandant à l’assistance prise en otage d’applaudir à la fin de chaque rime. J’aurais presque pu trouver ça drôle s’il n’avait pas eu le visage ensanglanté.

• un russe qui empestait la vodka qui venait chercher de l’alcool à 90° pour désinfecter son chien ( ?),

• deux délinquants sexuels juvéniles qui rigolaient devant le rayon des savons intimes,

• une petite vieille qui donnait des coups de canne aux personnes devant elle parce que la file d’attente n’avançait pas assez vite et qu’elle allait manquer Sophie Davant.

Mais le pire fut certainement cet enfant insupportable qui a commencé à faire tomber toutes les bouteilles d’Advil du présentoir et à donner des coups de pied dedans tout en hurlant sous le regard attendri – ou désespéré ? – de sa mère qui, avec un léger sourire, a dit comme pour l’excuser : « Il a beaucoup d’énergie…». Tu m’étonnes qu’il a beaucoup d’énergie ! Avec moi, cela aurait été deux claques et un séjour au congélo comme n’importe quel bébé Courjault normal.

Ceux qui me connaissent pourraient s’exclamer : « Mais BritBrit, c’est pas nouveau, tu n’aimes pas les enfants ». OK, c’est vrai. Je les exècre, je les hais, je les maudis,… Que dit encore le dictionnaire des synonymes pour le verbe « détester » ? Cela dit, et contre toute attente, je n’exclue absolument pas la possibilité de vouloir procréer. Pas de suite, on est bien d’accord, mais un jour lointain et notamment si ma moitié future m’y contraint en me faisant une blessure par balle et en y versant du jus de citron dessus. Dans ce cadre-là, pourquoi pas.

Tout cela pour dire que c’est à ce moment précis que j’ai commencé à angoisser pour ma progéniture éventuelle: et si mon enfant était horrible ? Saurai-je réagir et faire preuve d’une autorité suffisante pour qu’il devienne un vrai petit labrador pour aveugle, prêt à répondre au doigt et à l’œil ? Il y a tellement de choses à considérer que je ne suis pas sûre d’y parvenir et tant d’inquiétudes qui m’envahissent :

Que faire si mon enfant est le petit malodorant de la classe ? Et surtout, comment faire si, après lui avoir donné un bain il sent encore ?

Que faire si mon enfant accroche sur la porte de sa chambre un panneau «Dégage ! » et me dit tous les jours combien il me hait, qu’il n’a pas demandé à naître et encore moins à avoir une mère comme moi (il aurait préféré Lady Gaga ou Carole Rousseau) ?

Que faire si mon enfant prend sa carte aux jeunesses UMP ?

Que faire si mon enfant porte des lunettes, lit à 5 ans des livres sur la physique fondamentale et me traite d’incapable parce que je ne sais même pas comment se calcule un basique cosinus de triangle rectangle ?
NB / Pour mémo : cosinus (angle) = côté adjacent / hypoténuse. Vous me remercierez plus tard.

Que faire si son plus grand talent est d’absorber des Flanby par les trous des narines et à les redéposer intacts dans l’assiette pas la bouche ?

Que faire si mon enfant s’appelle Robert ou Lancelot ? Ah non, ça c’est pas possible. Même avec une épisiotomie non recousue, je serai capable de crier son nom « Liberté ! ».

Que faire s’il croit avoir vécu sa première expérience sexuelle avec sa peluche Hello Kitty ? Et comment, après cet aveu, voir Hello Kitty d’un autre œil que celui d’une chatte en chaleur dévergondée ?

Que faire si un jour mon enfant m’annonce que sa grande ambition professionnelle dans la vie est de devenir sosie officiel de Kad Mérad ?

Que faire s’il devient un petit gros et que je sois obligée de mettre sous clé toute nourriture potentielle, chat compris ?

Et enfin, que faire si les amis de mon enfant pense que je suis une MILF*?…
Ca, ça serait trop « Wooow, j’suis trop bonne ! ».

Finalement j’aime bien cette dernière idée et, rien que pour ça, je veux bien avoir un enfant, sans même être menacée par un objet contondant pouvant provoquer une plaie béante qui me viderait de tout mon sang. De toute manière, à ma pharmacie, ils ont des gros pansements.

*Mother I’d like to Fuck. Traduction littérale : mère que j’aimerais baiser.

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