Etat des lieux entrant



Le tribunal de Lille a tranché avec fracas : oui,
selon la loi, le mensonge peut être considéré comme une cause d’annulation de mariage.

Je ne reviendrais pas sur ce débat passionné et passionnant ne connaissant pas tous les tenants et aboutissants, mais je reste suffisamment alerte pour me dire qu’en
ces temps où le gardon (garçon) est parfois difficile à ferrer et surtout à conserver entre les mailles de son filet, il faut savoir chasse préserver – comme dirait ma mamie
de Bagnères de Bigorre -.

C’est ainsi que j’ai décidé de faire mon propre état des lieux afin que le bellâtre entrant, celui qui partagera un jour ma vie et avec qui je vivrai heureuse dans une belle maison
d’architecte avec piscine et jacuzzi, ne vienne pas pleurnicher cinq jours post-mariage devant la barre du tribunal : « M’sieur juge, si j’avais su, j’aurais pas
voulu ».


1. Je suis vierge… ou presque. Enfin, c’est tout comme.

Entre deux mauvais coups d’un soir, trois dont je ne me rappelle ni le nom ni le visage pour cause d’abus de boissons alcoolisée, un qui allait plus vite qu’un Bugs Bunny doppé aux
stéroïdes je me dis que tout cela mis bout à bout cela ne compte pas. Donc, si ça ne compte pas, je suis encore vierge. L’hymen en moins. En même temps il ne servait à rien.

2. Je suis vénale…Enfin un peu.
La preuve en est mon intérêt pour les hommes qui en ont. De l’argent je parle, pas de la testostérone à revendre toutes les 4 heures ce qui
est très sympa au début mais lassant dès le troisième mois.
L’exemple de ma vénalité : Julian McMahon. Simple flic dans Profiler, je m’en balance comme de mon premier Columbo ; chirurgien esthétique doublé d’un esthète dans
Nip/tuck, je suis à genoux devant mon téléviseur en train de léchouiller l’écran. Bon, il faut avouer que le garçon est loin d’être moche. Cela voudrait-il donc dire que je n’aime
que les beaux qui ont de l’argent ? Heu… oui !

3. Je ne veux pas d’enfant… Enfin pour le moment.
Le braillard qui me réveille de ma nuit répatrice à 3 heures tous les matins week-end inclus, à qui je dois fournir gratuitement petits pots et couches-culottes et dont je dois
participer activement à l’éveil intellectuel à coup de lecture de  « Le Doudou de Trotro » (?), sinon il va finir en section « Débile » dès la maternelle 1ère section. Je dis non, non et
non.
Y’a juste cette étrange et obsessionnelle horloge biologique… Tic-tac-tic-tac… Mais c’est assourdissant ce truc… Tic-tac-tic-tac… Au secours, je veux pas biberonner !


4. Je coûte cher… Enfin, tout dépend de ce que l’on appelle « cher ».

Pour palier aux malentendus style « T’as gaspillé tout l’argent du foyer », j’ai déjà préparé un budget mensuel histoire que l’Autre ne soit pas surpris :
Sacs : 350 euros
Chaussures : 1200 euros (la baisse du pouvoir d’achat passe avant tout par l’inflation de la maroquinerie pédestre, croyez-moi).
Cosmétiques : 200 euros. C’est peu car je ne suis pas encore à l’âge du ravalement de façade quotidien.
Vêtements : Entre 600 et 1500 euros, autant prévoir une fourchette assez large.
Coiffeur : 150 euros.

Je vous laisse faire le calcul final, sachant que tout cela relève de l’estimation, mais cela donne quand même une petite idée de mon niveau de vie. Enfin de celui que devra avoir l’homme de ma
vie.

5. Je ne sais rien faire… Enfin quelques trucs qui m’intéressent.
Ce n’est pas que je ne sais réellement rien faire. Il y a par exemple des choses dont je suis la reine en leur domaine : shopping, papotage, phoning aux copines, lecture de ELLE,…
Par contre, il va falloir assumer tout ce que je ne sais pas faire : passer l’aspirateur, cuisiner, faire touner des machines à laver, repasser, récurer les litières,… J’ai beau essayer, je n’y
arrive pas !
Quand on aime, c’est pour l’Amour avec un grand A, pas pour faire les corvées ménagères, non ?

Voilà tout est dit. Vous ne pouvez pas savoir comment cet état des lieux m’a libéré l’esprit.

Je suis enfin certaine que le futur homme de ma vie, en toute connaissance de mon être, saura me rendre heureuse. Car s’il y a bien une des conditions essentielles ne
pouvant aboutir à l’annulation d’un mariage, c’est bien celle d’assurer le bien-être de son conjoint.

Crédit photo : Raphael Goetter via Flickr

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