L’amant écolo : une vraie pollution nocturne !

Après l’amant communiste, Angelina de Mes Petites Fables et BritBrit Chérie ont testé pour vous l’amant écolo. Préservation et respect de l’environnement oblige, cet article a été rédigé à la lueur d’une bougie, sur du papier 100% recyclé et à l’encre de seiche. Ne vous étonnez donc pas si ce dernier sent légèrement la moule.

Dans le joyeux monde des amants à glisser dans son lit au moins pour une nuit, l’amant écologiste figure plutôt en bonne position. Il est vrai que sur le papier, il a tout bon. Simple, naturel, un brin fantasque avec un peu de foin dans les cheveux, soucieux de son prochain et plus particulièrement de ses partenaires de jeux, voire même gentiment lubrique vu sa facilité à se mettre cul nu pour sauver un bosquet de la déforestation. En résumé, l’écolo, c’est le gars pas compliqué, qui se satisfait de ce que Dame Bagatelle lui amène sur un plateau de verdure.

Cette image de l’ami de la nature en mode galipette est d’autant plus séduisante que l’éco-sexualité (comprenez la sexualité écologiste) est un concept très tendance. Depuis la sortie du livre « Eco-sexe : ta vie sexuelle est-elle verte ? » de Stefanie Iris Weiss, les magazines féminins – dont le très vertueux et cul serré Madame Figaro – encensent cette vision de la sexualité qui fait du bien aussi à la planète.

Malheureusement, et au risque de vous paraître brutale, sachez que tout ceci n’est qu’utopie. Dommage, on se serait bien vue les quatre fers en l’air s’envoyer au septième ciel avec Yann Arthus Bertrand dans son hélico survolant la forêt amazonienne (la vraie, pas la nôtre. Enfin, aussi la nôtre. Bref, vous avez compris). Après une étude très poussée, force est de constater qu’il faut s’armer de patience pour que l’amant écolo daigne dégainer son joujou sans engrais plus vite que sa carte WWF. Explications.

Contrairement aux idées reçues, l’amant écolo n’est pas cet être pacifique que la vision d’une simple tulipe non coupée rend allègre pour la journée. Non et doublement non. En ces temps où surconsommation s’accorde avec over-production, l’écolo s’inquiète. Il a peur de tout (bouffer des OGM, se faire piquer par des abeilles transgéniques, être absorbé par le trou de la couche d’ozone), s’insurge sur tout (les centrales nucléaires, le trop-plein de pub dans la boîte aux lettres, l’aluminium dans le déodorant..) et est super anxieux pour l’avenir des ouistitis et des géraniums. Le vert n’est pas zen et c’est Popaul qui trinque ! Le stress, c’est bien connu, n’est pas moteur à propulsion quand on parle de petit piston. C’est à se demander à quoi cela sert de manger sainement pour améliorer ses performances quand l’empreinte écologique pénienne rime avec taux de carbone zéro. Gare à la décroissance !

Toutes ces angoisses ont en plus le désagrément de rendre l’amant écolo pénible. Vraiment. Asphyxié par ses bêtes noires – en vrac les molécules de synthèses, les dérivés pétroliers, les phtalates -, on passe plus de temps à lire les notices qu’à pratiquer la cabriole du fermier. Avant tout batifolage, on pense à vérifier que les draps sont bien en poils de chanvre, que les gels coquins ne sont pas à base de combustibles fossiles et que les préservatifs sont bien issus du commerce équitable. Nous osons à peine évoquer les sex-toys 100 % naturels qui doivent être certifiés AB et sortir tout droit du bac à légumes. Pas étonnant que la soupe ait parfois un goût étrange…

Emmerdant aussi l’amant écolo quand il s’agit de trouver le cadre idéal. Lui, il veut de l’accord avec la nature, du retour aux sources ; il veut du grand air, de la verte prairie, des coquelicots qui vous chatouillent les pieds quand, tout deux allongés, il vous comble de baisers. Sauf que pollen et graminées de nos campagnes finissent toujours par piquer les yeux, gratouiller le nez et démanger dans la culotte. Un bon lit – pas en bois exotique, vous serez gentille – et on en parle plus !

Il a aussi un petit côté suant l’écolo de la bistouquette. Avec lui, finis les scénarii érotiques classiques du type « l’infirmière SM et le patient fou de gaudriole » qui font toujours mouche et qui ne demandent pas trop de travail sur les dialogues. L’amant en mode protection environnementale préfère échafauder des intrigues plus poussées : vous êtes un béluga en voie de disparition, il est Alain Bougrain-Dubourg, il est un baobab géant (!) et vous une militante active de La Fondation Nicolas Hulot qui allait le sauver du méchant débroussailleur. Pas sûr que les préliminaires aient commencé avant la fin des longs débats des Accords de Grenelle du sexe ; quant au débroussaillage, c’est vous qui vous en chargez toute seule.

La situation avec l’amant écolo est d’autant plus compliquée que Greenpeace a décidé d’édicter il y a quelques années déjà, les 10 règles à suivre absolument pour faire l’amour sans niquer la planète (vrai !). Nous vous laissons le soin de découvrir ce flamboyant document mais sachez que nous sommes d’ores et déjà très surprises que parmi ses commandements ne figure pas celui de ne pas haleter trop vite au risque de dégager trop de CO2 (pensez à l’effet de serre !).

Alors nous direz-vous, on le jette direct à la poubelle l’ami de la nature ?

Pas si vite jeunes filles, tout comme pour les déchets, on pratique le tri sélectif. A l’image de vos fruits et légumes que vous choisissez pas tout à fait mûrs pour mieux les conserver, faites de même avec l’amant écolo : prenez-le vert mais pas trop. Parce que voilà, il serait quand même dommage de ne pas faire sa B-A pour la planète tout en se faisant du bien.

L’amant écolo, finalement, c’est juste pour la beauté du geste.

crédit photo : Fuck Forest

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