Vive les mariés ! (part. 4)

Si vous avez manqué le début
A l’occasion du mariage de sa cousine Charlène, la très belle BritBrit, somptueusement habillée par Chloé, retrouve toute sa famille pour fêter l’événement. Ce qui aurait pu être une
formidable occasion se révèle de plus en plus catastrophique au fur et à mesure que la pendule avance.
Heureusement, une lueur d’espoir apparaît dans le coeur de BritBrit sous forme d’un homme à nez original. Est-ce bien lui, l’informaticien de ses rêves les plus torrides ? Suspens…

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 Le vin d’honneur (suite)

J’essaie de m’approcher le plus près possible du nez de l’homme, hypothétiquement amour de ma vie, afin d’être définitivement
sûre de mon (futur ?) coup. Damned, il a disparu !

Pas de panique, je le retrouverai dans la soirée. Allez hop ! un peu de punch pour fêter l’amour aperçu et bientôt
retrouvé.


Ma mère pousse un cri déchirant. Mon père vient honteusement de renverser un toast d’œufs de lump sur sa chemise
blanche. D’un geste énergique, il ressort sa pochette rose de son costume, l’humidifie avec un peu de vin blanc et frotte la tache. Résultat : de 1,8 cm de diamètre, elle passe à 10 cm.
Pamela lui assure que cela se voit à peine ; mon père approuve en la regardant dans les seins.


L’accordéoniste propose  à la mariée d’animer le repas au son des meilleures chansons d’après-guerre. Sous le regard
suppliant de l’ensemble des convives, certains allant même jusqu’à se mettre à genoux, Charlène décline l’offre. Elle aurait donc un fond de bienveillance ?


Cling-cling-cling. C’est l’heure de passer à table. J’ai juste le temps de tirer une bouffée sur la cigarette à rire de Romain
avant de m’engouffrer dans la salle de réception. Il est vraiment prévoyant ce gamin !


Mises en bouche

Je suis toujours sceptique sur les plans de table et les associations de personnes. Et pour cause. Je suis coincée entre une
femme en cloque et son mari a priori lui aussi enceint, mon frère et Pamela, un célibataire autiste (il compte avec minutie le nombre de pétales des fleurs du centre de table), un couple de
mannequins blonds allemands (?) et Valentine.


Les mariés adressent un discours de remerciement avec un special thank to Vera Wang qui « a tenu à m’offrir ma magnifique robe ».
Pétasse, pétasse, pétasse ! Je tuerai pour porter du Vera Wang.


Oncle Georges, à quelques tablées de là, met l’ambiance grâce à la fameuse blague « Dis camion, pouet-pouet »
adressée à ma tante Josy et à ses gants de toilettes.


Les mises en bouches sont servies. Valentine dit en regardant l’allemand droit dans les yeux, que cela tombe bien car elle aime
tout ce qu’elle peut mettre dans sa bouche. Le blond ne bronche pas.


Entrées : Délices du Périgord et huîtres champagne

La femme enceinte – Marlène de son prénom – me demande si j’ai des enfants. Je n’ai même pas le temps de dire non que j’entends
ma grand-mère s’écrier au loin « Et pourtant, il serait temps ! ». Je me dis qu’elle ferait mieux de s’occuper de ses Libra plutôt que de mettre un micro sous la
table.


Après avoir enfilé cinq gorgées de Jurançon sec à la suite pour affronter la question « maternage », je confirme entre
deux huîtres que je tiens trop à mon argent pour le dépenser dans des couches-culottes.
Pamela m’appuie en argumentant qu’en plus ça fait des vergetures, ça déforme le ventre et les cuisses et qu’elle ne supporterait pas d’être grosse pendant 6 mois.


Marlène fait la tête. Venir à un mariage pour faire la gueule, je ne trouve pas cela très correct.

L’autiste m’adresse une phrase : »C’était vous dans la Xzara avec le sac Leclerc sur la tête ? ». C’est à mon tour de tirer la tronche. 


Les allemands se révèlent être des alsaciens amoureux des Flammenküches. Ils s’étonnent  -hop là ! – de ne pas en avoir
au menu alors que c’est si bon.


Romain vient me voir pour faire un tour aux WC, « là où tout se passe » me glisse-t-il. Je le suis, histoire de me
détendre un peu, j’en ai bien besoin.


Poisson : Duo de l’océan, beurre blanc et ses petits
légumes

 

Le plat est froid et le poisson à moitié cuit. La mère du marié est partie en coulisse faire un scandale au traiteur qui s’en
fiche puisqu’il a déjà été payé. Il lui signifie que si elle n’est pas contente, il peut partir et la laisser toute seule pour cuisiner le reste du dîner. Elle repart la queue entre les jambes…
Enfin, manière de dire, rien à voir avec celle du cuistot.


Le blond et sa mannequin s’embrassent entre deux bouchées de saumon ce qui inspire Pamela et mon frère et le couple enceint. A
priori, cela ne perturbe ni l’autiste, qui compte désormais les feuilles de persil de l’assiette, ni Valentine qui les regarde bizarrement.


J’en profite pour jeter un coup d’œil dans la salle. Objectif : repérer les plus beaux spécimens de la gente masculine
présente et la position spatiale de l’informaticien à nez original. Pas de trace de nez dépareillé. Mais où est-il ?


Oncle Georges fait son show avec la blague du « Dis pompier, pim-pom » qui amuse beaucoup mon père mais moins ma tante
Josy qui en a assez de se faire tripoter les roploplos.


Pause jeu

Gégé l’animateur prend place derrière la console de la sono et lance la première animation de la soirée. But du jeu : les
femmes éclatent comme elles le peuvent des ballons gonflables placés sur les genoux des hommes.

Un concours tout en finesse, légèreté, sensibilité et délicatesse (soupir).


Les cinq couples sexagénaires sélectionnés s’en donnent à cœur joie en tentant par tous les moyens de voir le ballon exploser
sous les coups d’imposants fessiers.

Mes parents sont parmi les plus actifs (honte, honte), ils ont toujours eu l’esprit de compétition. Malheureusement, le ballon
s’échappe d’un coup juste avant que la chaise ne s’écroule subitement sous les 80 kilos mollassons de mon père et les 65 autres de ma mère tout en énergie. Les voilà donc les quatre fers en
l’air, ma mère la jupe sur la tête.

Je sens poindre sur ma famille des années de déshonneur et de vilenie pendant au moins dix-huit générations.


Je bois sans respirer deux verres de Madiran bien corsé pour garder un semblant de dignité. Oncle Georges m’accompagne selon le
grand principe de notre dynastie : aucun membre de la famille ne doit boire seul en cas de désespoir ; à deux c’est mieux.


Viande : Filet de bœuf en croûte, sauce aux morilles

 

Je n’ai plus vraiment faim. Juste soif. Hop, un verre de rouge en plus ! Ben, voilà, elle passe mieux la
viande.


Valentine s’est renseignée : la mariée est vierge.

– Elle va trop morfler ce soir la Charlène avec son vieux zip clôturé, commente-t-elle.Je me rappelle, je marchais comme un
cow-boy pendant au moins 3 jours après la crevaison.

– Moi, j’avais l’impression d’être ouverte aux quatre vents, rajoute Pamela, depuis, je le suis toujours (rires).


L’Alsacien pouffe discrètement en mangeant goulûment des yeux le décolleté pigeonnant de Pamy.


 

Trou béarnais

Mmmm, il n’est pas mauvais du tout ce petit alcool à 90°. Je me sens toute guillerette. Cool finalement ce mariage.

Allez, tavernier, deux autres trous !

 

 

Pause Chansons

Gégé l’animateur se baladent entre les tables, micro à la main, pour que chacun puisse exprimer tout son talent vocal devant
l’assemblée.

Romain entonne un « No women no cry » façon Doc Gynéco, la mère de la mariée prend l’inspiration sur « l’Avé Maria ».
Chacun ses tubes musicaux…


La mariée profite de ce moment de profond sommeil, heu silence, pour faire le tour des tables. Elle sourit à chaque convive,
adresse un mot gentil, pose sa main gracile sur chaque épaule. Tout le monde la trouve charmante, superbe, parfaite. Salope, salope, salope !


 

La ronde des fromages

Toutes ses odeurs de Rocamadour, de Roquefort et de vache me font tourner le cœur.


Et pourtant, c’est pile à ce moment que ma grand-mère arrive avec à son bras un homme d’à peu près mon âge, avocat spécialisé en
droit des affaires dans un grand cabinet parisien quartier Solférino, habitant un merveilleux 5 pièces à Saint-Germain-des-Prés avec terrasse et femme de ménage, pratiquant le squash le mercredi
et le golf dès qu’il fait beau, célibataire sans enfants de surcroît.
La carte d’identité étant présentée, je ne sais même plus quoi dire. Me vient alors un petit rototo qui me laisse un petit filet de bave sur le menton. Dans la série
« classe ! »,
je crois que j’aurais pu mieux faire à en juger par l’attitude un semblant dégoûté de celui qui aurait pu être, selon mon ancêtre, un merveilleux mari et
père.


 

Dessert : Montagne de douceurs

L’altitude, ça m’a toujours chamboulé l’estomac. J’ai vraiment envie de vomir. Mon frère me dit que le champagne devrait arranger
mon état ; je ne me fais pas prier et me fais resservir une deuxième flûte.


Toute ma tablée est en émoi.

Marlène engloutit toutes les rations sucrées qu’elle peut trouver dans nos assiettes et celles des autres au prétexte qu’elle
mange pour deux. M’étonne pas qu’elle ait pris 16 kilos au bout de 6 mois de grossesse.

Les Alsaciens disent qu’un bon Kougelhopf aurait été bien meilleur que ce méli-mélo de pâtisseries un peu trop
lourdes.

Pamela propose à mon frère déguster d’autres douceurs ailleurs en rajoutant juste un peu de chantilly. Ils s’éclipsent en moins
de deux.

L’autiste n’a toujours pas bougé. Cette fois, il énumère toutes les parties du squelette d’un chat sous forme de récitation
(??).


À peine le temps d’avaler un petit chou que Charlène décide de lancer son bouquet. On me projette au milieu de célibataires
filles en furie. Vacillante, je tente tant bien que mal de tenir sur mes jambes.

Le bouquet vole dans les airs droit sur moi, je m’élance pour l’attraper, mon pied droit vient se coincer autour de mon mollet
gauche et je rate lamentablement ma réception. En plus d’avoir fait un accroc à ma
so
expensive
robe Chloé, mon arcade sourcilière est ouverte et mon poignet gauche me fait atrocement
souffrir.


La mariée tombe dans les pommes à la vue du sang. Oncle Georges glisse un verre d’armagnac entre mes lèvres pour que je reprenne
des forces. Ma mère raconte à tout le monde que toute petite déjà, je ne manquais jamais une occasion de me casser la figure et pourtant qu’à l’époque je ne buvais pas.


C’est alors que fend alors la foule un homme à nez original. Mon informaticien !!!


Je cligne deux fois des yeux pour bien m’assurer que je ne fais pas erreur et… Ce n’est pas lui ! 
Par contre mon moral se regonfle d’un bloc (celui de ma grand-mère aussi par la même occasion) quand il clame haut et fort : « Ne bougez pas jeune fille, je suis médecin et
célibataire.
Laissez-moi juste vous conduire à l’hôpital et vous ramener ensuite chez vous.»


Je vous l’avais bien dit que j’aimais les mariages. Non seulement, vous avez un formidable prétexte pour acheter une jolie robe
de créateur, mais en plus vous pouvez trouver un homme !

 
Crédit photo : 
GenMoro via
Flickr

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