La femme de ménage et moi

Récemment j’ai fait un sacrifice en abandonnant l’idée de porter les merveilleuses Pigalle de Louboutin au profit du confort d’avoir une femme de ménage. Grâce à elle, c’est bien plus la propreté de mon appartement que j’achète. Je me sens comme qui dirait projetée dans un autre monde : celui des nantis qui ont du personnel de maison et pour principale préoccupation celle de savoir si la nièce de Christophe Maé acceptera de venir ou non à l’anniversaire du petit dernier. Je suis désormais de ceux-là, ces gens qui se vautrent sur le canapé pendant que la-gentille-dame-qui-fait-le-ménage (on n’est plus à l’époque de l’esclavage domestique, je me dois donc d’être un tantinet aimable) astique la collection de chats en porcelaine. Bonheur et contemplation…

Oui mais voilà, il y a parfois dans cet horizon bleu azur quelques cumulo-nimbus provoqués par une vague dépressionnaire dont je me passerai bien. Excusez-moi pour la métaphore, mais j’ai promis à Catherine Laborde d’être plus France Météo dans mes rédactions. Donc, je disais, entre ma femme de ménage et moi, ça coince surtout quand…

… Elle s’interroge.

Femme de ménage : « Quand vous dites « nettoyer le micro-onde, je dois aussi faire l’intérieur ?».

Réponse A : Heu… Oui ? (Mais quelle conne ! Mais quelle conne !)
Réponse B : Non, j’adore faire réchauffer mon café dans un four qui sent le graillon.
Réponse C : Non laissez, je vais le faire.

… En 1 heure, elle a réussi à repasser deux tee-shirts et plier une culotte. Ce n’est pas ce que j’appelle être au top du ménagèrement rentable.

… Elle croit que dragouiller mon père fait parti de ses attributions surtout que depuis, il se prend pour un tombeur : « BritBrit ma chérie, tu ne trouves pas que depuis que j’ai un double-menton je ressemble de plus en plus à DSK ? ».

… Je gagne toujours au jeu du « Kikoo où qu’elle est la poussière ? ». Apparemment, tout ce qui se trouve au-delà d’un mètre quarante-trois est inatteignable par le chiffon. Soi-disant qu’elle a le vertige dès qu’elle grimpe sur l’escabeau.

… Elle chante du Hélène Ségara. Le jour où elle se met à Claude François, je la frappe à coup de balayette.

… Elle amène ses trois gosses âgés de 4 à 9 ans chez moi parce que l’instit fait grève alors qu’elle sait parfaitement que j’aime les enfants uniquement quand ils sont dans le coma.

… Elle me parle de sa vie. Quand je lui dis « bonjour, ça va ? » c’est uniquement par courtoisie et non pour l’écouter déblatérer pendant des heures sur ses problèmes de varices et de mari en invalidité. Pour mémo, ces heures de blablatage, c’est moi qui les paye.

… Elle râle parce que j’ai pris de l’Ajax à la menthe fraîche et non du Monsieur Propre Lavande.
« Je ne peux pas travailler dans ses conditions Madame ». Et avec mon pied dans le cul, tu peux travailler ?

… Elle passe 20 min aux toilettes en lisant mon dernier Elle. Re-mémo : les heures de popo, c’est aussi moi qui les paye.

… Elle fait le ménage bien mieux que moi !

Allez, basta, ouste, du balais la femme de ménage ! Je pense que j’aurais moins de problème avec une paire de Louboutin.

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