DSK : 7 éléments à décharge

Bien que je sois restée plutôt silencieuse sur le sujet, il n’en demeure pas moins que comme la plupart des français, je suis complètement obsédée par DSK. Le pouvoir, le sexe, la chute vertigineuse, Anne Sinclair,… autant de thèmes qui rendent ce fait d’actualité aussi passionnant qu’un épisode de Gossip Girl mais pour les vieux et dont on attend avec fébrilité la prochaine révélation. Sans compter que tous les ingrédients de la culpabilité du suspect sont là : des traces d’ADN sur la victime présumée, un passé sexuel plutôt olé-olé doublé d’une personnalité un tantinet lourdotte quand il s’agit de séduction.

Mais cette montée en puissance de l’Affaire est surtout accentuée par une défense jusqu’ici très discrète qui marmonne une phrase ressemblant à « rapport sexuel consenti ». Je ne parle même pas de la bourde de Jean-François Khan qui assimile cela à un simple « troussage » de domestique, de Jack Lang considérant que si viol il y a eu, « il n’y a pas mort d’homme », ou encore de B-H. L. qui s’émeut du traitement « service motel » accordé par la justice américaine à l’ancien patron du FMI. Il va s’en dire que DSK aurait à raison de changer d’avocats – et d’amis au passage – pour des personnes plus compétentes.

Tenez, moi qui pourtant ne connais du barreau que celui qui se crapote entre potes lors de soirées Pictionary, j’ai réussi à trouver quelques justifications du comportement de notre homme qui pourraient lui valoir clémence et libération. Mesdames et messieurs les jurés, à la lumière de ces explications, vous n’aurez que deux mots en bouche : NOT GUILTY.

1. Le rapport sexuel est effectivement consenti et la victime l’est bien moins qu’on ne peut le penser. Cette dernière est en fait une foutue arriviste qui n’a pour autre ambition que celle d’entrer au FMI par n’importe quel moyen. Le problème, c’est que c’est plutôt le FMI qui est entré en elle et n’a pu lui proposer en échange qu’un poste de stagiaire au self-service de l’institution payé 417 euros par mois. Dommage…

Qualité de recevabilité de l’argument : 1/10
Remise de peine sur les 74 ans encourus : 2 jours.

2. DSK a été victime d’un malencontreux concours de circonstances. Quand on a un poste aussi important que celui de maître du flouze mondial, il y a un moment où on ressent le besoin de se décharger de toute cette pression. Certains vont faire des putts sur le green, tricotent, d’autres se lâchent sur ChatRoulette. En l’occurrence, Domi préfère niquer. Il a donc réservé une Escort girl, formule « plumeau & balayette » fort réputée pour la qualité de ses costumes. Alors, quand la malheureuse est entrée dans la chambre, il a cru que sa commande était arrivée et s’en est suivi ce qui a suivi. En résumé, il a confondu la femme de chambre avec la pute, ce qui peut arriver à tout le monde.

Qualité de recevabilité de l’argument : 6/10
Remise de peine sur les 74 ans encourus : 10 ans.

3. A 62 ans, DSK présente les premiers symptômes de la maladie d’Alzheimer auxquels se rajoutent un trouble d’addiction au sexe. Ainsi, il s’est laissé aller à se vieux démons sexuels sur la première venue (cela aurait été une ponette, la situation aurait été la même) et ne conserve de cette séquence aucun souvenir. Je peux parler très aisément de ce sujet car mon oncle Georges est atteint d’une tatologie aïgue accentuée par un trouble de la mémoire. Il lui arrive donc de tâter tout ce qui passe, enfin plus exclusivement seins et fessiers féminins, en disant que ce n’est pas lui mais le Saint-Esprit. C’est triste la maladie.

Qualité de recevabilité de l’argument : 4,5 /10
Remise de peine sur les 74 ans encourus : 5 mois

4. Il s’agit d’une erreur professionnelle. La tête plongée dans ses dossiers, DSK est tout à ses responsabilités où qu’il soit, quoi qu’il fasse. Quand il a soudainement vu la femme de chambre, il a tout bonnement crû que la Guinée envoyait une ambassadrice de charme pour rembourser en nature sa dette au FMI (F.M.I qui d’après l’informaticien-à-nez-original signifie Famous Male Introduce, mais il n’est pas très doué en anglais). Trouvez-en des professionnels qui donnent autant de leur personne.

Qualité de recevabilité de l’argument : 0,5 /10
Remise de peine sur les 74 ans encourus : 30 minutes

5. Comme toute grande personnalité très influente, DSK a choisi la formule All Inclusive du Sofitel. Mais si le All Inclusive comprend bien les prestations des femmes de chambre, elle exclut en revanche et on ne sait pourquoi les femmes de jeux en chambre. La nuance est très voire trop subtile et je ne suis pas sûre que Dominique l’ait parfaitement compris. En même temps, si personne n’explique les choses clairement, on ne doit pas ensuite s’étonner qu’un tel incident se produise.

Qualité de recevabilité de l’argument : 2 /10
Remise de peine sur les 74 ans encourus : 6 jours

6. DSK est en réalité victime d’un accident domestique fâcheux. Reconstitution de la scène. En ce joli mois de mai, Dominique était dans la salle de bain tranquillement en train de s’enrouler dans une serviette moelleuse et de se parfumer le cou avec du Kouros. D’un coup, il entend du bruit et se précipite dans la chambre. Comme il s’était mal essuyé les pieds (on oublie toujours de bien sécher les orteils alors que c’est très important surtout pour les odeurs), il a soudainement glissé, sa serviette s’est déroulée brutalement et son pénis a été directement projeté dans la bouche de la pauvre victime. Un bête accident en somme.

Qualité de recevabilité de l’argument : 5 /10
Remise de peine sur les 74 ans encourus : 2 ans

7. Le T.O.C du colmateur. C’est un sujet bien gardé, du moins aussi bien que celui de Mazarine du temps de Miterrand, mais DSK souffre du syndrome du colmateur. Ce n’est pas de sa faute, mais dès qu’il voit un trou, il ne peut s’empêcher de le reboucher. Et voilà qu’au Sofitel, la femme de chambre est entrée la bouche ouverte et…

OK, je sors maintenant.

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