"Mets-toi accroupie et bois !"

Chers lecteurs,

Je ne tiens pas forcément à vous dévoiler tout ce qui se passe dans ma vie, mais je suis en ce moment même dans une situation qui m’oblige à vous faire part de ce qui se passe dans mon intimité. Vous allez comprendre…

Hier, avec quelques amis, nous avions décidé de profiter des bienfaits de l’air iodé de la côte basque pour organiser une petite fête sur la plage. En plus d’un temps exceptionnel, c’était surtout l’occasion de dire au revoir à Camilla, une amie londonienne, prête à porter ses espadrilles estampillées Saint-Jean-Luz à Notting Hill.

Donc, nous sommes arrivés sur la plage, et après avoir marché environ un kilomètre et demi et escaladé quelques rochers, nous sommes parvenus à ce qui devait être une crique éloignée de toute civilisation, parfaite pour boire du rhum chaud à la bouteille, faire la roue seins nus et constater que même si on n’a plus la souplesse de ses douze ans, on a au moins l’enthousiasme de le faire.

Mais ce lundi et contre toute attente, nous avons vu débarquer une tribu entière d’enfants de maternelle, tous munis de casques sur la tête (?). N’allez pas croire qu’il s’agissait d’une classe d’attardés à qui on aurait mis des protections pour qu’ils évitent de se fendre le crâne sur les cailloux, c’était juste des apprentis escaladeurs.

J’avoue que c’est assez impressionnant de voir des bambins de 4-6 ans grimper le long des parois rocheuses encadrés par deux profs d’escalades à dread-locks et sous le regard de quelques parents attendris qui pensent qu’il est tout à fait sécure de confier sa progéniture à des fumeurs de H (on est bien d’accord que dreads = hashis non ? Je ne suis pas à quelques clichés près…).

Mais bon, j’avais d’autres problèmes à régler que ceux relatifs à la sécurité infantile, notamment celui de savoir comment boire sans me faire repérer par les « babies envahisseurs ».

Afin de ne pas me retrouver avec un second PV pour « ivresse sur voie publique » gaulée par des monos toxicos, j’ai donc décidé de mettre en pratique une astuce que j’utilise régulièrement au bureau à savoir la tactique du « mets-toi accroupie et bois ».

Le principe général est assez simple : vous cherchez un endroit où vous pouvez facilement vous cacher, vous vous accroupissez et vous buvez. Exemples : derrière des containers poubelle, de grosses enceintes de sono, des haies, sous un bureau, ou encore dans des ruelles sombres,… Le tout est de bien exploiter son environnement.

Cette stratégie est applicable dans bien des situations, elle est à usages multiples – à vous de voir ce que vous souhaitez faire planqué(e) derrière un gros machin, je ne suis pas là pour vous juger -, et garante de succès. Je peux en témoigner la main sur le cœur tout en chantant du Selena Gomez.

Globalement, les risques encourus sont relativement minimes. Pour les buissons par exemple, il se peut que vous ne glissiez sur du papier toilette usagé ou que vous soyez incommodés par les odeurs d’urine des précédents « locataires » du lieu. Pour ce qui est des rues obscures, attention à tout ce qui peut être lié au dépouillement, au kidnapping, au viol ou au meurtre. En dehors de ça, il n’y a rien de bien dangereuse et le bénéfice me semble bien plus important que le risque.

Cette petite anecdote pour vous dire que techniquement, je suis actuellement accroupie dans un placard sombre d’où j’entraperçois Jean-Pierre Coffe – ou plutôt sa photo sur une pub Lidl -, et que je croise les doigts pour que mon patron quitte rapidement la salle de réunion. Non seulement ma canette de 8/6 arrive à sa fin, mais en plus d’être trempe de sueur,  j’ai une super envie de faire pipi.

Je vous remercie donc de votre compassion et de vos messages de soutien. Si vous n’avez aucune nouvelle de ma part d’ici trois jours (durée de vie moyenne sans boire ni manger), vous seriez gentils de bien vouloir prévenir mes parents et aussi de donner quelques croquettes à mon chat en lui faisant part de mon éventuel retour prochain, histoire de ne pas trop l’inquiéter. Il est très sensible.

Amicalement,

BBC

(c) Crédit photo

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