Vive les mariés ! (part. 1)

 



Force est de constater que l’été, en plus d’être la saison la plus chaude de l’année (dans tous les sens du terme) est aussi celle des mariages. Et moi, contrairement à beaucoup, j’aime
bien les mariages qui représentent une formidable occasion de s’acheter sans complexe une robe hors de prix.

C’est donc merveilleusement emballée dans une petite robé Chloé – comprendre : je suis « bombesque » -, que je me
suis rendue au mariage de ma petite cousine perdue de vue depuis 18 ans.

 

J’aurais mieux fait d’aller à la plage, croyez-moi !

 

En attendant les mariés…

Toute la famille est déjà arrivée. J’espérais faire une arrivée de reine, mais personne ne m’a remarquée, à commencer par mes
parents.

Il faut dire que ma mère est juste en train de disputer mon père sur le perron de la mairie pour une sombre histoire de
souliers mal cirés, que c’est honteux et que plus jamais elle ne sortira avec lui s’il ne fait aucun effort. Elle lui fait par ailleurs remarquer que si ELLE n’était pas là, IL ressemblerait à un
clodo. Mon père grogne et s’essuie le bout du mocassin avec sa pochette rose fushia généreusement humectée de salive.

 

Oncle Georges, comme à son habitude, demande s’il y a un bar près de l’Eglise parce que lui et Dieu, ça fait longtemps qu’ils ne
se sont plus parlé.

 

À la mairie

La mariée arrive. Tout le monde retient son souffle. Je vois poindre le bout de sa chaussure – du bas de gamme
  et là stupeur !

 

Charlène qui faisait 1 m 21 lors de notre dernière rencontre, fait aujourd’hui son bon mètre soixante-quinze. En plus, elle est
jolie : petites bouclettes d’un blond naturel, yeux bleus verts, bouche en pétale de rose, taille de guêpe superbement mise en valeur par sa robe corset.

Pute, pute, pute ! J’avais dit que cela serait moi le centre d’attraction. C’est bon, je fais la gueule.

 

Ma grand-mère me dit que Charlène est vraiment merveilleuse, qu’elle au moins a su trouver un mari « et médecin en
plus », et que je ferai mieux d’en faire tout autant.

Oncle Georges vient à ma rescousse en disant que dans la famille de toute manière y a toujours eu une vieille à chats. Ma mère
ajoute que si c’est pour ramasser les pots cassés en cas de largage, il vaut mieux que je reste seule.

 

J’entraperçois le futur marié ; il ressemble à rien. Parfait, manquerait plus que Charlène se tape en plus Brad
Pitt.

 

Ma petite cousine Valentine (15 ans) me demande si j’ai enfin résolu mon problème « d’explosion de
foufoune » depuis Noël. Je respire un grand
coup et rejoins très hâtivement mon neveu Romain (14 ans) derrière la bâtisse pour tirer une latte sur son joint. Il me faut au moins ça pour tenir toute la journée.

 

 

À l’Eglise

Ça y est, les deux tourtereaux se sont dit « oui » d’un ton si mielleux que j’en aurais vomi (à moins que cela ne soit
l’herbe aspirée qui ne me fasse effet).

 

Tout le monde se dirige vers l’Eglise. Oncle Georges s’arrête au bar PMU d’en face pour boire un pastis à la santé des mariés. Il
est rapidement rejoint par mon père qui ne veut pas laisser seul un membre de la famille. Ma mère râle et leur fait la morale sur le respect des mariés, de l’Eglise, de la Sainte Vierge, des
autres convives,… Ils font comme s’ils n’entendaient rien.

 

Ma grand-mère me demande si je compte faire un enfant avant de me marier. Je dis non. Elle répond qu’à mon âge, il ne serait pas
immoral de procréer un avant le mariage compte-tenu de mon âge avancé. Romain me propose de le suivre derrière le confessionnal ; je m’exécute.

 

La messe commence. Ma tante, mère de la mariée, dévote qu’elle n’en peut plus -, a tenu à ce que les mariés fassent une vraie
cérémonie et non une bénédiction qui ne rime à rien. « C’est juste pour ceux qui veulent faire genre » leur a-t-elle dit. Je calcule en conséquence : il va falloir tenir au moins
une heure.

1 heure plus tard : c’est toujours pas fini ; on en est à la confession. Le curé boit le vin de messe. Je
l’envie.


J’ai un mal de dos atroce à force de me lever et de m’asseoir sans arrêt. Il y a un moment où j’aimerais un minimum de constance
sur la position dans laquelle je dois me trouver. Valentine me suggère, clin d’oeil à l’appui, la position allongée, sa préférée.

 

1 heure 30 : ma tante est en larmes, ma grand-mère aussi, ma mère et sa belle-sœur viennent se rajouter au concert des
pleureuses. La petite est cette fois vraiment mariée !

 

 

À suivre…

 
Crédit photo : Ze Coach via Flickr 

 

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