Mamma mia ! Ma que film !

Si pour vous :

       Le
disco est un mouvement obsolète qui n’a marqué son époque que par la débilité de ses interprètes et le ridicule de ses costumes à paillettes,

       Seuls Purcell, Bach, Mozart et Dutilleux ont droit de citer dans votre discothèque,

       Un
bon film passe avant tout par un scénario solide et une réalisation impeccable à la Lars von Trier ou Francis Ford Coppola,

 

…alors, n’allez surtout pas voir « Mamma mia ! ».

 



Débarquée tout droit de Broadway avec l’immense succès qu’on lui connaît (plus de 30 millions de spectateurs dans 170 pays), cette comédie musicale qui trouve son fondement dans les
plus grands tubes de ABBA, pourrait se résumer en quelques mots : kitsch, burlesque et bluette.

 

L’histoire est des plus classiques et l’originalité du film ne va pas chercher dans les tréfonds de l’âme
humaine :

C’est sur une merveilleuse petite île grecque où sa mère, Donna, tient un hôtel en désuétude, que Sophie, 20 ans, va
épouser Sky. Elle ne peut toutefois envisager son mariage sans la présence de son père dont elle ignore l’identité.

A la lecture du journal de jeune fille de sa mère, elle se découvre trois géniteurs
possibles. Mais lequel est le bon ? Pour le savoir, rien de plus simple : elle les convie tous les trois à l’insu de sa mère…

Nous sommes bien d’accord, l’enjeu du film ne repose pas sur une intrigue où le suspens est roi.

Le maître-mot serait plutôt exhubérance.

 

Exubérance du jeu – plutôt juste – des acteurs qui, on le ressent bien, ont pris leur pied à jouer dans
cette comédie. On notera les performances de Meryl Streep, tout simplement formidable (comme d’habitude diront certains) et qui retrouve toute la vigueur et l’âge mental de ses 15 ans, et de
Pierce Brosnan se lâchant enfin et faisant voler en éclat son image de gentleman pour qui
Demain ne meurt
jamais
.

 

Exubérance de la réalisation qui prend ouvertement le parti du rétro grand-guignolesque. Phillyda Loyd
s’éloigne du cinéma pour lui préfèrer sans complexe l’univers d’origine de Mamma Mia !

Ainsi, les danseurs s’élancent sur des cordes que l’on imagine rattachées aux cintres, les décors de la maison semblent
faits de carton-pâte, et les clins d’œil au monde du théâtre, notamment aux tragédies grecques, ne manquent pas (chœur grec, les trois satyres,…).

 

Exubérance des situations où une simple chute depuis un canoe gonflable et un show façon 70’s vous font
mourir de rire.

 

Exubérance de l’interprétation musicale où les acteurs s’égosillent tant bien (Meryl Streep, Julie
Walters, Amanda Seyfried) que mal (Pierce Brosnan).

 

Vous l’aurez donc compris, si Mamma Mia ! ne brille pas par les qualités qui font normalement qu’un film est une œuvre
de grande envergure, il a au moins l’ambition de vous faire passer un excellent moment, de rire aux éclats et de vous redonner envie d’enfiler un costumes à paillettes (oui celui avec les pat’
d’eph et les jabots imposants) tout en chantant
Dancing Queen
ou encore Money, money,
money
.
A cela, je ne dirai qu’une seule chose : pari réussi !

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