KAASsée !




On nous avait promis la victoire éclatante, l’honneur
retrouvé, la fierté éblouissante grâce à la voix exceptionnelle (ben si quand même…) de Patricia Kass. Aux dires de tous les docteurs es Musique de
France Télévision et de l’Est Républicain, elle représentait surtout pour tous les peuples d’Europe de l’est une sorte de Johnny Hallyday avec des seins (80B selon l’informaticien au nez
original).

Plus qu’une chanteuse, c’était donc une véritable arme
géopolitique que nous avons envoyée sur le front russe portant avec elle tous les espoirs français pour conjurer le mauvais sort, celui qui nous a fait subir plus de 32 ans défaites successives à
l’Eurovision.
Mais vous le savez,  le
résultat en direct de Moscou fût sans appel : notre Patricia Kaas finit comme une quiche lorraine à la 8e place, loin derrière le Grégory Lemarchal norvégien dopé au Biactol et de
ses deux choristes franchement typées  ABBA revival.

Pourtant, j’y ai
cru !
Malgré mon appel
l’an dernier au boycott de l’Eurovision par la France
, je me suis dit que, grâce à
Patricia, la gloire sonnerait à notre porte ; qu’enfin Cyril Hanouna le cul à l’air et Marc-Olivier Fogiel en robe fourreau rose fuchsia seraient sur la scène du pavillon Baltard pour
présenter l’Edition 2010 de l’Eurovision ; que la création musicale de notre pays serait redorée à tout jamais sur la scène européenne (là
normalement, vous lisez ce texte avec La Marseillaise en fond sonore).

Limite, je sentais en moi la bonne action poindre pour remercier mes compatriotes européens de nous
avoir élus, en offrant à un petit bosniaque orphelin et sans bras le dernier album de Patricia Kaas reçu lors de ma dernière commande de 300 euros à Vente-privee.com (j’ai coché sans faire
gaffe la case « J’aime Patoune de tout mon petit cœur et je veux acheter son Kabaret à tout prix !»).
Mais voilà, la Kaas a été brisée et le bosniaque n’aura rien. Il n’a qu’à télécharger l’album de Patricia Kaas illégalement sur Internet si ça lui coûte trop cher. Nous, on ne peut plus, y’a
Hadopi.

Et cet échec, on le doit à quoi ?
Est-ce parce que la chanson choisie « S’il fallait » était une invitation à mettre sa tête dans un four à gaz ? Est-ce parce que Patoune
n’était pas habillée comme une pute à l’image de la plupart des concurrentes ? Ou bien tout simplement parce que sa célébrité et son influence en Europe de l’Est sont égales à celles de
Pinpin le Lapin coquinou ?
On ne le saura jamais même si certains émettent l’idée que plus qu’un concours de chant, il s’agit en fait d’un concours d’amitié entre « blocs de pays ». Ah bon ?

Tout cela au final importe peu. Le plus gros problème avec cette sombre affaire d’Eurovision manquée, c’est
que j’espérais avoir enfin une bonne excuse pour donner Patricia Kaas en offrande à nos amis russes en signe de reconnaissance. Un bon moyen de nous en débarrasser définitivement, mode écologique
en action (cf. recyclage de déchets).

 

Raté…

 

Advertisements