Le Petit Précis de la Célibataire #6 : converser avec son ex

I love... ?! / Précis de la célibataire par BBC

Vous vous êtes quittés il y a quelques semaines, mois voire années, plutôt dans la douleur, les larmes et les cris, et voilà qu’au détour du rayon Fromages de votre Auchan, vous tombez nez à nez avec celui qui a fait pleurer de tout son soul votre cœur. Pas moyen donc de faire comme si vous le l’aviez pas vu et reconnu. Le pire, il vous parle. Gentiment.

Allez, on respire, on sourit et on discute poliment et calmement avec le Monsieur. Pour vous aider à ne pas transformer la conversation en ring de free fight, voici quelques petites répliques bien senties qui feront de cette rencontre fortuite un agréable échange oral.

Lui : Ca va ?

  • Super ! Depuis que l’on m’a mise sous Tranxène, je fais beaucoup moins de tentatives de suicide.
  • Beaucoup mieux depuis que tu es parti. Ca sent moins les chiottes dans l’appart.
  • Génial ! Je viens de faire un frottis vaginal et, d’après ce que m’a dit la gynéco et compte-tenu de notre « activité » sexuelle, je ne suis pas prête de développer un cancer du col de l’utérus.

Lui : Qu’est-ce que tu deviens ?

  • Je me suis réorientée. Désormais, je suis ingénieur en énergie nucléaire, spécialisée dans le comportement des neutrons. C’est sûr, ça change par rapport à caissière chez Super U ; on gagne mieux sa vie.
  • Toujours pareil, mais à Bali. Ca fait du bien de changer de cadre, d’environnement, de climat et surtout de ne pas craindre de croiser ta gueule de con en faisant les courses.
  • Pôleuse*. Mais j’ai pour projet de créer une multinationale sur le web de poupées vaudou à ton effigie.
  • Beta testeuse chez Meetic.

* Pôleuse : personne inscrite au Pôle Emploi avec ou sans indemnités.

Lui : On boit un verre pour parler de nos vies et du bon vieux temps ?

  • Cela aurait été avec plaisir, mais j’ai compète de judo.
  • Cela aurait été avec plaisir mais Teddy – Riner, tu connais ? – a compète de judo et il ne gagne que si je suis là.
  • Désolée mais je dois aller au Monop’ acheter du jambon blanc. Le sens des priorité, tu connais bien non ?
  • Oui sans problème. On baise après ?

Lui : Après notre séparation … (au choix. Sélection multiple autorisée)

…j’ai rencontré Emilie. On a eu des triplés en même temps et on a acheté un 4 pièces.

  • Des triplés. M’étonne pas que vous ayez eu recours à l’insémination artificielle. J’ai toujours trouvé que tes spermatozoïdes étaient de seconde zone. Ils avaient mauvais goût.
  • Ben pour quelqu’un qui m’a larguée pour vivre dans une Quechua en Pantagonie histoire de retrouver le sens des valeurs vraies, on peut dire que tu n’as pas peur de renier tes convictions.
  • Ah. Ouais. Original. Tu veux plutôt que l’on parle de ma vie à Miami dans le business de la paillette ?
  • Quelle chance ! J’aurais adoré avoir la même vie que mes parents.

… je suis devenu gay.

  • Moi aussi. Grâce à toi.
  • Dans le cul la balayette !
  • Et ton père est encore en vie ?
  • Ils doivent « apprécier » dans ton boulot. T’es toujours parachutiste, grade troufion dans l’armée ?

… Ma mère est morte.

  • Dieu merci, il y a une justice.
  • C’est pas trop tôt. Depuis le temps que l’on attendait ça.
  • C’est triste. J’aurais tellement aimé que ta nouvelle pute fiancée puisse bénéficier de son omniprésence.
  • La tienne aussi ?! On était vraiment fait pour s’entendre.
  • Mais c’est terrible ! Comment vas-tu réussir à te faire à manger tout seul ?

Lui : Et sinon, t’as trouvé quelqu’un ?

  • Oui, elle s’appelle Marjorie. Tu as été tellement parfait que je suis devenue lesbienne.
  • Non. Tu as été tellement parfait que dès qu’un mec veut se mettre en couple avec moi, je vomis.
  • Il n’a pas été très difficile de te remplacer. J’ai commencé par adopter un cochon d’Inde. La cohabitation a très bien marché. Ce fut même au-delà de mes espérances.
  • Je baise tout ce qui bouge.

Lui : on se revoit bientôt ?

  • Non.
  • Non surtout pas, merci.
  • Non, Teddy – Riner. Mais tu es sûr que tu ne connais pas ? – est assez jaloux et pourrait te faire mal.
  • Eventuellement dans une chambre d’hôtel si tu as réglé tes problèmes de blennorragie.

Lui : En tout cas, ça m’a fait plaisir de te revoir.

  • Je ne peux pas en dire autant.
  • Moi aussi, surtout quand je constate que ta vie est AB-SO-LU-MENT pathétique.
  • Moi aussi. Par contre, je ne te fais pas la bise. T’as de l’herpès labial. Comme toujours
  • Moi aussi. Mais t’es sûr que tu ne veux pas qu’on baise avant de se quitter ?

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